La 472 UFO avec le 23ème RA

La 472 UFO avec le 23ème RA

En mai 1962, le 117e RI laisse la place au 23e Régiment d’Artillerie.

Depuis le cessez-le-feu, le FLN avait établi des camps dans la région. Un commandant du 23e RA  avait été reçu dans l’un d’entre eux de façon parfaitement amicale.

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 Une unité de la Force Locale, la 472e UFO  (du 23ème RA) se trouvait là.

 (copie)

Rien dans les journaux, et pourtant : Un informateur musulman vint signaler au quartier, que des femmes étaient séquestrées dans une villa et contraintes à la prostitution. Une action fut engagée aussitôt. Le commandant T. n'y a pas participé et pour connaître le détail de ce qui s'était passé, nous nous sommes adressés au colonel G. (alors lieutenant) qui prit une part active à l'opération. Comme précédemment le commandant avait été informé par un harki, différent du premier, et qui lui inspirait moins confiance. Aussi, jugea-t-il opportun de recommander une grande prudence à ses hommes. Toutefois, le renseignement se révéla bon et les militaires du 12e B.I. furent accueillis par des coups de feu devant la villa suspecte. Celle-ci était située dans le quartier du Beau Fraisier, près d'un bidonville appelé parfois Campagne Macone à Montplaisant. La fouille allait commencer après que l'édifice ait été encerclé par la troupe et que cinq hommes et une femme, tous Musulmans, aient été tenus en respect. Toutefois, contrairement à ce qui s'était passé le 29 mai, les choses tournèrent mal; la fusillade reprit. Un musulman porteur d'un pistolet automatique fut abattu. Tandis que les éléments de la 3e et de la 4e compagnie entraient et fouillaient la villa, des musulmans se rassemblèrent à proximité. Une manifestation éclata. Une unité de la Force Locale, la 472e UFO se trouvait là.

Elle se mit ouvertement du côté des manifestants, bientôt rejointe par des ATO. Une situation extrêmement tendue se créa. La fouille avait déjà permis d'établir que la villa était un centre d'interrogatoires et de tortures. Elle révéla en outre que plusieurs cadavres étaient enterrés dans le sol en terre battue du garage. Deux corps furent exhumés, un homme et une femme, tous deux musulmans, selon la copie du rapport que le colonel G. nous a permis de lire. (un cadavre musulman et le cadavre d'une femme européenne selon le commandant T.). D'autres cadavres étaient ensevelis à cet endroit mais la fouille dut s'interrompre. Des incidents se produisirent en effet à l'extérieur. Le sous-lieutenant Daniele constatant que le cadavre de l'homme abattu et son arme avaient été emportés, se lança, seul, en direction de la foule musulmane pour les récupérer. Selon le colonel G., cet officier revenait de permission en Métropole et il avait mal assimilé les nouvelles consignes qui étaient de toujours rester groupés et de ne pas rechercher le contact avec les éléments indigènes. Les manifestants musulmans se mirent à lapider le sous-lieutenant qui, gravement blessé, s'effondra.

Yves Danière, Sous-lieutenant au 12e B.I., Chevalier de la Légion d'Honneur, Mort pour la France le 5 Juin 1962 à Alger à l'âge de 28 ans.

( suite a cet incident ? Beaucoup de harkis du 12ème B.I  furent tués le 1er Juillet -  Sur 70 harkis qui servaient à Tablat, B. affirme qu'il n'y a que 10 survivants - Témoignages dans"Guerre d'Algérie Jour aprés Jour")

Un des ATO se dirigea alors vers lui et l'acheva d'une rafale de PM. Une fusillade éclata entre les hommes des 3e et 4e compagnies d'un côté, les ATO et l'unité 472 de l'autre. Le 146e RI qui se trouvait là tira par erreur sur le 12e BI. La fusillade dura une demi-heure avant qu'à la voix, sifflet, par mégaphone, le lieutenant n'obtienne l'arrêt du feu. Les gendarmes vinrent ensuite enlever les corps.

Un très grave incident venait de se produire ayant entraîné mort d'hommes. Le cessez-le-feu avait été rompu. Un officier français avait péri. En outre, des A TO et des membres de la Force Locale étaient impliqués dans un affrontement avec l'Armée française. Le lieutenant G. nota que la 472e UFO n'aurait pas dû se trouver là, à l'heure des incidents. Par conséquent, les ordres du commandant du quartier avaient été négligés. C'était un acte d'indiscipline grave. Aucune implantation d' ATO à Beau Fraisier n'était en outre indiquée sur les organigrammes. Le comportement de ces unités étaient donc anarchique et dangereux.

Alors qu'il avait été félicité par le général commandant la Zone Alger Sahel après la découverte du charnier de Frais Vallon, le commandant T fut cette fois consigné. Il ne put regagner son bataillon après le soir. Ses supérieurs, les généraux Capodanno et Fournier, lui firent comprendre que cette fois-ci, il y avait eu rupture de cessez-le-feu et mort d'un officier et que ceci posait de graves problèmes. Tout en lui annonçant qu'il allait être placé en position avantageuse pour passer au grade de colonel, les deux responsables annoncèrent au commandant que le 12e BI ne pouvait être maintenu dans le sous-secteur serait déplacé pour ne pas accroître les tensions. Tout en louant son souci de vouloir protéger ses compatriotes, on lui intima l'ordre de se rendre à Courbet Marine, sur le littoral. Le commandant T. gagna donc ce cantonnement. Quelques jours plus tard, il vit arriver la Sécurité Militaire qui se mit à interroger, sans aménité, ses soldats et ses officiers. Le colonel G. nous a déclaré qu'il était convaincu que la décision d'éloigner le 12e BI était déjà prise depuis le 22 mai et avait peu à voir avec l'incident du 5 juin. Or, cette date du 22 mai est très importante car elle correspond à celle du contact établi à Rocher Noir par les autorités françaises avec Omar Oussedik. Selon le récit de Si Azzedine, celui-ci avait obtenu que certaines unités et certains officiers soient éloignés d'Alger. Il semblerait dès lors, que le 12e B.I. était déjà sur la liste noire du FLN sans doute en raison de son application peu complaisante des clauses du cessez-le-feu et de la préoccupation de son adjoint opérationnel devant les enlèvements d'Européens.

Le commandant T. que ses fonctions amenèrent à assister aux "briefings" de l'Etat-major de la Zone Alger-Sahel sous la direction du général Capodanno et du colonel Fournier nous a assuré que lors de ces réunions, la question des enlèvements n'avait jamais été abordée par le commandement. C'est lui et le Chef de bataillon Rolet du 23e RIMA qui soulevèrent ce problème auquel ils sont sensibilisés. Le commandant T. nous a affirmé (dans notre entretien enregistré) que la réponse qui leur fut faite était invariablement la même: le respect du cessez-le-feu doit primer. Voici le dialogue que nous avons eu avec le commandant sur ce point :

" J.M. : Vous assistiez aux conférences de la Zone Alger Sahel ?

Commandant T: : Oui.

J.M. : Vous faites allusion à cela dans notre témoignage (Au procès du capitaine Murat). Vous semblez dire que le commandement minimisait les enlèvements.

Commandant T. : Absolument.

J.M. : Est-ce qu'on en parlait souvent ?

Commandant T. : Non.

J.M : Est-ce vous qui avez soulevé la problème ?

Commandant T. : C'est moi qui ai soulevé le problème. Nous avons été deux sur six ou sept sous-secteurs, responsables du maintien de l'ordre, à dénoncer le problème des enlèvements. C'était moi et un colonel qui devait être à Maison-Carrée.

J.M. : Vous dites que lors d'une de ces conférences dAlger Saahel, un officier, un supérieur vous a dit que le cessez-le-feu avait priorité sur la protection des nationaux.

Commandant T: : On me l'a dit.

J.M : Ca a été dit dans ces termes là ? Ou à peu près?

Commandant T. : Oui.

J.M : Parce que c'est extraordinaire comme déclaration.

Commandant T. : Je me rappelle une phrase, mais alors vraiment. Parce qu'elle m'a fait mal. Un colonel (Rolet. NDLAJ peut-être celui dont vous m'avez parlé tout à l'heure,) a dit: il y a des harkis qui se font massacrer, il y a des Européens qui sont massacrés, qui sont enlevés et massacrés. Pourquoi ne nous laisse-t-on pas réagir comme nous le voulons ? Alors j'entends très bien le général Capodanno ou alors peut-être le colonel Fournier, un des deux, dire: "Ecoutez, nous quittons l'algérie, maintenant. Ce n'est pas maintenant qu'il faut sonner la charge et refaire la guéguerre" textuellement. Ca je me rappelle, mais vraiment. Je ne sais pas si les minutes, si les discussions étaient prises en sténo. Ce n'était pas le genre de l'Armée, je ne crois pas, mais cette phrase m'a frappé."

 Idem à Maison-Carrée: Dans la zone musulmane qui se trouve sur une colline à l'ouest de l'arrondissement, dans des cités appelées alternativement cités d'urgence, cités indigènes ou cités PLM, un commando de chasse du 2e bataillon du 23e RIMA, le commando "corail" s'installe à la fin avril, un mois après le cessez-le-feu. Le commando relève une unité du Train et après avoir été installés au Stade Zévaco, ses hommes prennent position en quartier arabe, à l'école Soustelle. Lorsque les "tringlots" ont quitté la zone, ils l'ont fait sous les crachats et les insultes de manifestants musulmans. L'arrivée du commando du 23e RIMA ne suscite aucun enthousiasme car le FLN a réclamé que la Force Locale vienne prendre ses quartiers là. La déception est vive de voir arriver des "marsouins".

Ces derniers imposent au secteur un couvre-feu sévère, le retrait des emblèmes algériens, et le rétablissement des patrouilles françaises vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il se trouve que les commandos de chasse bénéficient, par nature, d'une grande liberté de manoeuvre. Les officiers vont donc utiliser leur autonomie coutumière pour gêner le FLN. La relation qui suit est basée sur le témoignage du lieutenant-colonel C. (à l'époque lieutenant), chef du commando.

"Les accrochages avec le FLN furent fréquents dans le secteur et le commando n'hésita pas à user de représailles. Le lieutenant s'aperçut peu après son arrivée, que des Européens et des Musulmans étaient retenus en otages. Il en délivra une vingtaine dans ce quartier. Tous n'étaient pas des gens enlevés, il s'agissait parfois de personnes qui avaient un travail à cet endroit et que l'organisation nationaliste empêchait de repartir. L'un des Européens possédait un atelier de mécanique et les Musulmans avaient recours à ses services, pour leurs automobiles et pour l'entretien de certaines pièces d'hydraulique. Cet Européen fut finalement tué sans que les soldats ne puissent le sauver. Les deux autres, deux frères assez âgés tenaient un café. Le FLN les laissa exploiter leur établissement mais interdiction leur fut faite de quitter les lieux ou de se rendre en zone européenne. Secrètement, les deux hommes parvinrent à communiquer avec le lieutenant C.. Une date et une heure furent convenues et, au moment propice, les militaires investirent le café et ramenèrent les deux pieds-noirs, au grand dam des responsables de la kasma (section) locale. Le lieutenant ne se contenta pas de ces actions de protection, car ayant appris que Si Azzedine, venait parfois à Maison-Carrée pour y rencontrer ses cadres, il décida de monter une opération contre lui. Pour cela, il emprunta des chars au 1er RCA et il investit la cité HLM où il pensait trouver le chef de la Zone Autonome, mais les gardes du corps de ce dernier parvinrent à assurer sa fuite. Ultérieurement, le FLN organisa une embuscade de représailles contre le commando. Dans ce secteur, le cessez-le-feu était resté lettre morte. Chacun voulait en découdre.

 Si Azzedine ne manqua pas de se plaindre au Rocher Noir. Sa plainte aboutit. Le lieutenant, trop combatif au gré des autorités, fut remplacé par un autre officier. Mais, lorsque ce dernier vint prendre son commandement, les hommes du Corail se rebellèrent. Ils se mirent en sections, sans grades, et demandèrent à passer en Cour Martiale. Finalement, la troupe fut rendue au lieutenant C. et la mutinerie ne fut pas sanctionnée. Par contre, le commando fut retiré de la zone musulmane et placé en zone européenne au lotissement Beaulieu. Cette unité était constituée à 25% de harkis. A son retour en métropole, l'officier dut passer devant la Cour de Sûreté de l'Etat car il était impliqué dans une affaire d'aide à l'O.A.S. Bien qu'acquitté, il dut quitter l'Armée et changer de vie.

 Monneret, " la phase finale de la guerre d'algérie ",
l'harmattan, ISBN2-7475-0043-8

 

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GUILLEMOT Prénoms : Henri Joel Pierre Marie Conflit : Guerre d'Algérie Grade, unité : Capitaine - 23e R.A. (Artillerie)  [Artillerie] - R.A. (Artillerie) Régiment d'Artillerie 
 Complément : 3ème groupe Matricule, recrutement :
Date de naissance : 22/05/1930
Département ou pays : 9351 - Tunisie
Commune de naissance : Tunis
Genre de mort : Tué à l'ennemi Mention Mort pour la France : Oui
Date du décès : 11/01/1962
Département ou pays : 9352 - Algérie
Commune du décès : Messaâd-Djelfa (Dpt De Médéa) Lieu, complément : dans le secteur de Messaâd
Autres informations : Chevalier de la Légion d'Honneur Croix de la Valeur Militaire avec Palme - Commandant de quartier - Mortellement blessé par les fellaghas  en dirigeant son unité dans une opération de sécurité - Saint Cyrien de la promotion de LATTRE (1951-1953) -
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GUILLEMONT Prénoms : Valéry Conflit : Guerre d'Algérie Grade, unité : Canonnier - 23e R.A. (Artillerie)  [Artillerie] - R.A. (Artillerie) Régiment d'Artillerie [Appellation moderne du régiment à partir des combats en Algérie] Complément : Matricule, recrutement : ? - Valenciennes
Date de naissance : 05/09/1937
Département ou pays : 80 - Somme
Commune de naissance : Foucaucourt
Genre de mort : Tué à l'ennemi Mention Mort pour la France : Oui
Date du décès : 21/05/1959
Département ou pays : 9352 - Algérie
Commune du décès : Aumale Lieu, complément : Près de Médéa
Date de transcription : 15/06/1959
Département ou pays : 80 - Somme
Commune de transcription : Foucaucourt
Département ou pays inhumation: 9352 - Algérie
Commune inhumation : Maison Carrée Lieu inhumation : El Alia
Carré, rang, tombe : Tombe 118 carre25
Autres informations : Appelé du contingent - Mention Mort pour laFrance -  Domicilié à Lille (59)  -
 
****  Echo d'Alger du 11 juin 1959 **** 
Andrés Gélos  '"un de mes camarades a éte tué par son gardien au moment ou  nous allions etre délivrés"
Guillemont  du 23 RA qui été  prisonnier fut tué le 21/ 05/ 1959 le jour de sa libération par son gardien 
Le même jour de la libération  de André Gélos, Un chef de SAS
Nom : MONGAULT Prénoms : Philippe Conflit : Guerre d'Algérie Grade, unité : Lieutenant -   [Divers] - S.A.S. (Section) Section Administrative Spécialisée
Date de naissance : 11/05/1933
Département ou pays : 72 - Sarthe
Commune de naissance : La Chartre-sur-le-Loir
Genre de mort : Disparu Mention Mort pour la France : Oui
Date du décès : 21/05/1959
Département ou pays : 9352 - Algérie
Commune du décès : Brézina 
Autre information - En 1958, officier-adjoint au chef de l'annexe de la sous-préfecture d'El-Abiodh - Disparu le 21/05/1959 entre Brézina et El-Abiodh (Algérie) - Fait prisonnier au cours d'une embuscade et probablement exécuté quelques jours après par ses gardiens - Chevalier de la Légion d'Honneur - Croix de Guerre TOE - Croix de la Valeur Militaire (2 citations) - Médaille des nations Unies.Disparu entre Brézina et El-Abiodh, présumé exécuté par les Fellaghas.
 

Liste n 1

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Date de dernière mise à jour : 14/06/2015

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