Qu'est-ce que la guerre d'Algérie ?

LA GUERRE D'ALGÉRIE et la fin de cette Guerre POUR LA MÉMOIRE

Bonne Lecture,  et, Merci de me dire par un petit mot en fin de page, si vous avez  appris des choses sur cette période de Guerre d'Algérie, ou, il y a eu beaucoup trop de MORTS  des deux côtés

lien -- http://www.ina.fr/audio/PHD94017840   sur passation de pouvoirs de la Force Locale 21/04/1962

Audio a écouter de la 8 minutes a la 11 minutes, ce qu'on peut voir sur www.ina.fr/video/CAF90002960

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1 novembre

Capture

Cimetierre algerien

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Voir sur Guerre d'Algérie - Google - 7 juillet 2016  Michel Rocard, par Pierre Joxe    Mediapart‎ - 

Michel ROCARD et la guerre d'Algérie *** MISE A JOUR 23/08/2016 sur  Blog   Michel Dandelot

 - https://www.google.fr/histoire-jacques-tourtaux-insoumis-de-larmee-coloniale-francaiseje-ne-suis-rentre-indemne-de-cette-guerre

Voir en fin de page.

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La Toussaint rouge : il y a 60 ans ...  1er novembre 1954   Par pierrereynaud

C'était le 1er novembre 1954 … en Algérie.

Ce jour-là, des opérations insurrectionnelles se déclarent sur l'ensemble du territoire algérien. Soixante dix vont être recensées sur une trentaine de secteurs et en particulier dans l'Aurès et en Kabylie.

Ainsi, diverses attaques ont lieu contre des bâtiments militaires à Biskra, Batna et Khenchela où quatre soldats français trouvent la mort. D'autres attentats sont localisés dans le Constantinois, l'Algérois et l'Oranie.

Mais, l'attaque qui symbolisera le mieux cette « Toussaint rouge » est l'attentat des gorges de Tighanimine où un couple d'instituteurs français, Guy et Jacqueline Monnerot arrivés depuis quelques semaines de métropole pour enseigner à Tifelfel, vont être victimes d'un groupe d'insurgés dans l'autocar qui les conduisait à Arris.

Qui sont réellement ces insurgés ?

1er novembre 1954 : la Toussaint rouge1er novembre 1954 : la Toussaint rouge © Pierre Reynaud

En fait, ils appartiennent au Front de libération nationale (FLN), un parti politique algérien créé en novembre 1954 pour obtenir de la France, l'indépendance de l'Algérie, alors divisée en départements français. Le FLN en question et sa branche armée, l'ALN (Armée de libération nationale) commencent à combattre contre l'empire colonial français et ses interventions se traduisent notamment par des exactions contre les populations civiles d'origine européenne et autochtone, mais aussi par une guérilla comportant de violents affrontements avec l'armée française. Comment cette révolte est-elle donc arrivée ? Il faut se mettre dans un certain contexte d'un temps révolu et qu'il est difficile aujourd'hui à imaginer.La guerre d'Algérie (appelée officiellement à l'époque "événements d'Algérie") prend place dans l'immense mouvement de décolonisation qui atteignit les empires occidentaux après la Seconde Guerre mondiale. Elle s'inscrit spécialement dans le cadre du combat anti-impérialiste.Il faut dire que les populations indigènes, soit près de huit millions d'habitants, vivent dans des situations extrêmement précaires. Ces autochtones sont sous la domination de ceux que l'on dénomme les « Français d'Algérie » composés essentiellement de Pieds-Noirs et de Juifs naturalisés.Depuis longtemps, la lutte pour l'égalité des droits est engagée par des intellectuels et en particulier par le mouvement des oulémas (théologiens musulmans). Le recours au combat est donc initié par le FLN dès 1954, deux ans seulement avant que la Tunisie et le Maroc obtiennent leur indépendance par la négociation. A noter que quelques hommes politiques français d'extrême gauche, souvent dénommés les « porteurs de valises » s'engagèrent dans le soutien du mouvement FLN par l'envoi d'armes et d'argent.Ainsi, cette guerre d'Algérie va être le théâtre de situations de plus en plus compliquées et les gouvernements de la IV° République ne parviendront à apporter les solutions qui s'imposent.Par moments, le conflit s'enlise et les discordes politiques se manifestent un peu plus chaque jour.

En 1958, la crise de confiance entre l'armée et les responsables politiques suscite le « putsch d'Alger » (ou coup d'état du 13 mai 1958) dont la conséquence directe va être le retour au pouvoir de Charles de Gaulle qui, la même année, par le référendum du 28 septembre, fonde la V° République.Désormais, le nouvel homme fort de la France va ouvrir rapidement aux Algériens la voie de l'autodétermination.Après maintes péripéties, les négociations entre les représentants de la France et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) débouchent en mars 1962 sur les accords d'Evian. Sur le terrain, ils se traduisent par un cessez-le-feu immédiat applicable à tout le territoire algérien ; ces accords seront approuvés lors du référendum du 8 avril 1962 par 91 % des votants de la France métropolitaine, les électeurs des département d'Algérie étant exclus de ce scrutin.

C'est ainsi que va se terminer la longue guerre d'Algérie.

Pour mémoire, il faut se rappeler que les premiers mouvements préliminaires de ce conflit ont commencé en 1952. De cette date jusqu'en 1962, ce sont 1.343.000 appelés ou rappelés et 407.000 militaires d'active qui sont partis en Algérie, pendant que 180.000 muslumans algériens combattaient aussi du côté de la France.Le bilan de cette guerre sera lourd : près de 400.000 Algériens pro-indépendantistes ou non seront tués ; Côté français, on dénombre plus de 28.000 morts ches les militaires, 90.000 chez les karkis, près de 6.000 ches les civils « européens » et environ 65.000 blessés.Au final, le conflit qui fut long et tragique, n'aura jamais résolu le contentieux existant entre l'Algérie et la France.Aujourd'hui encore, malgré soixante années passées, les séquelles de la guerre n'ont pas effacé complètement les animosités des uns envers les autres.Cependant, si une page est tournée pour l'Histoire, elle ne l'est pas pour tous ceux et celles qui ont été obligés de quitter un pays où ils étaient nés, abandonnant sous la pression violente des autochtones, leur village, leur maison et leurs biens.La « Toussaint rouge », nom donné pour évoquer dans le contexte de la guerre d'Algérie, la journée du 1er novembre 1954, reste un sombre moment d'une période terriblement troublée. En quelques heures, elle enflamma rapidement la poudrière algérienne.

À l'heure actuelle, en Algérie et en référence au début du conflit, le 1er novembre est devenue la fête nationale du Pays.

De son côté, la France semble avoir oublié cette drôle de « Toussaint » … Mais en ce jour précis, nous, Français, devons avoir un devoir de mémoire, c'est-à-dire le devoir de se souvenir de nos compatriotes qui sont partis combattre en Algérie et surtout de tous ceux qui sont tombés au champ d'honneur pour défendre le drapeau et la patrie.

Pierre Reynaud   Essayiste-historien – Auteur de Révoltez-vous ! www.pierre-alain-reynaud.com

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"  Sur Wikipédia Guerre d'Algérie, on peut lire - La guerre a mobilisé plus de 1,5 million de jeunes appelés entre 1954 et 1962avec l'allongement de la durée du service militaire.

À ces effectifs, il faudrait ajouter les personnels de l'armée de l'Air, de la marine et de la gendarmerie, soit 56 000 hommes à la fin de 1959. Ce qui donne le chiffre, hors supplétifs, de 464.000 hommes en 1959 et qui estime les forces militaires françaises engagées en Algérie entre 735 000 et 805 000 hommes.

Ces troupes sont encadrées par un nombre considérable d'officiers: 60 généraux, 600 à 700 colonels et lieutenants-colonels, 1300 à 1500 commandants. 

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Algerie

En algerie les jeunes du 35

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Les Forces militaires présentes sur le terrain en Algérie après le Cessez le Feu du 19 Mars 1962 à midi,  suite aux accords d’Evian du 18 Mars 1962 du 5 Avril 1962  au   1 juillet 1962

Militaires  de l’Armée Française  Encadrement  de métiers et Militaires du contingent maintenus

O.A.S   organisation de l’armée secrète       Civils Pieds Noir  + déserteurs Militaires Gradés de métiers ou engagés

A.L.N    Armée de Libération Nationale    responsables  et représentants militaires envoyés de Tunis,  aux ordres de l’exécutif provisoire Algérien du Rocher Noir et le G.P.R.A

F.L.N   Front de Libération Nationale    Militaires des six Wilayas (Fellagas) renforcées par  les Militaires Musulmans déserteurs, des Harkis et   des maquisards (marsoins) +les militaires de la Zone autonome d’Alger

U.F.L   Union des Forces locales  Militaires Musulmans de l’armée Française  Harkis et anciens de S.A.S   90% +  10%  Militaires Français européens du contingent  (dont des maintenus)  pour l’encadrement de cette future armée Algérienne, prévue par les accords d’Evian et aux ordres de l’Exécutif Provisoire Algérien du Rocher Noir

U.F.O  Unions des Forces de l’Ordre  (dénominations  des Forces  locales envoyés dans les villes)

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1er juillet

1juillet 1962

Messieurs les Députés, Messieurs les Sénateurs et Messieurs les  Ministres en France, sont  vraiment mal renseignés.!   ainsi que toutes les associations d'anciens combattants, qui n'ont pas put me répondre correctement a ce jour, en ce qui concerne les militaires métropolitains FSE mutés d'office, dans la Force Locale  Algérienne, créé à la suite des Accords d'Evian du 18 Mars 1962.

Photo papy 011

 

En effet ce n'est que le 11 novembre 1996, que j'ai entendu pronnoncé pour la 1ère fois, dans ma commune, devant le Monument aux Morts, les mots "combats d'Algérie" "Guerres meutrières  et cruelles"

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Copie prise sur Internet   19 mars : pas de commémoration nationale

  A l'occasion du 50e anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie, le lundi 19 mars 2012, Marc Laffineur, secrétaire d'État auprès du ministre de la Défense et des anciens combattants, a tenu à préciser que l'Etat n'a organisé aucune commémoration nationale.

  « Si le 19 mars évoque la joie du retour des militaires français dans leurs familles (?), il marque également l'amorce d'un drame pour les rapatriés, contraints au déracinement, et le début d'une tragédie pour les Harkis, massacrés dans les semaines qui suivirent, au mépris des accords d'Evian. Loin de réconcilier les mémoires, le 19 mars est une date qui les divise et ravive les plaies profondes d'une page douloureuse de l'histoire récente de la France. La Nation ne peut et ne doit se rassembler en ce jour anniversaire. La date officielle de l'Hommage aux morts pour la France durant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie reste fixée au 5 décembre. Cette date résulte d'un large consensus obtenu en 2003 par la commission Favier, réunissant l'historien Jean Favier et les principales associations d'anciens combattants »,     a rappelé le secrétaire d'Etat.

 Par respect pour les victimes et leurs familles encore en vie aujourd'hui, pour leur rendre hommage, je continuerais a écrire sur ce site !

Depuis l'écriture de cet article, le 19 mars 1962, a été reconnu et une loi fut votée

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Car ce n'était pas le retour pour tout le monde !

  et combien étions nous  de soldats  non gradés ? (volontaires ? - versés d'office)

  et de gradés *²  dans la situation inconfortable de militaires qui ont obtenu comme réponse, des autorités Françaises, des responsables des Anciens Combattants, et de plusieurs ministères 

  " - ont été versés  dans  la Force locale de l'ordre Algérienne

- ont été détachés  dans la Force locale de l'ordre Algérienne

 - ont servis  dans  la Force locale de l'ordre Algérienne

 - ont été affectés  dans la Force locale de l'ordre Algérienne

 - ont été mutés   dans la force  locale de l'ordre Algérienne   muté le  1-4-1962 dans la 470 UFL comme Rousseau Jean Claude libérable le 1-5-62 maintenu sous les drapeaux comme tous les militaires (décret 61-316 du   6-12-61 J.O 7-12-1961.(Inscription Livret Militaire)

   -  furent intégrés   dans la force locale Algérienne

 - ou - les services accomplis .... - dans la Force locale de l'ordre Algérienne ?

 -  et, certains militaires FSE, ont parlé d'intégration dans ces unités, ou de Conseiller Militaire

  Combien ont-ils disparus?  Gradés ou non gradés?

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-  Décret  -  62-306 du 19 Mars 1962  J.O du 10 Avril 1962  M  Omar Mokdad Ancien Cdt de l'armée Française, Préfet de Saida  était nommé Directeur des forces locales 

"La naissance de cette Force Locale à Alger", et la prise en main par le Directeur  Le Préfet Omar Mokad au cours d'une cérémonie, à Alger le 21 Avril 1962,       

Discours des trois principales autorités, représentant les forces de l'ordre en Algérie, à cette cérémonie. Monsieur Foucher  Haut- Commissaire, Monsieur Farès   Président de l'Exécutif Provisoire  Monsieur le Préfet Mokdad Directeur de cette force locale ainsi que tous les membres de l’Exécutif Provisoire

Radio-Télévision Française Vidéo INA.Fr « Inter actualité de 19h - 21 avril 1962»

"Algérie- Rocher Noir  21 avril 1962 il est 11 heures et c’est l’installation officielle de la  force locale"

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²   Nous savons maintenant,  grace a Internet qu'il y avait  456 Officiers FS E de notre armée qui encadraient ces unités.

 et  798 sous-officiers F.S.E qui ont été enrôlés dans cette Force Locale Algérienne sous leurs ordres,

  et aux ordres de l'Exécutif Provisoire Algérien du 15 Avril 1962 à l'indépendance de l'Algérie            (FSE) Français de souche européenne

 Il y avait aussi tous les Officiers Supérieurs qui faisaient le lien avec les corps d'Armée d'Alger, de Constantine, et d'Oran.

Nous le savons en visitant le site  des Anciens de la Saint Cyrienne, car plusieurs de ceux-ci ont bien été assassinés par l'OAS.  (n'est plus visible par le web??

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"  Sur Wikipédia Guerre d'Algérie, on peut lire - La guerre a mobilisé plus de 1,5 million de jeunes appelés entre 1954 et 1962 avec l'allongement de la durée du service militaire.

À ces effectifs, il faudrait ajouter les personnels de l'armée de l'Air, de la marine et de la gendarmerie, soit 56 000 hommes à la fin de 1959. Ce qui donne le chiffre, hors supplétifs, de 464.000 hommes en 1959 et qui estime les forces militaires françaises engagées en Algérie entre 735 000 et 805 000 hommes.

Ces troupes sont encadrées par un nombre considérable d'officiers: 60 généraux, 600 à 700 colonels et lieutenants-colonels, 1300 à 1500 commandants. 

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     Copie extraite  du SHAT de Vincennes, envoyé par un camarade   

     -  Cote I H 1334 :   Note du 22 février 1962 du Général AILLERET au Ministre des Armées

   Il propose une solution pour la participation de l'Armée de Terre à la Force Locale

    Il propose 17 appelés FSE par compagnie.

     -  Cote 3040 D2  -  Une  note de service avec le tampon Secret du  3 mars 1962   à l'adresse du corps d'armée d'Oran de EM 1er Bureau Alger sur la composition de la Force Locale

 Concernant les unités à base d'appelés musulmans avec un pourcentage d'Européens:

 Composition de l'Unité type: Effectifs : 202   Officiers : 3 dont 1 FNSA S/officiers : 22 dont 6 FSE ( 4 sous contrat et 2 appelés)

 Troupe : 177 soit 160 FNSA appelés et 17 FSE

 Soit 1 section de commandement à 22 et 4 sections à 45  Mise sur pieds confiée au commandement de zone.

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Dépêche A.F.P. du  23 mai 1962.  du  ROCHER  NOIR  publiée par    La Charente Libre

- L'Algérie indépendante coopérant avec la France, grâce a la volonté et a la détermination de tous les algériens  dignes de ce nom, naîtra dans 38 jours et vivra. a déclaré M. Farés   en conclusion de  l'allocution qu'il a prononcé ce matin à Koléa  a l'issue d'une prise d'armes d'une unité de la force locale  

                - Dans allocution qu'il adressa aux officiers, sous-officiers, et soldats le président de l’exécutif provisoire à  déclaré...

             -   des accords signés à Evian au nom du peuple Français par le gouvernement Français et au nom du peuple algérien par le gouvernement provisoire de la République Algérienne constituent les bases nouvelles des rapports entre les deux pays .  Nous avons tous, a dit    M  Farés  l’impérieuse mission de réaliser l’étape de transition qui nous conduira à partir du 1 juillet à la constitution d'une Algérie libre, souveraine et indépendante coopérant avec la France.

   Le rôle qui nous est assigné, avec toute l'autorité conférée par le gouvernement  Français et le GPRA  à  l’Exécutif provisoire Algérien est d'une importance historique

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 On peut lire  sur un site Internet, le Manifeste des 521 officiers généraux ayant servi en Algérie.

" Officiers ayant servi en Algérie de 1954 à 1962, en notre nom et au nom de tous les hommes que nous avons commandés, morts et vivants, nous voulons apporter notre témoignage sur le rôle de l'armée à cette époque. Cela dans le double but de dépassionner les débats et de rétablir la vérité historique, masquée aussi bien par les provocations que par leurs exploitations médiatiques".

Aprés avoir lu cet article  de 2002 sur  Internet, et avoir constater, que,  pas un mot ne figure -  sur la pacification dans la force locale pendant la période transitoire - sur le rôle de l'Armée pendant cette période transitoire et - sur le rôle de l'armée lors de la constitution de cette force locale de l'ordre Algérienne après le 19 mars -

 je me permets de vous signaler, qu'une longue liste de signataires de ce manifeste (521 Officiers) arrêtée au lundi 18 mars 2002 y est inscrite, et que personne n'a encore témoigné sur ce sujet de la Force Locale Algérienne, a ma connaissance (?). 

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La guerre en Algérie   « comme l’a si bien dit,  Madame de la Bollardière  sur ARTE le 18 août 2005 a la télévision   - «  pour les militaires, c’était la…. carrière qui était en jeu en Algérie » 

Madame de la Bollardière  était la femme du général  De la Bollardière qui avait  refusé d’obéir dans l’armée. Celui-ci, fut condamné à 60 jours de forteresse le 16 avril 1957

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 La guerre d'Algérie a débuté le 1er Novembre 1954, il y a 60 ans aujourd'hui 1er Novembre 2014

1er NOVEMBRE 1954-1er NOVEMBRE 2014  Blog de Bernard Deschamps   

    2014, est l’année du 60e anniversaire de l’insurrection du 1er novembre 1954 en Algérie. Cette date marque le début d’une guerre qui mobilisa tout un peuple pour son indépendance, au prix d’immenses sacrifices, contre une armée qui, à cette époque, était une des plus puissantes du monde.

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En face pendant la Guerre, il y avait.... aussi des hommes ! et,.... des femmes !

 Voir  le 18 novembre 2014 -   https://www.facebook.com/Ouzrourou 

Livre de corinne chaput

 Edition l'Harmattan

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Mardi 11 novembre 2014 

Le 11 novembre 2014 j'ai mis un lien pour voir l'article de son blog, que m'a envoyé, Bernard Deschamps de retour d'Algérie

http://www.bernard-deschamps.net/article-je-reviens-de-kabylie-ou-j-ai-participe-aux-ceremonies-du-60e-anniversaire-de-l-insurrection-du-1er-124970195.htmlyé

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 "Qu'est-ce que la guerre d'Algérie ? ...

Etrange question sur cette guerre pourtant commémorée à la fois le 19 mars et le 5 décembre de chaque année. L'année 1962, a été l'année de la fin des combats, la fin de la guerre d'Algérie, la fin aussi de l'état de guerre dans lequel se trouvaient la France et les Français depuis la "drôle de guerre" de 1939 si joliment nommée, qui après six ans d'embrasements planétaires et un petit détour par l'Indochine, nous avait amené, sans transition aucune, en Afrique du Nord. Vingt-trois ans sous les armes, à des degrés divers, c'était la fin d'une époque, d'une évidence.

Pourtant si nous sommes là, c'est que nous avons le sentiment que la réponse à la question ne va pas de soi, et que demain elle ne sera peut-être même plus posée, l'oubli, niveleur du souvenir et des souffrances, lutte constante de nos anciens de 14/18 et de 39/45, déjà menée pour que le sacrifice de nos concitoyens ne soit pas injustement englouti dans une dangereuse "non-existence". La discrétion a ses limites.

Une nation ne se forge pas seulement dans le confort, mais aussi et surtout, hélas, dans la souffrance et la lutte.

Depuis la fin de la guerre, des années ont passé. Aujourd'hui, les appelés d'Algérie ont des petits-fils de dix-huit et vingt ans, et même davantage. Pourtant, un sondage (déjà vieux de plus de vingt ans) effectué auprès de nos enfants, révélait une confusion inquiétante entre les acteurs de ce drame, ceux de 39/45 et ceux de 14/18, et un sur deux ignorait les réalités de la pratique de la torture ; certains imaginaient les pertes à 3 000 morts, d'autres à 500 000.

Allons-nous laisser faire cela ? Non, bien sûr, et c'est pourquoi nous sommes ici en cet instant.

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C'est donc de propos délibéré que je ne vous parlerai pas des opérations militaires et des tentaculaires opérations de ratissage, du terrorisme et du contre-terrorisme, de l'O.A.S. et des "barbouzes", du putsch de 1961, ni du 13 mai 1958, de la torture et de la "bleuïte" de Kabylie, de la paix des braves ni de la bataille d'Alger, du drame de la rue d'Isly, ni de l'exode des Français d'Afrique du Nord. Tout cela ne tiendrait pas en quelques pages. La seule chose que l'on peut en dire en quelques mots, c'est qu'il s'inscrivait dans le mouvement mondial de décolonisation avec toutes les nuances que l'on peut imaginer pour l'Algérie.

Je vous parlerai donc très simplement et brièvement du quotidien des appelés du contingent (service militaire prolongé) qui n'est souvent fait ni de sang, ni de gloire, ni de sable chaud, mais surtout d'éloignement, d'angoisse, d'ennui et de solitude devant la mort inopinée, possible à tout moment.

*

 Pendant plus de sept ans, la guerre d'Algérie a occupé la "une" des journaux, entraînant dans son sillage toute une génération de garçons de vingt ans. Ce sont les "appelés d'Algérie". Beaucoup ont cru à cette "pacification" présentée à tous, d'abord comme une mission de paix.

La plupart d'entre eux étaient peu préparés à cette guerre et, le plus souvent, n'avaient reçu qu'une formation et un entraînement militaire limités. Ils étaient peu informés des origines et des motivations politiques de ce conflit. C'était tellement vrai que le premier regard d'un appelé débarquant à Alger ou Oran était celui du plus profond étonnement lorsqu'il découvrait la réalité des deux catégories de population même si, par la suite, les choses perdaient, au quotidien, de leur acuité originelle.

L'Algérie, c'est l'aventure tragique d'une guerre sans issue, vécue par près de trois millions de garçons de vingt ans concernés directement, traversant sous un même uniforme des événements répétés à l'infini pendant vingt-huit mois, voire plus. Une vie quotidienne marquée par l'ennui, parfois la peur et la mort : celle d'un camarade, celle d'un adversaire. Une routine éreintante, traversée de lueurs d'angoisse, de crainte ou de haine. Les ordres exécutés machinalement, faute de perspectives claires, sur fond permanent de "bourrage de crâne" pratiqué (déjà) par la plupart des médias.

La guerre d'Algérie, nous disait-on, coûte moins cher en vies humaines que la circulation sur les routes de la métropole pendant les vacances de Pâques, les week-ends de Pentecôte ou du 15 août.

Souvenez-vous.

Souvenons-nous aussi que les distractions étaient rares, quelques séances de cinéma, des "javas" pour fêter le "Père Cent", c'est à dire l'ouverture des cents derniers jours du service militaire.

"La quille" restait l'obsession du plus grand nombre, la suprême espérance, les jours décomptés les uns après les autres s'inscrivaient, chaque matin renouvelé : 100 - 1 = 99 ; 98 ; 97 ; 96...

Pour tromper la solitude, les appelés reportaient leur besoin d'affection sur les animaux (c'était toléré). On a vu des fennecs, des tortues, des caméléons, des lézards des sables et des chiens, surtout des chiens. Des chiens en grand nombre, recueillis un jour d'opération par tel ou tel, devenus inséparables compagnons suivant leurs maîtres même pendant les patrouilles.

L'apparition du vaguemestre, pas toujours quotidienne (dans certains postes, une fois par semaine seulement), est toujours un événement, souvent sanctionné par une déchirure : "Pas de lettre aujourd'hui ?". "Non".

Et toujours ce "bourrage de crâne" :

   -1955 : "La révolte des Arabes ne va pas s'étendre ; ça ne va pas durer. "

-   1956 : "Lapaix, c'est pour bientôt. "

-   1957 : "On tient le bon bout. "

   -1958 : "Faites confiance à De Gaulle. "

-   1959 : "C'est bientôt la fin." et jusqu'en 1962 : L'éternel "dernier quart d'heure."

* *

Comment s'étonner qu'un appelé du contingent puisse noter le 19 mars 1962 : "Cessez le feu à midi, la guerre est finie ; c'est difficile à croire. Comment un événement de cette importance peut-il arriver comme une surprise que l'on n'attendait pas, alors que c'est exactement le contraire ?"

Alors, certains se sont mutinés en 1955/56, d'autres ont fait de la résistance passive face aux militaires de 1961.

"Globalement, sur place, en général, on ne fait que deviner la guerre à un trop grand nombre de soldats, d'half-tracks, de barrages et de barbelés, mais on a l'impression qu'il s'agit d'une guerre dont les effets directs ne sont pas visibles. On est sûr qu'il se passe des choses, mais on ne sait quoi au juste.

Souvent, ces choses-là attendent la nuit pour s'accomplir. Le fracas commence à la chute du jour quand un régiment, une compagnie, des sections, des groupes se déplacent. "

Bourrés de jeunes, armés et casqués, les éternels G.M.C. changent de vitesse aux carrefours, et attaquent, plein gaz, une montée. Sonorités grinçantes à ce point caractéristique qu'elles sont devenues, pour les anciens, indissociables de ce conflit.

La circulation des civils est interdite ; il est 21 heures. Les embuscades de nuit se mettent en place dans les campagnes, avec leur cortège d'angoisse, les chevaux de frise obstruent certaines rues et la sortie des faubourgs.

Dans le Djebel, les barbelés se hérissent en frondaisons, escaladent les collines ou s'incurvent dans le fond des ravins. Le barbelé, le chiendent du cauchemar.

Sur les pitons et dans les postes isolés, c'est l'heure où de petites unités éparpillées, enfermées depuis des mois, doivent choisir entre le bruit lancinant du groupe électrogène (quand il y en a) ou le silence et la nuit noire, ponctués de tirs aveugles dont ils sont la cible.

*

 Alger et le Clos Salembier, les Aurès et la Soumman, les Barrages, la Kabylie et les Portes de fer, Palestro et "Camp du Maréchal", les Gorges de la Schiffa, Sétif, des lieux parmi d'autres qui évoquent immédiatement une kyrielle d'images fortes.

Mais, c'est aussi un vocabulaire particulier, presque codé : plasticage, accrochage, quadrillage, ratissage, crapahutage, interrogatoire, corvée de bois, opération, ouverture de voie, convoi, zone interdite, pacification et ainsi de suite, toute une culture spécifique à ces opérations de guerre que seul l'État et ses administrations baptisent pudiquement "d'opérations de maintien de l'ordre".

Une culture commune à tous les appelés du contingent qui, pourtant, ont vécu chacun leur guerre d'Algérie. Il n'y a pas eu dans le vécu de tous ces garçons de vingt ans, une guerre d'Algérie mais 100 000 guerres d'Algérie, suivant qu'ils aient été affectés dans une unité blindée, au maintien de l'ordre en ville, au quadrillage opérationnel, aux commandos de chasse, aux unités d'intervention héliportées, aux unités statiques - sur un piton, des mois entiers -, aux unités sahariennes pourchassant les convois de l'A.L.N. (l'Armée de Libération Nationale), aux unités chargées de la garde des barrages électrifiés aux frontières, aux transmissions ou au matériel dont les chauffeurs de véhicules, premiers visés dans les embuscades du F.L.N., ont payé un lourd tribut de morts et de blessés.

Tout cela ne s'est pas fait sans casse, rançon d'une guerre qui ne s'avouait pas.

-  30 000 soldats français tués (1 100 au Maroc, 250 en Tunisie et 28 650 en Algérie).

-     Un million de morts musulmans algériens (à l'échelle de la France de 1950, ces pertes correspondraient à cinq millions de morts civils et militaires).

-   Un nombre indéterminé, mais très important de victimes civiles d'origine européenne.

-   150 000 Harkis égorgés à la fin de la guerre et tous les morts, non décomptés officiellement, après le31 décembre 1957 pour la Tunisie, après le 31 décembre 1958 pour le Maroc, et après le 19 mars 1962 pour l'Algérie.

Quel gâchis !

"Malgré sept ans de guerre, malgré trois millions de jeunes appelés du contingent, malgré deux régimes, trois législatures et huit gouvernements successifs, élus démocratiquement, il se trouve quelquefois un interlocuteur qui, avec beaucoup d'inconscience, d'assurance, d'insolence et d'impudeur, nous explique comment tourner la page, et nous donne volontiers une leçon de ce qu'il aurait fallu faire. "

Il est toujours facile de donner des leçons quand on n'a rien à démontrer, et nous leur souhaitons de n'avoir jamais rien à prouver dans ce domaine.

"// est rare que les guerres procurent un sentiment de béatitude, elles ne sont, en principe, pas faites pour cela, mais peu de conflits ont laissé, derrière eux, autant d'amertume et de déception. "

"Une guerre où tout le monde a perdu quelque chose, dont l'honneur et les illusions. "

Bernard Landry                                                                                                                           * *

 "LE DÉSERT DES TARTARES"

"J'avais beau écarquiller les yeux, je ne voyais la guerre nulle part. J'en venais à penser qu'on nous montait un fameux bourrichon avec les atrocités. Je somnolais appuyé sur mon fusil, redoutant plus d'être surpris à dormir qu'un éventuel passage de fells.

     "Allez debout! ". Je me jetais dans un treillis. Les fells venaient d'attaquer le barrage en trois endroits. "      Yann Queffélec, Le Charme noir.

Un peu à la manière du héros de Dino Buzatti dans "Le désert des Tartares", les appelés du contingent avaient, pour le plus grand nombre, un sentiment exacerbé d'inaction et d'inutilité, renforcé par une insécurité impalpable. Cet état de fait reposait sur un quotidien dont la surface des choses semblait sans une ride. Loin des siens, souvent loin de tout, c'était alors de nombreux dérapages dus aux abus d'alcool avérés et autres manifestations plus ou moins dégradantes.

Les effets démobilisateurs des situations d'attente sont maintenant reconnus et même étudiés dans le secteur psychiatrique de l'hôpital militaire du Val de Grâce, et tous les chefs de corps reçoivent régulièrement des directives pour limiter les effets du spleen (Bosnie, Somalie, Rwanda, etc. ).

En Algérie, les cadres militaires manifestaient, pour la plupart, peu d'intérêt pour ce phénomène et cela a conduit à des catastrophes chez les hommes, allant des comas éthyliques à répétition aux "promenades" sans armes, au mépris des consignes élémentaires de déplacement sur le terrain, aux défauts flagrants de surveillance de postes militaires, aux sentinelles endormies ou même en chaussons ou pyjamas camouflés sous la capote pour les gardes de nuit. Cette perte de vigilance a eu pour conséquence un certain nombre de soldats tués, principalement dans les unités statiques, banalement abattus par un ennemi qui savait attendre. Car c'était la guerre (25 000 militaires tués), mais une guerre sans front, partout et nulle part (plus de soldats français tués en Algérie que de soldats américains tués au Vietnam, rapporté à la population de la France et des États-Unis).

On a l'habitude de parler de "l'aventure intérieure" en opposition à l'aventure du globe-trotter. Ainsi, pourrait-on opposer Jules Vernes à Pierre Savorgnan de Brazza.

Toute chose étant égale, j'avais à l'époque de l'Algérie des années 50 et 60 une telle implication dans cette guerre qui ne disait pas son nom, que par analogie on peut dire que je vivais aussi très intensément une "guerre d'Algérie intérieure". Une extrême sensibilité héritée d'une adolescence particulièrement protégée, n'était pas le moindre des facteurs autorisant une telle résonance interne.

Certains d'entre nous s'accommodaient de l'idée du sang versé, possible à tout moment. Retranché derrière des apparences parfois glaciales dans les opérations de police du 50èmeRA, d'avance cela était et cela aurait été pour moi un drame personnel épouvantable.

 Je ne suis jamais tombé dans une embuscade, personne n'a eu à souffrir injustement de l'exécution des consignes que j'ai reçues, et les douze hommes de troupe et gradés sur lesquels j'avais autorité se sont toujours spontanément comportés à mon image. J'ai peut-être été la cible d'un coup de feu à l'origine non identifiable dans un coin de rue d'Alger, mais je n'ai jamais été amené à ouvrir le feu. J'ai voisiné des explosions d'habitations, j'ai perçu le sifflement de balles perdues au-dessus de ma tête mais si incident sérieux il y avait, j'étais si l'on peut dire cela au "mauvais endroit", autrement dit j'ai toujours été épargné. Dans les premières semaines, la découverte d'une cache ouverte naïvement sans ménagements alors qu'elle aurait dû être piégée, ne se qualifie que d'un seul mot : la chance.

Les images de paix, trompeuses illusions des apparences, l'emportaient souvent. La guerre ? Vraiment ? Si les "fells" ou l'O.A.S. avaient été absents de nos conversations et de nos esprits, où aurait été la guerre ? Contradiction absolue car, néanmoins, le canon tonnait dans la montagne et, comme le grondement de l'orage de l'autre côté de la colline, des colonnes de chars progressaient après l'heure du couvre-feu, provoquant une tension perceptible chez les sentinelles. Pourtant, des opérations de bouclage s'organisaient, des véhicules aux pulsions suicidaires tentaient de forcer nos barrages routiers, des balles perdues sifflaient parfois au-dessus de nos têtes et les explosions ou déflagrations surprises n'étaient pas rares, cependant qu'un hélicoptère de combat escortait le train reliant Alger au Rocher Noir après l'ouverture de la voie. Mais simultanément il y avait la paix, des gosses rieurs, des femmes intimidées, des hommes pauvres mais chaleureux et des paysages bibliques à couper le souffle.

Alors mes rêves parfois se confondaient avec ceux du lieutenant Giovanni Drogo de Dino Buzatti : "Et dans le ciel brille un soleil qui illumine en même temps de lointaines prairies. Les prairies sont vertes et sans doute de blanches petites fleurs viennent-elles d'y faire leur apparition. Les arbres aussi, comme de juste, ont leurs nouvelles feuilles. Ce serait merveilleux de chevaucher sans but à travers la campagne et de voir s'avancer dans un petit chemin creux une jolie fille et qui vous saluerait d'un sourire quand on passerait à cheval près d'elle. "

Mais quoiqu'il en soit, tout était possible à tout moment, principalement quand nous avons quitté l'Armée française, par détachement, avec le titre de Conseiller militaire de la 446ème Unité des Forces Locales Algériennes. A tel point que dans cette unité le sous-officier de service dormait toujours avec un PA (Pistolet Automatique) sous l'oreiller et un PM (Pistolet Mitrailleur) sur le ventre, sous la couverture. Alors oui, les manifestations de la guerre sanglante, attendue à chaque instant, ne se concrétisaient pas, mais la guerre intérieure était, elle, implacablement présente et vécue avec intensité, particulièrement dans cette unité musulmane dépendant de l'Exécutif Provisoire Algérien où le danger pouvait aussi venir de son sein. Cela pouvait tout simplement être signifié par le froid d'une lame silencieuse et effilée sous la gorge. Toute situation jugée non conforme, étrange ou bizarre devait être immédiatement analysée comme pouvant être un traquenard mortel.

Nous "ignorions" tout cela, nous l'évoquions à peine et nous n'en étions pas spécialement affectés en apparence. L'humour, la décontraction était notre mode d'échanges au quotidien ; attitudes particulièrement mises en évidence devant des parachutistes français médusés qui, armes pointées, bloquaient le train transportant notre unité ou dans les échanges que le hasard nous a conduit à avoir avec des officiers de l'A.L.N., ou encore dans ce contact ambigu avec un membre de l'O.A.S. nous annonçant avec dépit que l'ordre de nous bombarder au mortier avait été rapporté peu de temps avant l'heure H (c'eût été un carnage sanglant). Cependant, il n'y avait aucun laisser-aller et, par opposition à certaines unités, nous nous comportions en professionnels. La rigueur vis à vis des autres et de nous-mêmes était sans faille. Finalement, la source de notre imperméabilité aux pressions psychologiques et à la tension nerveuse n'a été possible que par le respect de nous-mêmes envers et contre tout. C'est sans doute grâce à cet état d'esprit que, pour éviter regorgement subi par les cadres français de certaines UFL, nous avons eu la capacité d'abandonner, un petit matin de juillet à Alger, la 446eme Unité des Forces Locales Algériennes en emportant notre matériel et les armes lourdes de l'unité, en bon ordre, dans la discrétion et la souplesse, sous le regard interdit et vaguement complice des sentinelles musulmanes.

"Surveillant la frontière du désert des Tartares, les jours s'étaient enfuis l'un après l'autre. La paix régnait sur le monde, les sentinelles ne donnaient pas l'alarme, rien ne laissait présager que l'existence put changer et le souffle de la Tramontane, contre les baïonnettes faisait un léger sifflement. "

Bernard Landry

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Après la Guerre, il y a bien eu un cessez le feu

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Et il y avait eu des prisonniers ? Ci-dessous des photos d'Algérie et de France 

Durivault

Durivault 1

Photo papy 005

Libération de prisonniers détenus par l’ALN

Au début de l’année 1958, pour la première fois, deux délégués du CICR sont autorisés à visiter des prisonniers détenus par l’ALN : le 30 janvier 1958, Jean de Preux et Georges Hoffman, venus de Tunis, rencontrent à proximité de la frontière tunisienne, mais sur sol algérien, quatre prisonniers français capturés dans la région

Le bombardement de Sakiet Sidi Youssef

Prisonniers zbiri

Il est à noté que deux de ces militaires Français de Métropole, qui étaient  prisonniers en 1958 du FLN, sont toujours de ce monde

Prisonniers 1

Les quatres prisonniers

Par Internet, (par la famille du responsable) qui les gardés, on  vient de m'apprendre un nom  sur les quatre prisonniers de 1958, celui que le responsable a couvert de son manteau. Après 283 jours de détention, celui-ci  le 11 novembre 2016 ne se rappelle plus???? de ce moment

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Guerre d’Algérie : la justice française étend l’accès aux pensions d’invalidité 
  

 

 

 

 
article de la rubrique   les deux rives de la Méditerranéel’Algérie et la France, aujourd’hui
date de publication : lundi 24 novembre 2014

  La justice française a jugé, pour la première fois, que les victimes civiles de violences pendant la guerre d’Algérie pouvaient prétendre à une pension qu’elles aient été françaises ou algériennes à la date du 31 juillet 1963. Jusqu’à présent, il fallait être de nationalité française au moment de la promulgation de cette loi du 31 juillet 1963 pour pouvoir bénéficier d’une pension d’invalidité en tant que victime civile d’un attentat ou de violences pendant la guerre d’Algérie (1954-1962).

"La différence de situation instaurée par cette loi entre des victimes civiles de nationalité française ou algérienne ne justifie par une différence de traitement au regard de l’objet des pensions", écrit la cour d’appel de Toulouse dans un arrêt rendu le 19 novembre dernier. Dans son arrêt, la cour régionale des pensions militaires de Toulouse conclut qu’un homme aujourd’hui âgé de 71 ans, blessé par balle en 1960 dans la ville de Mostaganem à l’âge de 17 ans, est "en droit de réclamer une pension", en application de la loi du 31 juillet 1963, même s’il n’a obtenu la nationalité française qu’en 2005.

Il est encore trop tôt pour évaluer l’étendue des conséquences de cette décision. Le ministère de la Défense peut se pourvoir en cassation contre cette décision.

 Une décision de la justice française : Des pensions pour les « civils algériens » victimes de violence   par Yazid Alilat, Le Quotidien d’Oran, le 23 novembre 2014

Un pas important pour l’indemnisation des Algériens victimes de répression durant la guerre de libération nationale a été franchi par une cour d’appel française. Dans un arrêt qui fera date et nourrira bien entendu un vif débat en France, la cour régionale des pensions militaires de Toulouse a donné raison à un plaignant d’origine algérienne qui a demandé en 2010 à être indemnisé après avoir été blessé par balle en 1960 à Mostaganem alors qu’il avait 17 ans. La cour avait conclu donc que cet homme, dont le nom n’a pas été divulgué, âgé aujourd’hui de 71 ans, est « en droit de réclamer une pension » en application de la loi du 31 juillet 1963, même s’il n’a obtenu la nationalité française qu’en 2005.

« Cette décision fait jurisprudence car c’est la première fois qu’une cour d’appel reconnaît que des personnes ayant été victimes civiles d’attentats ou de violences pendant la guerre d’Algérie peuvent bénéficier d’une pension, qu’elles soient françaises ou algériennes », a expliqué l’avocate du requérant, Me Jennifer Cambla. En fait, la cour régionale des pensions militaires a considéré que les dispositions de la loi de 1963 qui réservaient le versement d’une pension aux seules victimes civiles de nationalité française durant la guerre de libération nationale étaient « incompatibles avec la Convention européenne des droits de l’homme » qui exclut notamment toute différence de traitement en raison de l’origine nationale de la personne.

En clair, le jugement de la cour de Toulouse offre la possibilité pour toute personne, qu’elle soit algérienne en française à la date du 31 juillet 1963, de prétendre à une pension d’invalidité en tant que victime d’un attentat ou de violences durant la guerre de libération nationale. Car jusqu’à présent, n’était concerné que celui ou celle de nationalité française au moment de la promulgation de cette loi du 31 juillet 1963 pour pouvoir bénéficier d’une pension d’invalidité en tant que victime civile d’un attentat ou de violences pendant la guerre de libération nationale (1954-1962). « La différence de situation instaurée par cette loi entre des victimes civiles de nationalité française ou algérienne ne justifie pas une différence de traitement au regard de l’objet des pensions », écrit la cour d’appel de Toulouse dans un arrêt rendu mercredi. Car en l’espèce, la cour d’appel de Toulouse a tout simplement réformé le jugement prononcé en 2012 par le tribunal départemental des pensions militaires qui avait rejeté le recours du plaignant, qui était de nationalité algérienne au moment des faits. Cette même cour d’appel de Toulouse a donné raison à la victime, estimant qu’elle était bien « en droit de réclamer une pension ». Cet ancien Mostaganémois, qui vit en France depuis 1963, avait demandé en 2010 à bénéficier de cette pension d’invalidité, versée par le ministère français de la Défense.

« Il est encore tôt » pour mesurer les retombées de cette mesure, estime l’avocate de la victime, ajoutant qu’ « il est difficile d’évaluer l’étendue des conséquences de cette décision ». Pour autant, elle tempère ses propos en relevant que cette décision ne va bénéficier qu’aux seules victimes de violences durant la guerre de libération nationale, algériennes et françaises, qui résidaient sur le territoire français. Car cela va éliminer de facto les centaines de milliers de victimes algériennes ne résidant pas en France, mais victimes des militaires et groupes paramilitaires français, dont l’organisation fasciste de l’OAS qui a assassiné, torturé et mutilé des milliers d’Algériens et d’Algériennes entre février 1961 à 1962.

En France comme en Algérie. Les victimes algériennes de la violence des forces armées françaises durant la guerre de libération nationale sont nombreuses, la justice française ira-t-elle jusqu’à reconnaître les exactions de son armée en Algérie ? Peu évident, d’autant que le ministère français de la Défense qui assure le paiement des pensions aux victimes françaises de la violence armée entre 1954 et 1962, peut se pourvoir en cassation contre cette décision, qui constitue « une avancée dans la reconnaissance de la France des victimes algériennes de violence ». Ces dernières peuvent désormais prétendre à une pension, qu’elles aient été françaises ou algériennes à la date du 31 juillet 1963.

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 ""Dans un arrêt qui fera date et nourrira bien entendu un vif débat en France, la cour régionale des pensions militaires de Toulouse a donné raison à un plaignant d’origine algérienne qui a demandé en 2010 à être indemnisé après avoir été blessé par balle en 1960 à Mostaganem alors qu’il avait 17 ans. La cour avait conclu donc que cet homme, dont le nom n’a pas été divulgué, âgé aujourd’hui de 71 ans, est « en droit de réclamer une pension » en application de la loi du 31 juillet 1963, même s’il n’a obtenu la nationalité française qu’en 2005.""

Et les anciens combattants  du contingent, sont  " toujours  a cheval sur le 2 juillet 1962 " pour demander et  avoir la Carte de Combattant ?

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                 Premier gouvernement de l'Algérie pendant la Guerre.

Il y a un cinquante-six ans, l’Algérie a formé son premier gouvernement.

Bien qu’il soit provisoire, il n’en demeure pas moins que dans l’esprit des Algériens, à ce moment-là, cet événement représentait indubitablement l’acte fondateur de l’Etat algérien. Toutefois, la création du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) n’est pas survenue ex nihilo. Il y avait, au début de la guerre, le Conseil de la révolution, composé des neuf chefs historiques. Le texte qu’ils ont diffusé le 1 novembre 1954 annonçait la création du FLN, un appel au peuple algérien pour se mobiliser et une plateforme de revendications destinée aux autorités coloniales. Pendant près de deux ans la révolution algérienne a été régie par ce texte fondateur du FLN. A partir du congrès de la Soummam, les congressistes ont créé un comité de coordination et d’exécution (CCE), restreint entre août 56-août 57 et élargi jusqu’en septembre 1958. Toutefois, si le GPRA a pris la suite à partir du vendredi 19 septembre 1958 à 13 heures, l’idée de constituer un gouvernement remonte au mois de février 1957, évoquée dans un rapport rédigé par Hocine Ait Ahmed aux membres du CCE. Comment l’idée a-t-elle germé et qu’ils étaient les moments forts ayant conduit à son aboutissement ?

En effet, la réflexion, en constituant des commissions de travail, a commencé dès le mois de septembre 1957. Selon Mohamed Harbi, quatre rapports ont été rédigés pour analyser la situation politique et militaire de la révolution et réfléchir sur la stratégie à adopter pour la réussite de la révolution. Le premier rapport émanait du colonel Ouamrane. Rédigé avec Mabrouk Belhocine, son conseiller, ce rapport contenait à la fois une analyse sans fard ni acrimonie de la situation militaire et également une série de propositions. Dans l’analyse, ils ont écrit : « Si notre insurrection a d’abord surpris la France, si notre dynamisme des premiers temps a ébranlé le dispositif politique et militaire adverse, le colonialisme a fini par se ressaisir dès qu’il nous a vus marquer le pas. » Quant aux propositions, ils les ont résumées comme suit :

1) La création d’un gouvernement,

2) Le rejet de toute exclusive contre les pays de l’est,

3) Etendre l’action armée à la France.

Les autres rapports complétaient d’une façon ou d’une autre le rapport d’Ouamrane. Ainsi, pour Ferhat Abbas, la condition de la réussite de la diplomatie algérienne devait passer inéluctablement par la consolidation des assises de la révolution, préalable à toute démarche diplomatique. Autrement dit, il fallait, selon F.Abbas, une cohésion de tous les organismes de la révolution pour constituer un bloc soudé et capable de mener à bien sa mission. Car cela ne servait à rien, pensait-il, d’accomplir des tournées dans les chancelleries si cette condition n’était pas remplie. Quant à Krim Belkacem et Lakhdar Ben Tobbal, les militaires du CCE, l’analyse était plus militaire que politique.

Néanmoins, un autre élément inattendu a été introduit dans l’équation à résoudre : le retour du général de Gaulle sur la scène politique. Bien qu’il soit porté à la tête de l’Etat français par un coup de force militaire, plusieurs observateurs, et non des moindres, voyaient en lui quelqu’un qui allait trouver une solution négociée au problème algérien, et ce, à court terme. L’histoire a montré que le général n’était pas disposé, dans les deux premières années de son retour aux responsabilités, ni à trouver une solution politique, ni à lésiner sur les moyens militaires en vue d’étouffer la révolution algérienne. Il faut tout de même rappeler que les pertes en vies humaines étaient plus importantes de 1958 à 1960, suite aux opérations Challe, que les autres années réunies.

Cependant, les dirigeants algériens, réunis en commission, ont rendu, le 6 septembre 1958, une réponse positive à la création d’un gouvernement provisoire. Pour ces derniers, cette naissance du gouvernement allait avoir au moins deux impacts. L’un sur le plan algérien : « A l’approche du référendum (sur la constitution de la cinquième république française), c’est un encouragement utile qui convaincra le peuple à faire échec à la politique d’intégration prônée par de Gaulle. », et l’autre sur le plan international : « nous nous trouverons dans une meilleure position qui acculerait peut-être l’ennemi à des actes d’humeur profitables internationalement à notre cause et le potentiel matériel et financier de la révolution se renforcerait. »

Par ailleurs, depuis l’avènement du GPRA, ses adversaires n’hésitaient pas à lui reprocher deux choses, présentées à l’époque comme opaques, et qui méritent ici d’être éclaircies. La première concerne l’abandon du préalable pour l’ouverture de toute négociation avec la France et la seconde a lien avec la non convocation du CNRA (Conseil National de la Révolution Algérienne) pour décider la fin de la mission du CCE et le début de celle du GPRA. Pour la deuxième nuance, il faut tout bonnement se référer à la résolution du CNRA du 27 août 1957 tenu au Caire, qui a délégué le pouvoir au comité de coordination et d’exécution, déjà élargi, de créer, si besoin se faisait sentir, un gouvernement révolutionnaire. D’ailleurs, Saad Dahlab, dans son livre la mission accomplie n’écrit-il pas : « Tout le CCE fut transformé en GPRA. Celui-ci était renforcé par deux éléments n’appartenant pas au CCE. Ben Khedda, qui revenait ainsi à la direction un an après son élimination du CCE et M’hamed Yazid qui était délégué du FLN à l’ONU. » Par contre, pour la première nuance l’explication se trouve dans la sémantique. En effet, en insistant sur le sens des mots, la frontière entre gouvernement et comité n’est pas du tout mince. Bien que le GPRA ne soit qu’un élargissement du CCE, le sens donné à chaque organisme peut prêter à une interprétation différente. L’explication d’André Mandouze, dans la révolution algérienne par les textes, est à ce titre significative : « il faut bien comprendre que, si un organisme révolutionnaire comme l’était le CCE pouvait, à bon droit, exiger une reconnaissance de l’indépendance algérienne avant d’entamer les négociations, il n’en est plus de même pour un gouvernement qui, par son existence même, consacre juridiquement celle de l’Etat qu’il représente. »

Cependant, après moult discussions entre membres du CCE, le 9 septembre 1958, le comité a décidé de créer le gouvernement provisoire, le GPRA. La veille de la proclamation officielle de la naissance du GPRA, soit le 18 septembre 1958, plusieurs délégations du FLN sont allées rencontrer les chefs de gouvernements de tous les pays arabes. Selon Yves Courrière : « A Tunis, c’est Krim Belkacem et Mahmoud Chérif qui rencontrèrent le président Bourguiba dans sa villa d’été. » En Egypte, la mission d’annoncer la création du GPRA a été confiée à Toufik El Madani. Le lendemain, vendredi 19 septembre 1958, le GPRA a pris officiellement ses fonctions. L’annonce de sa création a été faite simultanément à Tunis et au Caire. Quatre pays ont reconnu ipso facto le GPRA. Il s’agissait de la Tunisie, du Maroc, de la Syrie et du Liban. Vingt-quatre heures plus tard, c’était autour de l’Egypte de reconnaître le GPRA. Dans la foulée, l’Irak a suivi l’exemple égyptien. Désormais, chaque reconnaissance qui s’ajoutait à la liste était une victoire pour la diplomatie algérienne. Le dernier pays à reconnaître le GPRA était la France. « Mais le jour où le gouvernement français, écrit A.Mandouze, acceptera la discussion avec le GPRA, il reconnaîtra, par là même, l’existence de l’Etat algérien ».

Pour conclure, il va de soi que la guerre d’Algérie ne pouvait pas se terminer sur une victoire militaire, que ce soit du côté français ou du côté algérien. Car le maquis algérien avait des réserves importantes pour remplacer les combattants tués au champ d’honneur. Aussi, avec un effectif atteignant un demi-million de soldats, l’armée française ne pouvait pas être non plus anéantie. Il ne restait alors qu’un terrain où la victoire pouvait se décider : la diplomatie. Sur ce terrain, le GPRA avait une argumentation plus constructive en se battant pour la liberté et l’indépendance. Ainsi, l’Algérie avait réussi, en 1954, à poser le problème du statut de l’Algérie en portant les armes et à l’emporter, en 1962, grâce à la détermination de son peuple soutenant sans vergogne sa diplomatie incarnée par le GPRA.

Par Boubekeur Ait Benali

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                            La course au pouvoir durant l’été 1962

 le 12.08.12 | 10h00     La révolution algérienne, bien qu’elle ait atteint son objectif fixé le 1er novembre 1954, n’a pas réussi à instaurer, après l’indépendance, un Etat juste et égalitaire.

En effet, cinquante ans après le recouvrement de l’indépendance, la question du pouvoir est toujours un sujet à polémique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Algériens ne sont toujours pas libres de choisir librement leurs représentants. Cela dit, bien qu’il y ait des simulacres d’élections, ceux qui ont pris le pouvoir par la force en 1962 refusent de lâcher les rênes. Cependant, pour que le lecteur comprenne l’origine de ce régime, un retour sur la genèse de la crise, c’est-à-dire au conflit opposant l’instance politique, le GPRA (gouvernement provisoire de la République algérienne), à son bras armé, l’EMG (l’état-major général), est nécessaire. D’une façon générale, bien que le gouvernement provisoire fût dominé par trois colonels, les trois B (Belkacem Krim, Ben Tobbal et Boussouf), l’unification de l’armée, en janvier 1960, sous l’égide de Boumediene à travers la création de l’EMG, a transféré le pouvoir réel, de façon sous-jacente, vers ce dernier. Ainsi, bien avant la proclamation de l’indépendance, le règlement de la question du pouvoir se mijotait en-dehors du peuple.

En tout état de cause, pour les nouveaux maîtres de l’Algérie, le rôle du peuple devait consister à suivre les chefs sans rechigner.  Néanmoins, cette conception n’est pas l’apanage de tous les chefs de la Révolution. En effet, il y avait parmi eux des responsables qui pensaient sérieusement restituer le pouvoir au peuple une fois l’indépendance acquise. Mais ils furent minoritaires.

Du coup, après la signature des accords d’Evian, la lutte pour le pouvoir va prendre des proportions alarmantes. Bien que l’espoir de voir les cinq ministres emprisonnés (Aït Ahmed, Ben Bella, Bitat, Boudiaf et Khider) jouer un rôle de modérateur dans la crise opposant le GPRA à l’EMG, leur mésentente en prison ne fait qu’éloigner la perspective d’un règlement du problème sans heurts. En tout cas, le premier à prendre parti pour l’un des belligérants est Ben Bella.

Sa propension pour le pouvoir le guide naturellement à choisir le segment capable de le porter au pouvoir, à savoir l’EMG, qui commande l’armée des frontières. Etant à l’abri des combats, ces officiers ne sont désormais intéressés que par la mainmise sur les futures institutions de l’Etat. Selon Ben Khedda, président du GPRA au moment de la crise, «certains officiers qui ont vécu à l’extérieur n’ont pas connu la guerre révolutionnaire comme leurs frères du maquis, guerre basée essentiellement sur le peuple et dont l’ALN n’a été que le fer de lance».

Quoi qu’il en soit, sans le soutien de Ben Bella, la prise du pouvoir par l’armée aurait soulevé l’indignation de la communauté internationale. Or, avec son aura, forgée notamment par le soutien des Egyptiens et entretenue pendant sa détention par la presse coloniale (elle parlait toujours de Ben Bella et de ses compagnons), son implication n’a pas suscité une grande crainte sur le plan international. Ainsi, profitant d’une telle opportunité, Ben Bella engage un bras de fer avec le GPRA, dont il est, pour rappel, le vice-président. En effet, le 19 avril 1962, au moment où Ben Khedda se réunit avec ses ministres, Ben Bella se rend à Ghardimaou, le quartier général de l’EMG en Tunisie.

En outre, bien que le GPRA ait adopté dans sa réunion du 22 mars 1962 la proposition de ne pas convoquer le CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) avant le référendum d’autodétermination, Ben Bella a exigé sa convocation. Son but : créer un autre organisme en remplacement du GPRA. Tout compte fait, après moult tergiversations, la session du CNRA est enfin programmée pour le 28 mai à Tripoli. Deux points sont prévus à l’ordre du jour : étude et adoption du projet de programme de la Révolution démocratique et populaire ainsi que la désignation d’une direction politique. En imposant ses vues à l’autorité désormais évanescente, le GPRA en l’occurrence, Ben Bella ne cesse de gagner du terrain.

Quoi qu’il en soit, ce qui intéresse la coalition Ben Bella-Boumediene est le deuxième point de l’ordre du jour. Le 3 juin, le bureau du CNRA, composé de Ben Yahia, Boudaoud et Kafi, propose enfin son examen. Selon les statuts du FLN, notamment l’article 10, une commission doit élaborer une liste susceptible de recueillir les deux tiers de voix lors du vote en plénière. Néanmoins, après des tentatives infructueuses, la commission présidée par Ben Yahia avoue son incapacité à dégager une liste pouvant faire consensus. Ainsi, à l’ouverture de la séance plénière du 5 juin 1962, Ben Yahia déclare : «Nous avons le triste devoir de vous informer que nous avons échoué dans notre mission. En conséquence, nous vous proposons, sans aucune ouverture de débats, de désigner une autre commission. »

Cependant, le débat qui suivit après la déclaration de Ben Yahia est faussé par la polémique lancée par Ben Bella. En fait, bien que Tahar Zbiri, un élément de la coalition Ben Bella-Boumediene, ne disposât pas de procurations validées, Ben Bella insistait pour que son allié puisse les utiliser. C’est à ce moment-là que Ben Khedda, président du GPRA, protesta en apportant la clarification suivante : «Quand la réunion a commencé, le gouvernement était en possession des noms des membres du Conseil de la Wilaya I. Et le gouvernement considérait que Zbiri n’avait qu’une voix.»

En effet, Ben Khedda argue son intervention en s’appuyant sur l’article 32 des statuts du FLN. Tout compte fait, en sachant que la liste qu’il présente ne peut pas réunir les 2/3, Ben Bella ne peut pas laisser s’envoler les 3 voix venant des adjoints de Zbiri. Furieux, Ben Bella se dresse, interpellant le président : «Le plus grand manœuvrier c’est toi, et si personne, à ce jour, ne t’a déshabillé, je vais le faire moi !», témoigne Ali Haroun, présent à la réunion de Tripoli.

Quoi qu’il en soit, bien que l’intéressé ne soit plus de ce monde, il est regrettable quand même qu’un tel personnage ait présidé, pendant trois ans, aux destinées de l’Algérie.

En tout état de cause, après l’interruption de la réunion, le président du GPRA et la majorité des ministres rejoignent Tunis, le siège du gouvernement, pour s’occuper de leur tâche. En effet, à partir du moment où les dirigeants n’arrivent pas à s’entendre entre eux, il faudrait songer à l’arbitrage du peuple. Mais du côté de l’EMG, s’ils n’arrivent pas à imposer la liste défendue par Ben Bella, ils prendront le pouvoir par les armes. Ainsi, pour peu qu’il parvienne à ses fins, le colonel Boumediene n’en a cure des aspirations du peuple algérien. Dans son communiqué du 2 juillet 1962, l’EMG rend publique une déclaration dans laquelle il exhorte les troupes des frontières à ne pas obéir au GPRA. Plus grave encore, il prépare moralement les soldats à rentrer en force dans le pays. «Le 3 juillet, les unités de l’armée des frontières commencèrent à franchir les confins et à pénétrer à l’intérieur. C’était des troupes fraîches et bien armées, à la différence des djounoud des maquis», écrit, pour sa part, Gilbert Meynier.

 

Dans la foulée, Ben Bella choisit Tlemcen comme quartier général. Tout en s’assurant du soutien des troupes bien armées, il relance l’idée de constituer le bureau politique (BP), un projet avorté, pour rappel, à Tripoli. Pour ce faire, il invite tous les acteurs pouvant jouer un rôle à ses côtés. Ainsi, les anciens de l’UDMA (un ancien parti de Ferhat Abbas dissous en avril 1956), les responsables qui ont été évincés par le GPRA, affluent à Tlemcen. Un choix que regrettera d’ailleurs Ferhat Abbas quelques années plus tard : «J’étais loin de soupçonner que les manigances des Ben Bella et Boumediene avaient pour but de conduire notre pays au parti unique et au pouvoir personnel.»

Par ailleurs, soutenu par les Wilayas I, V, VI et une partie de la II, Ben Bella invite les chefs des Wilayas III et IV à une réunion à Tlemcen. Celle-ci a lieu le 17 juillet à Al Asnem. Bien qu’aucun accord ne se profilât à l’horizon, le chef de la Wilaya III proposa une solution de sortie de crise. En effet, celui-ci accepte le bureau politique proposé par Ben Bella, si, dans sa composition, Mohamedi Saïd est remplacé par Krim Belkacem. Ainsi, s’il était accepté, le bureau politique se serait composé de : Ben Bella, Aït Ahmed, Boudiaf, Khidder, Bitat, Hadj Ben Alla et Krim Belkacem. Hélas, cette solution est uniquement écartée par Ben Bella. Cependant, pour préserver les institutions de la Révolution, le bureau du CNRA convoque, le 20 juillet 1962, une session ordinaire du CNRA pour le 2 août 1962.

Pour Gilbert Meynier, «la seule procédure légale était bien celle-là : reconvoquer le CNRA pour désigner une nouvelle commission en remplacement de la commission Ben Yahia qui avait échoué. Mais cette solution supposait que le clan Ben Bella-Boumediene fût prêt à accepter un compromis, ce qu’il n’était guère enclin à faire». Pour contrer cette initiative, le groupe de Tlemcen sort une déclaration, signée par «les membres majoritaires au CNRA de Tripoli», dans laquelle ces membres entendent mettre en place le BP résultant du rapport de carence du 6 juin 1962. D’une façon générale, en avançant l’argument sécuritaire, le clan de Ben Bella, en s’appuyant sur le procès-verbal de carence du 6 juin, proclame la naissance du bureau politique, le 22 juillet 1962. Ce bureau, d’après les usurpateurs du pouvoir, aura pour mission d’assumer «ses responsabilités nationales».

De toute évidence, ce coup de force ne laisse pas le GPRA indifférent. Car l’argument du clan Ben Bella n’a aucune valeur juridique ni politique. Et pour cause ! «Les signataires considérèrent que les travaux du CNRA auraient pu se poursuivre n’était la situation provoquée par le départ de certains ministres du GPRA» le 6 juin 1962, analyse Ali Haroun le PV de carence. Mais, s’ils avaient eu cette majorité à Tripoli, toute décision prise à ce moment-là aurait été conforme aux statuts de la Révolution. Or, le nombre de signataires dudit PV ne dépassait pas les 39 selon Ali Haroun et 37 selon Gilbert Meynier. En outre, les mandats des Wilayas III et IV ne sont pas utilisés selon la volonté des mandants. En effet, le colonel Saïd Yazourene (W III) et Ahmed Ben Cherif (W IV) ont utilisé les mandats contre le choix de leurs Wilayas respectives.

«Si l’on tient compte de la réalité des volontés exprimées et non des signatures apposées par les mandants qui, manifestement, semblent avoir outrepassé leur mandat, les voix des W III et IV ne sauraient être décomptées à l’appui des prétentions de la coalition de Tlemcen… Dès lors, le nombre des authentiques signatures de la résolution du 20 juillet se réduit en vérité à ceux qui ont réellement soutenu ce groupe, c’est-à-dire non plus 39, mais 30 personnes disposant de 30 voix (soit 39 moins 5 voix de la W III et 4 de la W IV)», écrit Ali Haroun.

 Tout compte fait, le duo Ben Bella-Boumediene est loin du compte pour pouvoir proclamer le bureau politique. En effet, selon l’article 10 des statuts du FLN, pour élire un responsable, il faudra réunir 2/3 de voix des membres du CNRA, c’est-à-dire au moins 46 voix. Or, avec 30 voix, le groupe de Tlemcen ne dispose même pas d’une majorité simple. Quoi qu’il en soit, bien que l’espoir d’un accord soit renvoyé aux calendes grecques, contre toute attente, une éclaircie apparaît soudainement. Il s’agit bien entendu de l’accord du 2 août 1962.

En fait, la réunion a regroupé, d’un côté, Boudiaf, Krim et Mohand Oulhadj pour le groupe de Tizi Ouzou, et de l’autre, Khider et Bitat, pour le compte du groupe de Tlemcen. A propos de ce compromis, Gilbert Meynier écrit : «Un accord fut réalisé sur la date des élections à la Constituante, fixées au 27 août, et sur une réunion du CNRA, une semaine plus tard, qui aurait à se prononcer sur la composition du bureau politique. En attendant, celui-ci était reconnu pour une durée d’un mois. Mais ses attributions étaient strictement limitées à la préparation des élections et à la convocation du CNRA, et rien d’autre.»

Dans la foulée, le bureau politique est autorisé à s’installer à Alger le 4 août 1962. Le report des élections, la démission de Boudiaf le 25 août et les manœuvres de Ben Bella visant à écarter les personnes non acquises à son groupe aux futures élections, replongent le pays dans une crise abyssale. Cette fois-ci, l’affrontement est inéluctable. Désormais, il n’y a plus de place à d’éventuelles tractations. Dans ce cas, le dernier mot revient aux troupes des frontières qui vont imposer leur choix. Et le triomphe du bureau politique, tel que proposé par Ben Bella, est réalisé grâce à la force de feu de l’état-major et non pas grâce au peuple, comme le déclarera quelques mois plus tard Ben Bella.Pour conclure, il va de soi que le perdant dans cette lutte est indubitablement le peuple algérien. En résistant de son mieux pendant huit longues années à la guerre, il a sans doute cru à une issue meilleure.

Malheureusement, à l’indépendance, les nouveaux maîtres comptent le replonger dans une autre phase d’asservissement. Ainsi, le pouvoir personnel va replacer tout bonnement le pouvoir colonial. Hélas, cinquante ans après, la conception du pouvoir n’a que peu évolué. Bien qu’il y ait une infime mutation, la question du pouvoir reste toujours dominée par les plus forts et non pas par la volonté émanant du peuple. Ainsi, en dépit du maintien d’une façade civile du pouvoir, la colonne vertébrale du régime a toujours le dernier mot quant à l’avenir du processus politique en Algérie.                   

Aït Benali Boubekeur

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Pendant la Période Transitoire des forces locales  de l'ordre algérienne 

ne période dite transitoire, prévue par les Accords d’Evian, s’étalait du 19 mars 1962, date de la proclamation officielle du cessez-le-feu, au 3 juillet 1962, date de la proclamation officielle des résultats du référendum, au cours duquel 99% des Algériens s’étaient prononcés pour l’indépendance.

De mon point de vue, ce référendum était voulu par le gouvernement français pour prouver à son peuple ainsi qu’à ses alliés qui l’avaient aidé militairement, que l’Algérie avait recouvré son indépendance grâce à la consultation du peuple. Car une superpuissance comme la France, aidée de surcroît par les forces alliées de l’OTAN, ne pouvait pas se déclarer vaincue par la force des armes d’un peuple asservi durant 132 ans. Pour gérer cette période, il fut désigné un exécutif provisoire,  composé de trois personnalités neutres du côté algérien, trois autres personnalités neutres du côté français, cinq membres du FLN ; cet exécutif était présidé par Abderahmane Farès et installé à Rocher Noir (aujourd’hui Boumerdès) au mois d’avril 1962, avec  pour mission essentielle d’assurer la continuité de l’administration, le maintien de l’ordre et la préparation matérielle du référendum.

Cette institution ayant, entre autres missions, le maintien de l’ordre, elle disposait d’une entité militaire appelée «force locale» composée de goumiers et d’éléments du contingent d’Algériens appelés sous les drapeaux français. Elle devait exercer ses missions en relation avec ce qui restait de la police locale et l’appui de l’armée française. En réalité, l’ordre n’était pas maintenu, notamment dans les villes. L’OAS continuait de frapper. Cette organisation terroriste constituée de pieds-noirs et de déserteurs de l’armée française appliquait la politique de la terre brûlée. Elle assassinait des personnalités et détruisait immeubles, magasins, café et édifices publics au moyen de bombes au plastic à retardement. Même les places publiques n’étaient pas épargnées.

Zones interdites

Ils s’en sont accaparé, durablement d’ailleurs. Certains allaient jusqu’à se faire délivrer des actes pour justifier la soi-disant transaction. Tandis que la majorité des Algériens, qui n’avaient d’ambition que l’indépendance du pays, criaient haut et fort «Vive l’Algérie».

A la même époque, on racontait une anecdote : des voleurs se mêlaient aux foules enthousiastes pour les alléger de leurs portefeuilles, puis criaient le mot «Qassamen» pour se partager le butin. Ce refrain de l’hymne national était répété à longueur de journée par toute la population. Toutes les troupes des postes avancés de l’armée française durent rejoindre leurs garnisons implantées dans les villes. Les unités reconstituées de l’ALN prenaient leur place. Les quelques djounoud venus des frontières étaient, quant à eux, intégrés dans nos unités pour être ensuite affectés dans des centres d’instruction. Tel fut le cas du jeune Bay Saïd, promu au grade d’aspirant et affecté au centre d’instruction de Tadmaït en qualité d’instructeur. Sa dernière affectation que je connais était chef de la 1re Région militaire avec le grade de général.

Référendum

Les officiers, membres du comité de notre région, avons été désignés chacun dans un secteur, avec pour principales missions de veiller au respect du cessez-le-feu, au maintien de l’ordre, à la discipline et, de manière générale, pour encadrer les populations qui déferlaient de partout pour manifester leur joie afin d’éviter tout dépassement. Notre PC fut installé au village de Taourirt Mokrane (Ath Yenni). Une autre mission et pas des moindres nous avait été confiée : assister les émissaires de Rocher Noir venus faire campagne pour le référendum d’autodétermination. Dans ce cadre, nous avions reçus maître Djender, avocat, avec qui nous avons fais la tournée des villes et villages. Lors des rassemblements des populations, je prenais la parole moi-même, d’abord, pour présenter l’émissaire de l’exécutif provisoire.

Une fois la campagne terminée et le référendum passé, M. Djender avait eu droit à une prime de campagne, selon nos informations, d’un million de francs ! Tandis que mes compagnons d’armes et moi-même, percevions toujours la solde de 5 francs par mois... En réalité, la campagne électorale avait été faite par les moudjahidine, les seuls en lesquels les populations avaient confiance ; cela a été constaté à l’occasion des  rassemblements populaires. De l’autre côté des frontières, des divergences idéologiques entre les responsables politiques du FLN, le GPRA et l’état-major de l’Est (l’armée des frontières) éclataient au grand jour, non sans se répercuter sur l’intérieur. Après l’échec du Congrès de Tripoli, ils entamèrent une course effrénée pour la prise du pouvoir. On entendait parler du groupe de Tlemcen dont le chef de file était Ahmed Ben Bella, du groupe de Tizi Ouzou, à sa tête Krim Belkacem, chacun cherchant l’appui des responsables des wilayas et la sympathie des populations.

Le tout-puissant état-major de l’Est, commandé par le colonel Houari Boumédiène, s’était rangé du côté d’Ahmed Ben Bella. Tan disque les wilayas III et IV, elles,  soutenaient le GPRA. Les hauts responsables du FLN de l’extérieur, qui s’étaient formés en clans, se sont introduits chacun dans sa région natale pour demander l’appui de l’ALN de l’intérieur et des populations. En ce qui nous concerne, nous avons eu l’honneur d’accueillir si Krim Belkacem, membre du GPRA et chef de la délégation du FLN aux négociations d’Evian. Au mois de mars 1962, à quelques jours seulement du cessez-le-feu, Si Krim, accompagné de certains responsables du FLN, s’est rendu dans la Wilaya III pour la tenue d’une première réunion avec les officiers de l’ALN de cette région. Le colonel Akli Mohand Oulhadj, surnommé Amghar, chef de wilaya, avait convoqué ces derniers pour y participer. A cette occasion,  Krim Belkacem a porté à notre connaissance les tenants et les aboutissants des divergences qui opposaient les différents responsables au sommet du FLN. Cette réunion s’est tenue à Boghni. Nous étions les hôtes du maire de la ville, seul susceptible d’accueillir un nombre de personnalités aussi important dans des conditions acceptables.

Etoile sur chaque épaule

Certains moudjahidine et une partie de la population, n’ont pas vu d’un bon œil le fait que se soit le maire qui invite les héros de la Révolution, dans son bastion. Pendant ce temps, les populations de la ville et de tous les villages environnants se rassemblaient sur la place de Boghni, attendant l’apparition de Si Krim. Après le repas de midi, nous nous sommes dirigés vers la place ou était érigée une esplanade à l’intention des invités de cette localité, pour une prise de parole. Le premier discours fut prononcé par Si Krim durant plus d’une heure, suivi par Si Mohand Oulhadj qui a clôturé ce rassemblement.

Dans notre région se trouvaient deux grandes garnisons de l’armée française, l’une à Draâ El Mizan, l’autre à Boghni. Nous avions reçu instruction de les occuper avant leur évacuation par les Français, et ce, après un accord préalable passé avec les commandants des garnisons concernées.  Nous étions, moi et l’aspirant Sahnoun Abdallah, choisis pour prendre la relève des éléments de l’armée française. J’ai été désigné pour la garnison de Draâ El Mizan et Si Abdellah pour la caserne de Boghni. Avec un groupe de djounoud, je me suis rendu dans cette garnison pour la prendre définitivement en charge. Vêtu d’un treillis neuf, une étoile sur chaque épaule, accompagné d’un groupe de djounoud, nous marchions vers la caserne. Arrivés au portail d’entrée, nous fumes accueillis par une section, commandée par un colonel, qui nous a rendu les honneurs.

C’était un geste qui m’avait marqué pendant longtemps. Sans tarder, nous passâmes à la passation de services. Après avoir passé en revue les matériels existants, un inventaire fut arrêté, le procès-verbal dressé et signé par les deux parties. Nous avons procédé ensuite à l’inspection d’une compagnie de la force locale que nous devions prendre en charge, en application des Accords d’Evian. La liste de cette compagnie faisait ressortir un effectif de près de 150 hommes. L’inventaire des matériels, quand à lui, était constitué d’armement léger et de fusils de chasse, de mortiers de 60 et de 80 m/m, de canons de 57 m/m, de véhicules de transport de troupes (camions, jeeps).

Divers produits d’hygiène corporelle étalés sur des étagères du foyer ont également été pris en charge. Une fois les opérations d’inventaire terminées, un procès-verbal de passation de services fut conjointement signé. Ceci étant, après un échange d’adieux, le colonel français et un groupe de soldats montèrent dans une jeep et un camion à destination de Tizi Ouzou. C’est ainsi que les derniers soldats français quittèrent définitivement notre région. Immédiatement après avoir pris possession de cette garnison, nous avons descendu le drapeau français et levé le nôtre à sa place.

 Salah Ouzrourou : officier de l’ALN

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 Un témoignage......  parmi.... d'autres

Mon premier travail  a été, avec Pierre, un autre appelé, de recenser la population d’une partie reculée d’un douar, le Dehaguena. Un groupe de harkis était sensé assurer notre protection. En réalité ils s’éloignaient de nous pour fouiller les mechtas et piller les maigres jardins. Le jour où l’on est venu nous dire qu’ils avaient violé une femme devant son mari, nous avons refusé qu’ils nous accompagnent. Cette expérience a influencé mon opinion sur les harkis que je voyais comme des traîtres à la cause de leur peuple. Cependant notre interprète était un brave homme qui s’était engagé pour faire vivre sa famille. Je m’efforçais alors de ne pas généraliser. 

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Histoire/ Jacques Tourtaux, insoumis de l’armée coloniale française

“Je ne suis pas rentré indemne de cette guerre”



Ils étaient tout au plus un millier d’appelés de l’armée française à s’être opposés à la guerre d’Algérie. Le plus illustre de ces insoumis est certainement Jacques Tourtaux. Militant communiste intraitable, l’homme a payé de sa personne son engagement anti-colonialiste. Aux brimades innommables subies lors de la guerre d’Algérie, est venue s’ajouter sa privation, par vengeance d’Etat, de la pension d’invalide de guerre. Aujourd’hui, à 76 ans, Jacques Tourtaux poursuit son combat anti-impérialiste et pour l’émancipation des travailleurs et des peuples du Tiers-Monde. Celui dont Henri Alleg avait dit qu’il “s’est rangé du coté des Algériens qui luttent pour leur indépendance et des Français qui les soutiennent” anime sur la toile l’un des blogs les plus visités de la blogosphère française: Le Sanglier Rouge. Entretien.

Algérie Focus: Nous célébrons cette année, le 55e anniversaire du 19 mars, date du cessez-le-feu dans la guerre d’Algérie. Quel souvenir en gardez-vous ?

Jacques Tourtaux: Le 19 mars 1962 j’étais en Algérie à Teleghma. Le colonel, qui était un magnifique abruti n’appréciant pas les appelés, a rassemblé tous les hommes de troupe au cinéma pour annoncer la nouvelle, bonne pour nous mais pas pour les carriéristes de son acabit. Des cris de joie et des «la quille bordel» ont retenti. Il était midi.

Dans la piaule, les gars étaient déchaînés, incontrôlables. Ils se voyaient déjà de retour au pays. Mais vers 17h, le silence et la tristesse reprirent le dessus. Un transistor annonçait en effet qu’après le cessez le feu à midi, une trentaine d’hommes ont été tués à la frontière avec la Tunisie.

Je me souviens encore très bien de cette période car l’armée ne se gênait pas à me maltraiter. Après avoir passé la journée à trimer comme un forçat aux munitions, on me faisait garder le dépôt, seul, de nuit, avec juste une Mat 49 et une fusée d’alarme rouge, pour notamment démarrer le groupe électrogène en cas de grève des services de l’électricité ordonnée par la terroriste OAS. Ces permanences, tenues seul de nuit, en plein cœur de l’immense soute à munitions, de bombes, de roquettes et de napalm, ont duré au moins deux mois. Je n’oublierai jamais que les militaires de carrière, qui n’acceptaient pas que cesse cette guerre, me disaient très clairement qu’ils allaient me faire payer très cher mon opposition à cette guerre.

Voilà ce que je retiens de ce cessez-le-feu, un grand soulagement pour les appelés, mais aussi pour le peuple algérien qui avait tant souffert des crimes de l’armée coloniale française.

Justement, à ce propos, vous étiez catalogué comme insoumis, profondément opposé à cette guerre, et cela vous a valu les pires brimades. Pouvez-vous nous donner un aperçu des souffrances que vous a infligées l’ordre colonial?

Mes antécédents anti-guerre d’Algérie ont surtout pour origine mon militantisme au Parti communiste français (PCF) et a l’’UJCF (jeunesse communiste), que j’ai fondé à l’âge de 17 ans et dont j’ai été secrétaire pour la ville rurale de Rethel (Ardennes) où je suis né.

Mon premier geste d’insoumission remonte au 14 mars 1960, lorsque j’ai refusé d’obéir à l’autorité en ne me présentant pas devant le conseil de révision et ce, afin de marquer mon opposition à la guerre d’Algérie. L’administration m’a convoqué une seconde fois au chef-lieu du département des Ardennes. J’ai une nouvelle fois refusé de m’y rendre. Quelques jours après, deux gendarmes sont venus me trouver sur mon lieu de travail. Ils m’ont questionné quelques minutes. Ils m’ont passé un sacré savon et m’ont demandé si j’étais anticolonialiste. J’ai répondu par l’affirmative. Cela les a énervés et le plus virulent m’a dit textuellement : «Tu es une forte tête. Tu vas partir directement en Algérie dans les compagnies disciplinaires. Tu vas te faire mater à coups de pieds au cul et à coups de poings dans la gueule». Ils m’ont dit qu’ils allaient m’emmener faire mes trois jours à Commercy. Ce qu’ils ont fait en me traînant de la gare à la caserne menotté et tenu en laisse.

Ce n’était pas facile pour moi car ma mère qui ne m’aimait pas n’acceptait pas mon militantisme contre la guerre. Lorsque je lui ai dit que j’allais partir directement en Algérie, elle m’a dit que c’était tout ce que je méritais, que j’allais me faire dresser.

Une fois en Algérie, les pressions devaient être autrement plus fortes.

Une fois en Algérie, les pressions et les brimades furent constantes vus mes antécédents militants anticolonialistes et anti-guerre. J’ai toujours été en unité disciplinaire très dure. Incorporé au centre d’instruction d’Oued-Smar, près d’Alger, les punitions pleuvaient, à l’instar de celle dite pompeusement « tenue de campagne » et assimilable à celle des anciens « bat d’af » (bataillon d’Afrique). J’en ai fait une avant d’en refuser une seconde. Les punis étaient rassemblés seuls ou par quatre sur la place du drapeau, lestés du paquetage de 40 kg, des casques lourds et légers sur la tête, de la mitraillette Mat 49 et de huit chargeurs. Un abruti de sergent corse nous forçait à courir avec tout notre barda, ce qui n’était pas possible. Il nous obligeait à ramper sur le macadam et l’on n’y arrivait pas plus. Il nous collait des coups de pied dans les flancs. Certains gars pleuraient, appelaient leur mère tant c’était dur

J’ai fait la mienne seul avec l’abruti de Corse. La seconde, que j’ai refusée, m’a été infligée par un caporal-chef appelé du sud de la France, qui m’a bien eu quand même ; car chaque soir, des soldats en armes m’emmenaient à la prison interarmes située près de notre camp. Cette prison était un bagne militaire ou nous étions tabassés à coups de manche de pioche et coups de poing dans la gueule. J’étais un détenu politique, mais beaucoup d’entre nous étaient des soldats détenus de droit commun et non politisés. Certains se battaient pour un bout de pain. Mais je crois que la punition la plus sadique était lorsque l’adjudant Birr faisait irruption en peine nuit pour obliger les gars, nus comme des vers, à rester très longtemps debout à grelotter avec leurs fringues sur les bras, avant de choisir l’un des gars et jeter ses affaires au sol, l’obligeant ensuite à les ramasser salis de poussière. Birr devenait fou furieux et infligeait devant tous une terrible raclée au pauvre gars.

A Mouzaïa, avec deux appelés communistes, je militais clandestinement contre la guerre. On profitait de l’appel du vaguemestre, à midi, pour nous planquer derrière les moustiquaires et écrire de petits papillons portant la mention « Paix en Algérie » et signés « des appelés communistes ». J’ai été dénoncé et j’ai été embarqué sur le champ pour Teleghma où j’étais la bête noire du capitaine. J’étais, disait-il, son sale communiste.

Après la guerre, vous avez été privé d’une pension d’invalidité de guerre. N’est-ce pas ?

J’ai effectivement intenté un procès à l’Etat français, en 1992, pour une demande de pension d’invalidité de guerre et ce, à une date symbolique : le 19 mars. Le 7 septembre 2000, après un combat judiciaire acharné, j’ai arraché la victoire avec un taux de pension très rare à obtenir pour deux chefs de demande: 75 pour cent, suffixe compris. Le secrétaire d’Etat de l’époque, pourtant socialiste, a fait appel du jugement, privant ainsi des centaines d’anciens soldats de divers conflits d’une jurisprudence favorable.

Je savais que c’était foutu, mais je suis un battant qui n’abandonne jamais. J’ai introduit un pourvoi en cassation que je savais voué à l’échec, car l’un des caïds du conseil d’Etat n’était autre que le neveu de Croix-Saint-Marc, l’ancien chef par intérim du félon 1er REP, lors du putsch des généraux factieux qui ont envahi notre camp d’Oued Smar dans la nuit du 25/26 avril 1961, où notre compagnie disciplinaire fut une des toutes premières à s’opposer, par la grève, aux généraux félons. Sans surprise, le Conseil d’Etat a rendu un arrêt scandaleux confirmant les précédents jugements, le 19 mai 2004. J’ai ensuite poursuivi mon combat judiciaire en Cour européenne des droits de l’Homme, en vain.

Finalement, vous ne bénéficiez, à ce jour, pas d’une pension d’invalidité de guerre?

Non, je n’ai pas de pension d’invalidité de guerre.

Vous êtes aujourd’hui encore un fervent militant anti-colonialiste, anti-impérialiste et tout simplement anti-guerre, peut-on dire que la guerre d’Algérie a exacerbé votre militantisme?

Oui, c’est évident car je ne suis pas rentré indemne de cette guerre qui a coïncidé avec mes 20 et 21 ans. Durant des années, je n’en ai jamais parlé. Car, sans le savoir, je souffrais et je souffre toujours de traumas de guerre.

Quelle est votre relation avec l’Algérie aujourd’hui?

Une très bonne relation d’autant qu’à ma grande surprise, en août 2013, pour la journée anniversaire du congrès de la Soummam, j’ai reçu une invitation officielle pour témoigner de mon opposition clandestine a la guerre au sein de mon unité en Algérie. Je n’étais pas retourné en Algérie depuis la quille, début décembre 1962.

Entretien réalisé par Rachid Ikhen.

Lien vers le blog de Jacques Tourtaux: http://www.jacques-tourtaux.com

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  J'ai publié sur mon blog l'article ci-dessous le samedi 19 avril 2008    

22 AU 26 AVRIL 1961 PUTSCH ET ECHEC DES GENERAUX FACTIEUX EN ALGERIE
      Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961 à Alger, des éléments militaires de l'armée française sont entrés en dissidence et ont pris le pouvoir. Cette rébellion était dirigée par un quarteron de      généraux à la retraite soutenus par les colonels activistes. Ces factieux tournèrent leurs armes contre la République qu'ils avaient pour mission de défendre. Ces mercenaires comptaient dans      leurs rangs une majorité d'anciens SS et immigrés fascistes hongrois.  Et ce n'est pas dans les états-majors militaires que la République trouva ses plus ardents défenseurs, mais chez les       bidasses qui, dans leur majorité refusèrent spontanément de suivre les comploteurs étoilés et galonnés. Les appelés, arrivant dans un monde inconnu et isolé dans des villages perdus      ont découvert le caractère horrible de la guerre.
      Aux premières loges du drame qui se jouait dans les djebels, les fils de ceux et celles qui manifestaient et pétitionnaient pour la paix en Algérie ne pouvaient avoir de réactions bien      différentes de leurs parents qui en métropole scandaient " le fascisme ne passera pas". Les putschistes découvrirent que les appelés refusaient de les suivre, qu'ils étaient prêts à utiliser      leurs armes pour les combattre. Ils furent épaulés par certains cadres  de l'armée, ils se mirent en grève, malgré l'instauration de la loi martiale et opposèrent une force d'inertie      totale, aux ordres reçus, (refus d'aller en opérations, sabotages des messages). Enfin, malgré les interdictions, les surveillances et les censures, des jeunes plus conscients et plus politisés      que d'autres firent avancer leurs idées et réfléchir autour d'eux. Ce fut la tâche de jeunes militants communistes, syndicalistes ou chrétiens progressistes. Leur lutte ardue et dangereuse est      presque systématiquement passée sous silence par la plupart des auteurs. Après leur cuisante défaite, certains généraux insurgés s'enfuirent et devinrent les chefs de l'OAS, organisation      terroriste qui n'hésita pas à tuer des jeunes du contingent.  Ces tueurs bénéficiaient des hautes protections civiles et militaires. 
      Je n'avais pas 20 ans lorsque j'ai été incorporé direct en Algérie où j'ai effectué mes classes à Oued-Smar, annexe de la BA 149, à Maison-Blanche, près d'Alger.
      Les classes se terminaient lorsque nous avons eu droit aux réjouissances. Le grand cirque avec clowns travaillant sans filet. De tous petits, petits, petits généraux hypers galonnés ont voulu      faire la "révolution". A l'aide de leur fer de lance, le 1er REP (Régiment Etranger de Parachutistes de la légion étrangère), nos chefs "bien aimés" ont ourdi un complot contre la      République en vue de garder l'Algérie française.
      Les "grands stratèges" de l'armée française ont décidé de se retourner contre leur copain de Gaulle qu'ils ont pourtant porté au pouvoir en 1958. Nos grandissimes généraux sont à l'initiative,      à la besogne. Ils omettent juste un "détail" : les gus du contingent. Patatras! Voilà que les petits soldats de l'an II, issus de l'armée de conscription, refusent d'obéir aux      ordres de généraux renégats.
      Les "monsieur Loyal" que furent les généraux Salan, Jouhaud, Challe et Zeller ont trahi la République qu'ils avaient pour mission de défendre. Seul le Peuple de gueux dont je suis peut      prétendre revendiquer l'honneur de faire la Révolution. Ce mot sonne mal dans la gueule de ces généraux félons, officiers supérieurs et grands serviteurs des basses oeuvres d'un colonialisme      agonisant.
      Je veux rappeler ce qui s'est passé l'après-midi du 26 avril 1961 et que je relate aussi dans mon second livre.  
      Lorsqu'en compagnie d'une petite quinzaîne d'appelés, je suis muté dans la Mitidja et alors que nous sommes acheminés en camion GMC vers notre destination, nous stoppons pour laisser      passer une importante colonne de véhicules militaires. Celle-ci est précédée d'une voiture civile noire transportant des officiers dont le commandant Helie Denoix de Saint Marc qui est à la      tête des mercenaires du 1er REP, l'unité qui a servi de fer de lance aux généraux putschistes. Ces troupes d'élites sont en fuite! Les "bérêts verts" chantent : " non rien de rien, non, je ne      regrette rien..." Edith Piaf s'en retourne dans sa tombe! 
      Au passage du dernier véhicule, nous essuyons des rafales de pistolets-mitrailleurs MAT49. Les trois ou quatre pieds-noirs de notre détachement n'en reviennent pas. Se faire      allumer par les "copains", c'est-y pas un comble!
      Lors d'un salon du livre, un jeune homme m'a acheté mon livre anticolonialiste que j'ai écrit sur la Guerre d'Algérie, à titre posthume pour mon oncle, m'a-t-il dit. En effet, le      26 avril 1961, l'oncle était dans le secteur de Blida et l'unité à laquelle il appartenait a été agressée par les mercenaires du 1er REP qui étaient en fuite et ont délibérément tiré à      l'arme automatique sur les bidasses. J'ai tout de suite pensé que ce soldat était dans notre camion. En fait, il était affecté dans une unité d'infanterie, il n'était donc      pas dans notre GMC. 
      J'avais déjà eu un témoignage d'un appelé, semblable au nôtre qui s'était également fait "rafaler"dans le même secteur. Il est donc clair que les parachutistes du 1er REP n'ont      pas hésité à ouvrir le feu sur toute unité de soldats du contingent se trouvant malencontreusement sur leur chemin. L'oncle du jeune homme a été très affecté par cette lâche agression de      militaires de l'armée française contre d'autres soldats français. 
      Le PCF a condamné l'attitude irréparable du président Mitterrand qui a réhabilité et réparé financièrement ces généraux qui se sont dressés contre la République. Alors que des démocrates,      communistes et autres, qui ont été au premier rang des luttes contre le colonialisme et pour la défense de la France ne sont toujours pas reconnus.
      Aujourd'hui, 47 ans après la lutte exemplaire de tous ceux qui ont agi pour barrer la route au fascisme, qu'ils soient civils ou militaires, la France est engagée sur divers territoires      africains mais aussi dans le bourbier  qu'est l'Afghanistan où, d'importants renforts militaires vont êtres envoyés dans un secteur où la guerre est très présente. Ces      soldats vont s'ajouter aux 1500 militaires déjà en place. 
      L'exemple de l'Algérie montre bien tout l'intérêt pour les peuples de tout faire pour préserver la paix. Les 30.000 soldats dont une écrasante majorité d'appelés du contingent et les centaines      de milliers d'Algériens tués sont là pour nous le rappeler.               Le 6 mai dernier, 53% d'électeurs ont élu à la présidence de la République Nicolas Sarkozy. Depuis ce jour maléfique, notre peuple ne cesse de souffrir, de s'enfoncer dans la misère. Depuis ce      coup de tonnerre, tout ce que compte notre pays de réactionnaire, de fascisant relève crânement la tête. Les nostalgiques des guerres coloniales, les anciens tueurs de l'OAS, encouragés par les      propos et le soutien inconditionnel que leur apporte Nicolas Sarkozy ont paradé sous l'Arc de Triomphe en toute impunité. 
      En faisant allégeance à la désastreuse et ruineuse politique guerrière, de croisade et néo coloniale de Georges Bush, Nicolas Sarkozy fera intervenir l'armée française partout      dans le monde où l'intérêt des Etats-Unis l'exigera. Les endroits "chauds" où les soldats français interviendront se solderont par de nouveaux et sanglants massacres. Il est donc plus      que temps, dans l'intérêt de tous les peuples, y compris du peuple français de rompre avec cette politique, héritage de la honteuse époque coloniale.       Jacques Tourtaux   

                                                                                        MOUZAIAVILLE

http://www.jacques-tourtaux.com/pages/livres-de-l-auteur/guerre-d-algerie-souvenirs-d-un-appele-anticolonialiste.html#AaRb4K1eJTc4sHP4.99

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Date de dernière mise à jour : 26/07/2017

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