Le 25ème BCA et la 405°UFO

 Le  25ème BCA et la 405°UFO

Rien sur l'unité 405 de la Force locale

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Merci de me dire par un petit mot en fin de page, ce que vous avez  appris sur votre régiment et de cette force locale de l'ordre Algérienne constituée vers le début avril 1962, que vous ne saviez pas.

lien -- http://www.ina.fr/audio/PHD94017840   sur passation de pouvoirs de la Force Locale 21/04/1962

Audio a écouter de la 8 minutes a la 11 minutes, ce qu'on peut voir sur www.ina.fr/video/CAF90002960

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" Nous aimerions savoir, pour notre devoir de mémoire, si les informations

que nous avons obtenus en 2013 sur notre camarade de la Vienne,

(voir ci-dessous)  se serais pas passé ailleurs aussi  dans d'autres unitées,

dont nous n'avons aucune information précise a ce jour pour cette période?"

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Copie de documents officiels )

Rousseau Jean Claude (86)  libéré de ses obligations légales le 1-5-62  

Maintenu sous les drapeaux le 1-5-62

Muté à  la 470 UFL à compter 1-4-62     Porté disparu   depuis le  2-7-62

Muté  CAR     101          23- 8- 62

Pris en compte   CAR  101 a/c   le 1-9-62   D.M  N°17903/ES CA/CH/ (illisible) en  date du 23-8-62

Affecté   CAR  4 Bordeaux  a/c du  1-9-62                                                       

Rectificatif à l’OM N° 18903/23 CA CH /p en date du 23- 8-62 a l’affectation à la CAR 101

Affecté  CAR/1   a/compter  du 26 -9-62   A.M 9105  ( illisible)  du 26-9-62

Déclaré décédé le 2- 7-62   Par jugement rendu le  18-6-63 par le TGI de Poitiers

 Jeune soldat courageux et dynamique de la 470ème compagnie de la force locale stationnée

à Reibell  (Algérie)  Le 2 juillet son unité ayant été encerclée par des éléments rebelles,

a fait preuve d'abnégation et d'un mépris total du danger en refusant de se laisser désarmer.

A éte tué aucours du combat qui s'est engagé 

Merci aussi, de me dire  si vous savez autre chose,  sur cette période transitoire de Mars 1962 à l'indépendance de l'Algérie 

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Yvon priou pour site

Dans cette période un décés ;

 RANCHON Prénoms : Roger Louis Régis Conflit : Guerre d'Algérie Grade, unité : Caporal - 25e B.C.A.  [Infanterie] - B.C.A. Bataillon de Chasseurs Alpins

Date de naissance : 15/05/1941
Département ou pays : 
Commune de naissance :
Genre de mort : Autre… Mention Mort pour la France : Pas d'information ?
Date du décès : 30/07/1962
Département ou pays : 9352 - Algérie

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Sur le Piton  290

GUERRE d'Algérie

NICE NOVEMBRE 1987

Je suis parti pour l'Algérie, le 12 Mai 1960, après une courte permission de 5 jours. J'ai embarqué sur le Sidi Bel Abbes, vers 16 heures (c'était le jour du lancement ou de l'inauguration du paquebot "France" par le Général de Gaulle, le Président d'alors). Là, je me suis trouvé tout seul au milieu d'un tas de gars, aussi seuls que moi, il y avait des soldat provenant de tous les Corps d'Armée : Marins, Armée de l'Air et de Terre, gradés et 2ème classe comme moi. La traversée dans la cale fut mouvementée dans mon transat et je ne parvenais pas à dormir. Le bruit des vagues et, surtout, l'odeur malsaine des vomissements de ceux nombreux qui ne supportaient pas le voyage. Alors, je montais sur le pont pour changer d'air et, après 20 heures de ce va-et-vient, dans la journée du 13 Mai 1960, j'atteignais enfin Bone, tout heureux de descendre à terre, mais un peu perdu pour rejoindre le camion qui me conduirait à La Calle, au 25ème B.C.A. Après deux jours d'attente à la sardinerie de La Calle au bord de la superbe plage, je connus mon affectation définitive.... Roum El Souk à une vingtaine de kilomètres. J'essayais aussitôt d'avoir des renseignements sur ce bled, mais tous les anciens de La Calle ne savaient pas exactement, pour n'y être jamais allés, ce qui m'attendait. Le long de la route pour Roum El Souk, après El Frin, nous découvrions bientôt la source de nos préoccupations. A Roum El Souk. Je retrouvais le Caporal Clément Gui (j'étais à Jausier avec lui), parti 15 jours avant moi et qui s'occupait du magasin d'armes, qui m'a remis aussitôt un vieux "Mas 36" et mon barda complémentaire. je suis parti dans un des nombreux blocs où j'ai passé la nuit qui a été relativement calme (quelques tirs d'armes automatiques, mais rien de grave). Le lendemain. Je grimpais sur un "G.M.C." tractant une remorque d'eau et, une fois installé, le chauffeur me dit : - Tu vas à "290" .Sur un piton ! Le temps était à la pluie. Le "G.M.C.", le chauffeur et moi passions la porte du réseau et nous engagions sur la route parallèle à ce dernier. A 800 m, le chauffeur me dit : - Ça, c'est le "219" ! C'est le piton d'après ! Suivant la route et le réseau, nous parcourûmes environ 1,5 km avant d'atteindre la piste très raide, menant à "290". Le camion et sa citerne patinaient. J'arrivais au terme de mon voyage. Le Chauffeur m'indiqua le Poste de Commandement. Avec mon barda et mon "Mas 36", je me présentais à l'Aspirant "appelé" auquel je dus donner mon curriculum vitae. Puis, il m'emmena faire la tournée des pièces d'armements à notre disposition. Je remarquais les tenues de toutes sortes sauf militaires que portaient mes camarades. Puis, chaque pièce tira plusieurs coups au fur et à mesure de notre progression avec l'Aspirant. C'était très impressionnant : c'était de toute évidence un piton puissamment armé. Je notais au passage un gros phare anti- aérien et sa génératrice, télécommandé depuis le toit du Poste de Commandement : un char-obusier, un mortier de "4P2", un mortier de "60", un canon de "75" sans recul, deux de "12,7" sur affût et plusieurs mitrailleuses de "30". Nous étions une trentaine d'hommes sur le piton, répartis dans trois blocs en plus du Poste de Commandement, construit, ce dernier en dur, ainsi que le bloc "Nicole". Le bloc "Renée" était fait de troncs d'arbres et de sacs de terre. Quant à moi, on m'avait assigné le bloc "Brigitte", près du phare et de sa génératrice : c'était le plus vilain car il était assemblé de 6 plaques de hangar avec des sacs de terre au-dessus (mais cela passait en priorité pour une construction en dur, semblable au bloc "Nicole").

Mes camarades de chambrée étaient Sarahoui, Moussier, Lamy (on l'appelait ainsi parce qu'il venait de Lamy), Vacherau, un Caporal-Chef responsable du phare, les deux servants de l'obusier et surtout mon ami Michel Guinchard qui est devenu un frère pour moi (je le vois une fois par an à peu près). Nous étions 8 dans le bloc. J'étais chargé, avec Michel et d'autres, de prendre la nuit de garde : 2 - 4 - 5 heures à la télécommande et le jour d'assurer le"chouf"pour une demi-journée : le tout se passait sur le toit du Poste de Commandement protégé par 3 rangées tout autour de sacs de terre. En dehors de ces activités, nous construisions des réseaux de barbelés autour du piton, des gabions. Nous traînions des troncs de chêne-liège, nous remplissions les sacs de terre, nous coupions la garrigue et, toutes les 3 nuits, nous partions en embusades, armés d'un fusil mitrailleur, de 2 "P.M.", de grenades et d'un talkie-walkie à 2 ou 3 hommes, au "P.K. 221", le long du réseau et, la première fois que je suis allé, cela m'a aguerri car les "fels" tiraient au mortier, armes automatiques et bengalors placés le long du réseau. Je devais vite m'y habituer ! En effet, cette nuit-là, des rebelles ont passé le réseau, la herse composée d'une "A.M." et d'un half-track avec laquelle nous étions reliés par radio, ainsi que tous les pitons et à laquelle nous faisions des appuis de lumière avec le phare. Les "fels" qui avaient pris place deux blocs après nous, ont attaqué l'half-track. Bilan : 5 victimes, 1 seul survivant. Jusque là, les "fels" agissaient surtout la nuit et, ensuite, cela devint plus général. C'est le jour que nous avons été harcelés le plus sérieusement, à part certaines nuits très chaudes et mémorables que je décrirais plus loin. Le jour, nous avons vite été contraints d'abandonner nos activités car, toutes les 2 minutes, nous recevions des obus de "81" tirés par un ou plusieurs mortiers placés bien en arrière du réseau, derrière la colline "315". L'Aspirant avait été libéré et remplacé pour commander par l'Adjudant Aptel. Puis, un jour est arrivé sur le piton un Niçois, Antoine Péglion. C'était un gars un peu fluet et lors d'un travail au trou à ordures, il a été fauché par une rafale de fusil mitrailleur. Carceller, Maurin et Michel étaient près de lui, en train de creuser le même trou et Michel l'a accompagné au Poste de Commandement, à l'Infirmerie et il est mort là, d'une balle, en pleine gorge. Ce fut pour moi la première victime de cette guerre (j'aurais dû être avec eux, j'étais de repos devant partir en "perm" le lendemain). Après ma libération, une messe-anniversaire a été dite à Berre-Les-Alpes. Je m'y suis rendu je suis allé au cimetière. J'ai fait la connaissance de la famille, mais hélas , ma version des faits ne correspondait pas à celle de l'Autorité Militaire. J'étais sur le "290" depuis 10 mois. Entre temps, le bloc-phare ("Brigitte") était construit, le foyer aussi, un bull était venu pour réaliser une drop-zone. On avait agrandi le Poste de Commandement et construit une dalle dessus, les obus et les harcèlements continuaient périodiquement de jour comme de nuit. Puis, nous avons vu arriver un "40 beaufort", et nous avons repris les serpes et les demi-lunes pour dégager une piste menant jusqu'à l'emplacement prévu pour l'installation de la pièce. Il existait un "B.M.C.". Une fois, il est venu à "290" mais, quant on a vu les 4 matrones Arabes qui descendaient du "4 x 4", nous avons réfléchi : seuls quelques "gars du pays" en ont profité. Nous partions toujours en embuscade, à 2 ou 3 au "P.K. 221", mais un réseau pré-alerte avait été installé par le Génie, en avant du réseau électrifié, nous nous sentions moins en danger. Celui-ci était parsemé de mines éclairantes et bondissantes et, cette nuit, mon copain Uteza se trouvait au "P.K. 221" avec 2 Arabes et une mine éclairante a sauté. Aussitôt, les coups de feu sont partis aussi bien du côté "fel" que du petit bloc du "P.K. 221". Mon copain Michel, qui se trouvait à la télécommande du phare, a fait allumer celui-ci et a pu voir, dans les jumelles de la télécommande, les "fels" qui avaient franchi le réseau. Aussitôt, Michel prit contact par radio avec le bloc "embuscade" où mon copain était sur le point de se replier. Puis, Michel ballada le phare vers la droite et découvrait, avec stupeur, 250 "fels" debout dans les réseaux électrifiés, cachés derrière les poteaux dudit réseau. L'alerte donnée, nous avons fait feu de toutes nos armes. Moi, j'étais à la "12,7" du bloc "Brigitte". Après 8 heures de combat, nous avons pensé à un assaut final mais les chars, les "A.M." ainsi que les half-stracks, sont arrivés, empêchant ainsi la prise de "290". Des grenades à la main, 

, nous attendions les électros du Génie qui sont venus avec 4 half-stracks pour réparer le réseau. Nous leur avons fait un appui-lumière, puis le jour s'est levé et nous sommes allés voir les dégâts. Les "fels" avaient eu de nombreux blessés, mais nous n'avons trouvé aucune victime. Cette nuit là, les "fels" ont franchi le réseau, mais pour passer en Algérie des machines à écrire, des transistors et tous objets de valeur, pendant que la moitié de la bande regagnait la Tunisie. Pendant cette opération il s'en déroulait une autre à Roum El Souk tout aussi meurtrière puisque le lendemain j'apprenais la mort d'un autre Niçois, fauché par un obus de mortier et dont la famille est très connue à Nice ; il s'agit de la famille Gantelme. C'était un camarade très sociable toujours prêt à se marrer qui réconfortait facilement ses copains. D'une gentillesse à toute épreuve, très blagueur, nous rigolions souvent car il nous racontait, et nous mimait ses rencontres passées avec des filles. Bien qu'étant à 290 je connaissais et le côtoyais à chacune de mes descentes vers Roum El Souk. J'en éprouvais de ce fait beaucoup de tristesse ainsi qu'un certain abattement. Mais il fallait tenir le coup à tout prix (je pensais aller voir la famille à mon retour, mais je manquais de courage). Les harcèlements se poursuivaient, mettant le feu partout sur "290". Je ne compte pas le nombre de fois où on a été obligé de déplacer le canon de "75", les "2" de "12,7" et même l'obusier. La patrouille de T6 qui survolait deux fois par jour a eu un appareil abattu, le pilote a sauté en parachute derrière les réseaux et nous avons pu le récupérer sain et sauf. Le "Piper" (en relation avec notre radio), qui surveillait la frontière, était une véritable écumoire : cela se voyait à l'oeil nu. Il y avait aussi des "B 29" qui bombardaient dès que les renseignements étaient douteux et, ensuite, des "Nord Atlas" qui, la nuit, nous larguaient des fusées éclairantes car le phare ne pouvait fonctionner que 15 minutes consécutivement. Nous faisions des vacations radio avec la herse, toutes les heures. Près de "219", le Lieutenant Vernet commandant la 4ème Compagnie, accompagné de son chauffeur et d'un sergent de carrière, roulaient en Jeep le long du réseau qui avait pris feu et le sergent, assis dans la Jeep, lançait tout en roulant des grenades afin de souffler le feu. Une grenade lui a glissé des mains, la Jeep et ses occupants a explosé. Bilan : 3 morts. A mes moments libres, j'apprenais à lire et à écrire à Ben Abdel Malek qui me l'avait demandé : il parlait français. Puis, la quille est arrivée pour Michel, il était de "59,1A" donc il ne me restait plus que 6 mois à faire avec mon "classard". Nous étions des anciens et, petit à petit, notre travail diminuait, nous changeâmes de bloc pour nous installer dans un petit bloc mitrailleuse sous le phare. J'avais depuis longtemps troqué mon "Mas 36" pour un "Mas 49",puis pour un "P.M." puis, enfin, pour une carabine "U.S." : ancienneté oblige ! Entre-temps, un 3ème réseau avait été construit avec force engins. Le "père-cent" est enfin arrivé. Nous obtenions une permission de 48 heures pour rejoindre La Calle. Un bon repas bien arrosé, nous avons rejoint Roum El Souk où nous avons continué notre "fête". Le lendemain, nous sommes tous les deux, Uteza et moi, avec un "6x6" et son Chauffeur parti à "290". Et dans notre 3ème réseau, après nous être engagés sur la piste, nous avons entendu l'explosion d'une mine bondissante et pas fiers, peu confiants, nous avons découvert un gros cerf dans le réseau, les deux antérieurs sectionnés. Après l'avoir sorti du réseau avec mille précautions, nous avons été obligés de le partager avec le mess de Roum El Souk, le coin était très giboyeux : cerfs, biches, sangliers mais peu de chacals. Puis arrive sur le piton un Sergent-Chef pour remplacer l'Adjudant Aptel et, en plein jour, les obus ont commencé à pleuvoir. Le Sergent Lenoir a été tué, il y avait une dizaine de jours qu'il était là, un obus est tombé devant la porte principale du Poste de Commandement à 1 m de l'entrée. Le Sergent-Chef a été gravement blessé, ainsi que le radio. Pendant ce temps, la classe et moi étions montés au bloc "Renée" au "4 P2" Il n'y avait plus personne sur "290" pour asseoir la plaque de base du mortier : seul la classe savait le faire (il fallait bien doser le mélange de pierre de gravier de sable et de terre). Moi,je me retrouvais "tireur" ,je notais de la part de mon élève Ben Abdel Malek qui lisait presque une page sans se tromper. Par contre, l'écriture était laborieuse, mais je gardais espoir. En arrière du réseau électrifié à une distance approximative de 2000 mètres se tenait un poste tunisien, en temps normal occupé par l'armée tunisienne et par les "fels" à l'occasion où ils s'y réfugiaient pour le mettre à l'abri de nos tirs. Nous étions en permanence tenus de surveiller, surtout le jour, les allées et venues du personnel affecté à ce poste. Puis un jour, le Caporal, dont je tairais le nom nouvellement promu au 4 P2, m'a sommé de tirer sur le poste tunisien à l'aide de la pièce la plus efficace du piton. Constatant son état d'ébriété j'ai refusé, conscient de la réplique des Tunisiens, qui ne possédaient que deux mortiers de 81, mais, ajoutés à ceux des "fels" pointés en permanence sur le piton, devenaient une menace certaine. Puis devant les ordres et la peur du Conseil de Discipline, j'ai finalement cédé. J'ai simplement demandé à la soute une charge de 5 au lieu de 6 qui a eu pour effet de raccourcir le tir, de mes 5 obus. J'ai été consigné pour 2 mois sur le piton. En effet, nombreuses étaient les plaintes déposées par la Tunisie prétextant avec raison l'incident diplomatique. (Le Caporal a été muté à Roum El Souk avant que se termine ma consigne). Puis arriva sur le piton le Lieutenant Guérin. Il m'ordonna de prendre la responsabilité de l'Infirmerie : une manière comme une autre d'avoir la planque, du moins le pensais-je. Encore 3 mois de galère ! J'avais quelques notions, comme tout le monde, mais plutôt moins que plus. Je potassais le manuel de l'Infirmier, j'appris sur le tas à réaliser des pansements et à soigner des coliques avec force "pastis". Je dormais au Poste de Commandement. Un jour où les "fels" nous envoyaient des obus de "81" toutes les deux minutes environ, un command-car de l'Artillerie arriva. Le Capitaine, équipé de sa radio, voulait suivre sa trajectoire au radar et, ainsi, régler le tir de l'Artillerie basée à 4 kms derrière nous. Il y a eu des salves de canons de "155" mais rien n'y fit : les "fels" continuaient de plus belle. Puis, un obus de "81" tomba devant la porte extérieure du Poste de Commandement, le lieutenant fut grièvement blessé, mais refusa ma piqûre de morphine. Je me contentais de le panser et de le faire évacuer. Vint la nuit du 29 au 30 Septembre 1961. Je me trouvais au Poste de Commandement. Le lieutenant était de garde car nous avions reçu des renseignements confirmant une nuit chaude. Et elle fut chaude . Vers 23 heures, nous essuyâmes des tirs d'armes automatiques et, aussitôt après, des obus de "81" au moins 5 mortiers nous tiraient dessus. On répliqua aussitôt. Soudain, le tireur du canon de "75" alerta le Poste de Commandement : il avait reçu un éclat dans la jambe. Je courus, ma trousse à la main, à travers la drop-zone mais un obus tomba à proximité de moi, me souffla. Je tombais en m'arrachant l'ongle du pouce de la main gauche. Je me relevais et rejoignais le canon de "75" Le tireur (je ne me souviens pas de son nom, je sais qu'il était Marseillais !) avait encore l'éclat planté dans le gras du mollet, j'essayais de lui enlever mais pas moyen d'y toucher sans qu'il hurle de douleur. Je le fis donc évacuer, l'éclat dans la jambe, par une Jeep dès que le harcèlement cessa (ça me valut plus tard une Citation à l'Ordre de la Brigade). 

J'étais arrivé à 15 jours de la    quille quand on m'envoya à Roum El Souk. Nous quittions, Uteza et moi, à    regret nos camarades qui avaient organisé une fête en notre honneur, je ne    devais jamais plus revoir le"290". Je rentrais au Mess des    Officiers, à Roum El Souk comme Cuisinier et, 2 jours avant la quille, on    me laissa en paix. Je ne pense pas, comme disent certains, que nous    faisions du "maintien de l'ordre" en Algérie, mais je me    souviendrais longtemps de nos camarades qui ne sont pas revenus. J'ai    embarqué à Bone le 28 Décembre 1961

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La route de Bône     .....J'ai passé vingt-trois mois en Algérie, de septembre 1960 à août 1962 à la 2e compagnie du 12e BCA dans El Frin. De ce village, situé au sud de Doum el Souk, jusqu'au Tarf, jour et nuit nous montions la garde le long du barrage électrifié pour nous opposer aux passages du FLN venant de Tunisie vers l'Algérie. Le QG du bataillon était stationné à Blandau, plus à l'ouest sur la route de Bône. Ce n'était un secret pour personne, là, siégeait le 2e Bureau dirigé par un lieutenant de carrière. Un sanglier capturé dans le djebel était le locataire permanent du réduit puant dans lequel étaient jetés les prisonniers " interrogés ". C'est également à Blondan qu'opérait le commando de chasse du 25e BCA, constitué d'appelés, de harkis et de ralliés. Des membres de cette unité de choc se faisaient une gloire de se vanter de leurs sinistres exploits. Lorsqu'ils " sortaient " en opération, ils devenaient une véritable meute sans foi ni loi.

A défaut d'avoir des renseignements sur cette unité de force locale  405 et ( Commentaire ci-dessous d'un ancien du 25° RCA pris sur le Web)

Quelques moments forts, avec l’indépendance qui nous clouera durant 3 jours dans le camp, retranchés à IGHZER-AMOKRANE, sans ravitaillement, alors que l’armée algérienne manifestait sa joie en tirant dans tous les sens. Le convoyage des familles de harkis dans les gorges de KERRATA, à grande vitesse. Les familles avaient été chargées à Constantine ; les enfants en bas âge étaient revêtus d’un sparadrap sur la bouche, les empêchant de pleurer. Les camions bâchés hermétiquement, il s’agissait officiellement d’un convoi de munitions. Avec les GMC cela allait, mais avec les SIMCA, nettement plus rapides, nos AM avaient du mal à suivre ; dans la tourelle, il fallait s’accrocher ! Les fellaghas disposaient des barrages ici ou là, avec des bidons dont l’espacement ne permettait pas à un camion de passer. Pour empêcher tout contrôle, il fallait forcer le barrage car il n’était pas question de s’arrêter. Arrivées au port de Bougie et toujours sous notre protection, ces familles, la peur au ventre, pouvaient enfin respirer, pris en main par les officiers de la Royale.

 

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Date de dernière mise à jour : 09/05/2017

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