La 452éme UFO avec le 22ème BCA

La 452éme UFO avec le 22ème BCA

Journal officiel des Armées   Dernières actions de combats du 22 B.C.A

3 novembre 1961 au 16 fevrier 1962     3 Mars au 8 Avril 1962

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" Nous aimerions savoir, pour notre devoir de mémoire, si les informations que nous avons obtenus en 2013 sur notre camarade de la Vienne,(voir ci-dessous)  se serais pas passé ailleurs aussi  dans d'autres unitées, dont nous n'avons aucune information précise a ce jour pour cette période?"

 

Copie de documents officiels )

Rousseau Jean Claude (86)  libéré de ses obligations légales le 1-5-62  Maintenu sous les drapeaux le 1-5-62

Muté à  la 470 UFL à compter 1-4-62     Porté disparu   depuis le  2-7-62

Muté  CAR     101          23- 8- 62

Pris en compte   CAR  101 a/c   le 1-9-62   D.M  N°17903/ES CA/CH/ (illisible) en  date du 23-8-62

Affecté   CAR  4 Bordeaux  a/c du  1-9-62                                                       

Rectificatif à l’OM N° 18903/23 CA CH /p en date du 23- 8-62 a l’affectation à la CAR 101

Affecté  CAR/1   a/compter  du 26 -9-62   A.M 9105  ( illisible)  du 26-9-62

Déclaré décédé le 2- 7-62   Par jugement rendu le  18-6-63 par le TGI de Poitiers

 Jeune soldat courageux et dynamique de la 470ème compagnie de la force locale stationnée à Reibell  (Algérie)  Le 2 juillet son unité ayant été encerclée par des éléments rebelles, a fait preuve d'abnégation et d'un mépris total du danger en refusant de se laisser désarmer. A éte tué aucours du combat qui s'est engagé 

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Tous  mes remerciements pour ces deux ouvrages complets, lisibles en cliquant

ISSUU - CHASSEURS EN KABYLIE 1 by LIEBENGUTH gérard

issuu.com/22bca/docs/chasseurs_en_kabylie

  ISSUU -  CHASSEURS EN KABYLIE 2 by LIEBENGUTH gérard

issuu.com/22bca/docs/chasseurs_en_kabylie

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 La 452ème UFO  du 22 ème  B.C.A

Copie)  Extraite  internet période transitoire

 Suite et fin du témoignage de l'Adjudant-Chef Jean-Marie Buquet

         La tenue, le 11 février 1962, de la réunion d’Évian, n’avait pas été pour calmer son angoisse.

À la suite d’un échange de propos assez vifs, tenus lors de la réception offerte par le Commandant Billottet, chef de la S.A.S. de Bezzit, en présence du sous-préfet de Bouïra, celui-ci en avait rendu compte au préfet de Tizi Ouzou, qui était intervenu auprès du général commandant la Z.E.A.. 

            Une arrestation, ou, tout au moins, une mise aux arrêts de rigueur, du Capitaine Gaston, avait été décidée. Il semble bien qu’il en ait été informé et que cela l’ait amené à brusquer sa décision. Immédiatement, le Commandant Bley, accompagné du Commandant Verborg, fait le tour des compagnies, où il réunit les cadres, officiers et sous-officiers, pour leur annoncer la désertion du capitaine et de ses deux compagnons, et exiger d’eux la promesse de respecter strictement les règles de la discipline militaire. 

            La 4ème Compagnie replie ses postes de Semmach et d’Aïssaoui sur Saharidj. Le lendemain, le P.C. de la compagnie déménage pour aller s’installer à El Adjiba.

 Mars 1962 -  Le 3 mars, une patrouille de la Harka de Takerboust accroche, sans résultat un petit groupe de hors la loi, à proximité du village de Selloum.  La 3ème Compagnie continue régulièrement ses séances d’entraînement à la montagne : ski et escalade, en même temps que ses patrouilles en altitude (le 4 mars au Ras Tigounatine). Cependant que la 4 fait connaissance avec son nouveau sous-quartier. 

            Le 6 mars, ont lieu à Tikjda, les examens de fin de la 20ème session du P.I.S.T.. La 2ème Compagnie participe à une opération sur Beni Hamdoune, le 7 mars. tandis que parvient l’annonce de l’ouverture de la conférence d’ÉVIAN. La 4ème Compagnie élargit sa zone d’action, et patrouille, le 14, en Forêt de Beni Mansour. Le feu est ouvert, de loin, sur deux individus qui circulent en zone interdite. Commencent les opérations de désarmement des groupes d’autodéfense éloignés des postes : cinq fusils de chasse sont repris aux habitants de Guendour. Les jours suivants, patrouilles et embuscades se multiplient, pour parer aux réactions que pourraient provoquer les pourparlers d’Évian.

            Le I9 Mars 1962 les compagnies sont mises sur pied d’alerte, dès l’annonce du “Cessez le feu.” Un petit groupe rassemble quelques officiers et sous-officiers de la 3ème Compagnie, le chef de la harka et quelques uns de ses hommes autour du poste de radio du foyer de Tikjda, qui vient d’annoncer la conclusion des accords d’Evian. On se regarde, sans rien dire. Puis le chef de la harka, ancien sous-officier de tirailleurs, tristement, dit au lieutenant : - Alors, mon lieutenant, on n’est plus Français ! de Gaulle y veut pas”.

             Partisan 4 neutralise le champ de mines d’El Adjiba et découvre que l’une d’entre elles a fonctionné; des traces de sang sont relevées alentour.

             Le 2I, une section du commando découvre le cadavre d’un fellagha, aux abords d’une cache piégée, sur le versant Ouest du Chapeau de Gendarme. La mort remonte à une quinzaine de jours. La tension monte dans les villages, que ne visitent plus nos patrouilles, au cours des jours suivants, entretenue par les agitateurs du F.L.N. qui viennent y développer leur propagande. Près de Guendour, des inscriptions barrent la route : “Vive le F.L.N. - Vive Ben Khedda”; à El Adjiba, la population défile derrière des drapeaux F.L.N.. À Beni Hamdoune, le Harki Adjaout Tahar déserte en emportant son arme.

             Au cours de la nuit du 2I au 22, un groupe de fellaghas oblige les membres de l’autodéfense de Tixeridene à lui remettre leurs armes de chasse.

            À Selloum, le 23, un groupe de hors la loi distribue des petits drapeaux F.L.N..

             Le 24, à Tarzout, alors que la 1ère Compagnie procède au ramassage des armes de l’autodéfense, manifestation de deux à trois cents personnes. Les membres de l’autodéfense tirent en l’air toutes leurs munitions avant de rendre leurs armes. Aux Ouled Bouali, près d’El Adjiba, se déroule une manifestation d’un millier de personnes, avec drapeaux. Une patrouille du G.M.S. 77 met en fuite un groupe de 20 fellaghas armés, entre Beni Hamdoune et Cheurfa. Il s’avère que le F.L.N. met à profit l’inertie de l’Armée Française, qui applique strictement les clauses des accords d’Évian, pour s’infiltrer dans toute une région dont la pacification l’avait exclu.

            Le 25, à Taourirt, des rebelles en uniforme et armés participent à un défilé d’un millier de personnes. Il faudra l’intervention de deux sections de la 4ème Compagnie pour disperser la foule. La Harka de Maillot et un scout-car de la C.C.A.S. doivent de même intervenir à Ouled Brahim et Raffour.  L’O.R. du Mizer, accompagné d’une escorte de Partisan 4, se rend à la cache du Chapeau de Gendarme, où quelques jours plus tôt le commando a découvert le cadavre d’un rebelle tué sur mine, et parvient à l’identifier : Slimani Belkacem Ou Chouch, originaire du Douar Tighrempt.

             Devant la multiplication des manifestations - mais que peut on demander aux populations que l’on abandonne, sinon de faire allégeance à ses nouveaux maîtres - le commandement décide de désarmer tous ceux à qui la France avait confié des armes pour se défendre, à nos côtés, contre la rébellion. C’est ainsi que le 26, les 1ère et 3ème Compagnies procèdent à la récupération des armes des autodéfenses de Merkalla, Tassala, Aït Krerouf, Aïn Allouane, Aougni, Tazmout, et Taougnit. Trente-deux fusils de chasse et huit fusils U.S.I7 sont ramassés. Dans l’ensemble du quartier du bataillon, de Bouïra à Maillot, de nombreuses manifestations continuent à se dérouler.
            La C.C.A.S. récupère six drapeaux F.L.N. aux portes de Maillot. 
            La Harka de Merkalla est désarmée le 27, par Partisan 4, ainsi que celle d’Irhorat et celle d’Aïn Allouane. Deux harkis du Village De Tixara ont déserté au cours de la nuit, emportant un fusil semi-automatique et deux P.M. Mat 49. À I7 heures, un défilé qui regroupe quinze cents personnes, marche en direction de la S.A.S. d’Irhorat, hurlant des slogans anti-français. Deux sections de la 1ère Compagnie doivent intervenir, soutenues par un peloton d’A.M. du I9ème R.C.C., et tirer par dessus les têtes pour stopper la marche. Dans Maillot même, une tentative de manifestation est stoppée par une section de Partisan 4 et les scout-cars de la C.C.A.S. Les lignes téléphoniques sont sabotées au cours de la nuit du 27 au 28. 

            Le 28, la Harka de Maillot est désarmée. Le village de Selloum accueille trois hommes en armes. Une bande de douze parcourt le village de Beni Hamdoune, en invitant la population à faire déserter les engagés et les appelés algériens. Une importante manifestation, partie de Merkalla et grossissant au fur et à mesure qu’elle traverse les villages de la plaine, se dirige, drapeau F.L.N. en tête, vers Guendour. Le service d’ordre de la 1ère Compagnie tente vainement de les disperser, et doit faire usage de ses armes. Quatre manifestants sont blessés. L’un d’eux mourra des suites de ses blessures. 

            Le 3I, la 1ère Compagnie désarme l’autodéfense de Tarzout. Un P.M. Mat 49 et neuf fusils sont repris aux harkis de Sidi Salah.. La 3ème Compagnie, sur son piton, est à l’écart de cette effervescence et poursuit son entraînement montagne. Ce jour là, huit cordées sillonnent le Massif du Reynier. Au Sud de Saharidj, la 4 assiste à un défilé d’un millier de personnes. Contact est pris, au Nord-Ouest de Maillot, par une patrouille de la C.C.A.S. avec un groupe de quatorze hommes de l’A.L.N., dont deux sergents-chefs, armés d’un fusil-mitrailleur et d’armes de guerre. Le chef du détachement indique que celui-ci est basé à Beni Ikhlef, et qu’il se rendait a Takerboust. Après palabre, le groupe retourne à sa base. Il a été décidé d’un rendez-vous pour le lendemain matin, afin de mettre au point un modus vivendi. Le Chef de Bataillon Bley et le Commandant Verborg vont le lendemain au rendez-vous, qui ne donne aucun résultat positif, les directives de l’A.L.N.différant totalement des nôtres, principalement en ce qui concerne les déserteurs. Le seul renseignement obtenu est que cette troupe appartient au Secteur 323/I.  

            Au cours des derniers jours de mars, 1962,  le Capitaine Gaillard, commandant la 4ème Compagnie, suspecté par le chef de corps de sentiments favorables à l’O.A.S., a été arrêté et dirigé sur Paris. Il est remplacé, à la tête de la 4, par le Lieutenant Bridey. Le Capitaine Faure, muté au I4ème B.C.A., est remplacé au commandement du Mi-Secteur Haïzer, par le Capitaine Charles Angelini. En quinze jours à peine, six années de combats et de travaux, de fraternité d’arme avec les harkis, d’aide et de compréhension amicale avec les populations locales, ont été effacés. Le seul témoignage qui en reste est la longue liste des noms gravés dans la pierre du Monument aux Morts du Bataillon, dans la cour de
la Ferme Porcher.

 Avril  1962

            Le 2 avril, quinze cordées de la 3ème Compagnie sillonnent le Reynier et le Ras Timedouine. Un peu partout, on commence à démonter les réseaux de barbelés des petits postes et leurs lignes téléphoniques.

             Le 6, le Chasseur Laborderie, de la C.C.A.S., accidentellement blessé par arme à feu, est évacué par hélicoptère sur l’hôpital de Tizi Ouzou. 

            Le 7, l’élément de la 1ère Compagnie, qui était demeuré à Merkalla, quitte le poste, après démontage de l’infrastructure. Des hommes du F.L.N., en armes, sont signalés dans le Douar Haïzer, entre Merkalla et Irhorat, où se déroule une manifestation. Quelques désertions se produisent parmi les appelés F.S.N.A.

             Le 8, le Caporal Boudjaoui, de la C.C.A.S, disparaît avec un P.M. Mat 49. Le 9, à la 1ère Compagnie, Telli Ben Ali emporte un P.M. et un fusil U.S. Garand. La 2ème Compagnie abandonne la maison cantonnière de Dra El Khemis, pour s’aller cantonner à El Adjiba.

            Le 11, c’est au tour de la 4ème Compagnie de quitter El Adjiba pour s’installer à Dra El Khemis. Le même jour, le poste de Tirilt M’tilguit est replié sur la Ferme Porcher.

 

 Au cours des jours suivants la 4 reçoit un important contingent d’appelés F.S.N.A.

 Le I5, elle prend l’appellation de 452ème U.F.L. (Unité de la Force Locale), dont le Capitaine Angelini prend le commandement.  La force Locale regroupe un certain nombre d’unités du même type, essentiellement composées d’appelés musulmans, qui, dans l’esprit du commandement, sont destinées à être intégrées dans la future armée algérienne. 

Les deux premiers jours sont marquées par la désertion de Ben Tayeb le I6 et de Laoudj Benameur, le I7, et la disparition de leurs armes. Les 20, 2I, 22 et 23, arrivent de nouveaux détachements, en provenance des 77ème et 80ème C.R.D. et du 61ème R.A.A., ainsi qu’un sous-lieutenant français-musulman, Derriche Mustapha. Une manifestation, avec grève de la faim, vient en troubler le bon ordre le 25 avril. Le calme revient, dans la soirée, après intervention du Commandant Bley. 

         Et, le 28, la 452ème U.F.L. est présentée au colonel commandant le secteur, accompagné du sous-préfet de Bouïra.

          L’activité du bataillon prend une orientation nouvelle. Patrouilles de présence, instruction montagne, garde au dépôt de munitions, tirs, démontage des baraquements des petits postes isolés, reversement des matériels et de l’armement superflus. 

            Le 25 avril, le Chef de Bataillon Bley rassemble le bataillon en entier - quatre cents hommes- au sommet du Lalla Khedidja - 2308 mètres - encore enneigé, après une marche convergente des unités sur trois itinéraires. Les compagnies du mi-Quartier de Maillot rejoignent Saharidj sur véhicules. De là, la C.C.A.S. emprunte la piste qui, par Aïn Taliouine, rejoint le village d’irzer, pour se trouver devant 1a paroi Sud du Djurjura, haute de 950 mètres, dont elle atteint le sommet à la cote 1915. puis, par les crêtes, I856, 2078 et 2I40, elle arrive au sommet. La 2ème Compagnie reprend la trace de son combat du 2 octobre 1959 par Tala Rana, Tala Roumrourene et 2058. La 1ère Compagnie , débarquée à Tikjda, prend la file derrière la 3, sur la route du Tizi N’kouilal, par le Col de l’Akouker et le Tizi Boussouil. Toutes deux rejoignent le sommet par 20I8 et 2I40. Le regroupement est terminé pour 10 h 45. Après une pause qui permet à chacun de mesurer l’effort accompli, les compagnies redescendent vers le Tizi N’kouilal, où se déroule une prise d’armes, avec remise de décorations et d’Étoiles d’Éclaireurs.  Les groupes du F.L.N. semblent éviter au maximum les rencontres avec les patrouilles du bataillon.

             Le 28, une patrouille du G.M.S. 77, à Beni Ouilbane, y trouve un certain nombre d’individus, en tenue de combat, armés de P.M. et de fusils de guerre, mélangés à la population. Ils indiquent être commandés par “le capitaine”… et s’esquivent. Un camion Renault, immatriculé 810 N 9 L est aperçu à proximité de la gare de Maillot. Il transporte une vingtaine d’hommes en treillis, coiffés de casquettes brun-vert, quelques uns de casquettes “Bigeard”. Ils cantonnent à la maison forestière de Tixerat, à six kilomètres au Sud-Est d’El Adjiba. Un groupe armé, en tenue de combat, est aperçu, le 30 avril, au Sud de Takerboust, qui reflue vers le Nord à la vue de notre patrouille.

 Mai 1962

          Le 1er mai, six hommes de l’U.F.L., désertent, en emportant cinq fusils Mas 36 et deux P.M. Mat 49. (Hacini Mohamed - Bouchareb Ahmed - Khalef Allaoua - Houamed Ali - Lezreg Mostapha et Khaled Abdelhamid). Deux d’entre eux, armés de Mas 36, reviennent le 2 mai. Les quatre autres se constituent prisonniers, le 3, à la sous-préfecture de Bouïra. Une Compagnie de Marche est mise sur pied, avec des sections prélevées dans chaque compagnie, et maintenue en alerte, du 4 au 6 mai.

          Le 6 mai, la 2ème Section de l’U.F.L. est mise à la disposition du sous-préfet de Bouïra, qui la dirige sur Mergueb El Ogab, où un groupe armé non identifié a été signalé par la population, Cette surveillance se prolonge jusqu’au IO et se termine par l’intervention de deux sections, aux côtés d’unités de la gendarmerie mobile, pour encercler la Ferme Bastos, qui est fouillée par les gendarmes.  L’armistice du 8 mai I940 est célébré par une prise d’armes, à Maillot et à Bouïra.

 Deux sections de l’U.F.L. assurent la garde de la S.A.S. de Zeboudja.

          Le 11, deux autres sections accompagnent les gendarmes qui procèdent au ramassage des armes détenues par les auto-défenses du Douar Errich. Le Général Le Ray, commandant la 27ème D.I.A. et la Z.E.A., accompagné du colonel commandant le secteur et du commandant du bataillon, inspecte la 3ème Compagnie , à Tikjda.

 L’Aïd El Kébir est fêté, le I4 mai, à la 452ème U.F.L.. Des désertions se produisent, tant au bataillon qu’à l’U.F.L..

          Le I7 mai, le Caporal Alkema Mustapha, qui avait été mis en route sur Dellys, afin d’y suivre le peloton d’élèves sous-officiers, est signalé : “N’ayant pas rejoint”. Outre son paquetage, il détenait un fusil U.S. Garand et 96 cartouches. Les éléments de la C.C.A.S., qui avaient remplacé la 4ème Compagnie à Saharidj, sont relevés par une section de l’U.F.L. et regagne Maillot le 20 mai.

            Le 20 également, débute à Tikjda le 1er stage de montagne de la 27ème D.I.A.. Les stagiaires, trois officiers, sept sous-officiers et cinquante - trois chasseurs, appartiennent aux 7ème, I5ème et 27ème B.C.A. Dés le lendemain, ils sont à l’oeuvre dans le Massif du Reynier. Un début d’incendie de forêt, allumé par des projectiles traceurs au cours d’un tir à la mitrailleuse, au Sud du Moulin d’Afoud, est rapidement éteint par les gens de la 1ère Compagnie qui effectuaient ce tir.

             Le 24, la 4ème Section de l’U.F.L. est mise en alerte et dirigée vers Mergueb El Ogab, où un accrochage s’est produit entre des éléments armés de L’A.L.N. et du M.N.A.. Un civil et deux hommes de l’A.L.N. ont été tués. Une seconde section la rejoint sur le terrain où elles passent la nuit. 

         La 452ème U.F.L. est inspectée, le 25 avril, par le colonel commandant la Force Locale en Kabylie, et reçoit un renfort de quinze hommes. Elle reçoit un nouveau renfort, le 26; trente-huit hommes en provenance du 45ème R.I.T.. Une cinquième section est formée, sous les ordres du Sous Lieutenant Deriche Mustapha.

 La 3ème Compagnie bivouaque le 27 dans le Massif du Reynier. où elle effectue un tir de nuit. Le 29, la 2 est héliportée au Lac Goulmine, d’où elle rejoint Tikjda par les crêtes, le Tizi N’cennad, le Ras El Maa et le Tigounatine. 

         Une section de l’U.F.L,, en cours de marche manoeuvre, rencontre un détachement de l’A.L.N., de la force de deux sections, tenues camouflées, armement de guerre, commandé par l’Aspirant Si Belaïd. Celui-ci fait aligner sa troupe et présenter les armes au passage de l’U.F.L.. Il indique au sous-lieutenant qui la conduit que ses hommes et lui se rendent à un enterrement. L’après-midi, se déroulent au Marabout de Sidi Ali Ben Toumi, à 1 kilomètre 500 à l'Ouest de Maillot, les funérailles de l’Aspirant Si Ahcene Moussi, originaire des Ouled Brahim, commissaire politique qui avait en charge le Douar Haïzer depuis le “Cessez le feu”.

          Il s’était installé à la S.A.S. d’Ihrorat et avait fait main basse sur 12 Jeep du délégué municipal du douar, Monsieur Taïl. À la suite d’une perte de contrôle, le véhicule s’était retourné. Il était mort des suites de ses blessures. Plus de trois mille personnes assistent aux obsèques, dont les délégués municipaux de toutes les communes voisines - Monsieur TAïL pour le Douar Haïzer.

            Le service d’ordre est assuré par l’A.L.N. et l’on retrouve l’Aspirant Si Belaïd et ses deux sections Deux parcs ont été aménagés pour recevoir les cent cinquante véhicules qui ont amené les participants.  Les funérailles se déroulent dans le calme 

Juin 1962

            Le deuxième stage débute le 3 juin, avec les S.E.M. des 27ème B.C.A et 11/93ème R.A.M.. Fin du stage le I2. 

            Quelques désertions sont signalées le 6. Le Caporal Rassou, non rentré de permission, à la 3ème Compagnie , le Caporal Azougagh et le 1ère Classe Boulassel Mammar à U.F.L., sans emport d’armes; 

            Une première évacuation de familles de harkis du mi-Quartier de Maillot a lieu le 7. Une seconde, le I3. Les familles sont regroupées à Tefeschoun, en vue de leur transport en métropole.

             Le 8, la Compagnie de marche est dirigée sur Alger, où elle prend cantonnement dans l’école de le Rampe Vallée. Elle rejoindra le bataillon le 2I juin, après avoir été mise, par section, a la disposition de différents escadrons de gendarmerie mobile, pour les renforcer. 

            Le I6, arrivent les S.E.M. du 6ème B.C.A. et du I59ème B.I.A. pour le troisième stage. Arrivent en même temps les S.E.M. des 7ème, I5ème et 27ème B.C.A. et du II/93ème R.A.M., qui viennent participer à la Journée Alpine du I7 au Boussouil. En démonstrations: l’escalade de l’Azerou Gougane et le sauvetage et l’évacuation d’un blessé. La journée se termine par une prise d’armes, autour du mât hissé au sommet de l’Azerou Gougane, sur lequel flottent les trois couleurs.

             Le I8, le Lieutenant Jacquier, O.R. du Mizer, conduit à Alger son interprète, le Sergent-Chef Harki Terrak Ahmed, dont la vie est menacée par le F.L.N., et sa famille, pour qu’il soit dirigé sur le C.I. 22 à Nice, où on lui a fait contracter un engagement. Il était temps d’ailleurs de procéder à ce sauvetage. Un peu partout, les auxiliaires de l’Armée Française sont victimes de représailles et de vengeances.  

À El Esnam, le Sergent Harki Zerrouki a été massacré sur les marches de la gendarmerie, où il tentait de se réfugier. À Bouïra, Sarri Mohamed, dit “Mohand Halouani”, terroriste devenu indicateur de police, est assassiné. Dans le Douar Haïzer, Ouchene Rabah, le chef de village d’El Massar, est traîné, nu, au bout d’une corde, derrière une Jeep, au travers des villages de la plaine, sa Croix de la Valeur Militaire épinglée à même la peau, couvert d’injures, de crachats et de coups. Toumi Tahar, l’Aspirant rebelle, devenu l’interprète du poste de Tirilt M’tilguit, et son fils, le sergent de tirailleurs, cité et décoré, sont enfermés au camp de Tizi Ouzou. 

            Le 2I juin, à Maillot, l’ex-Harki Daou Meziane, qui devait être rapatrié en France, est enlevé par le F.L.N.. La 3ème Compagnie est héliportée au Col de Tirourda, le 23 juin, et regagne Tikjda par la ligne des crêtes. La 1ère Compagnie bivouaque le 26 à Aïd Haouari, et le 27 sur le Ras Tigounatine.

            Deux permissionnaires de l’U.F.L. sont portés déserteurs : Djemouai Yaïche et Benloucif.

Le Chasseur Bianchi, de la 2ème Compagnie, accidenté au cours d’un exercice, est évacué sur l’hôpital de Maillot.

             Le Lieutenant Belkhir, affecté à la 452ème U.F.L. prend le commandement de l’unité le 29 juin. Au 1er juillet, celle-ci quitte le giron du bataillon, dont on ne pourrait d’ailleurs pas dire qu’elle faisait réellement partie. 

Juillet 1962

            Ce 1er juillet, le Chef de Bataillon Jacques Bley est promu lieutenant-colonel, et le Lieutenant Galmiche est nommé capitaine.

 Du 1er au 6, les troupes sont consignées dans leurs cantonnements, pour éviter tout incident avec la population, en raison du référendum et des manifestations que son résultat pouvait provoquer. Les travaux de cantonnement, l’instruction du tir a toutes les armes, l’école d’escalade, plus spécialement pour la 3ème Compagnie, et les raids en montagne, deviennent l’activité quotidienne des compagnies. Un détachement des 1ère et 2ème Compagnies participe à la prise d’armes du I4 juillet à La Réghaïa, P.C. des Forces Françaises en Algérie. Une prise d’armes a lieu à Maillot, avec remise de décorations. Grande journée d’escalade le I5 : deux cordées à la petite Aiguille de la Main du Juif, deux autres à la Voie Molbert. Le I6, une section de la 3 bivouaque au sommet du Lalla Khedidja. Une patrouille au Chalet du C.A.F. constate que celui-ci, tout comme son voisin, a été récemment pillé.

             Le I9, trois sous-officiers musulmans de l’U.F.L. de Saharidj, se réfugient au P.C. du bataillon.

 

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Des commentaires capturés   sur la 452 UFL   452-ufl.png ---------------------------------------------------------------------------

12 Mai 1962 Journal Régional Poitou Charente

  L'arrestation a Bouira 150 km d'Alger du capitaine Gaston, un officier déserteur du 22°BCAet des 18 hommes de son commandos, arestation qui fut suivi d'une perquisition dans une SAS et de la découverte de 4 camions d'armes et de munitions

Au nom de mes frères les harkis

 

jeudi 3 février 2011, par  Roger GASTON

Le titre de ce témoignage hors commun, datant de 1964, a été choisi par Miages-djebels en s’autorisant de la volonté de son auteur : " Il peut être fait usage de ces lignes. Elles peuvent être divulguées en témoignage, comme jetées à l’oubli. Je les ai vécues avant de les écrire, je n’ai pas plus peur de l’avenir que honte de mon passé".

Le capitaine Gaston a mis hors de combat Si Salah, ancien commandant de la Willaya IV, alors qu’il se rendait en Tunisie.

Le drame de cet officier hors pair représente le destin de ces officiers  qui, au fils des ans, reçurent des missions contradictoires conduisant au drame de l’abandon et du massacre des harkis et de leurs familles.


 

L’histoire, que les plus humbles comme les plus grands écrivent chaque jour, a besoin du témoignage de tous. C’est le devoir de chacun d’écrire ce qu’il fit, ce qu’il vit au cours de ces années terribles qui arrachèrent à la Patrie l’honneur par lambeaux et son héritage par morceaux.

Ainsi, moi-même, GASTON Roger, ex-capitaine d’infanterie, né le 27 octobre 1920 à Paris 9e, engagé volontaire en 1938, évadé de guerre, Résistant-maquisard, titulaire de douze titres de guerre, ex-officier de la Légion d’Honneur, en toute objectivité, sans complexe de culpabilité devant mes concitoyens, je rassemble ces quelques feuillets afin qu’ils conservent mon témoignage pour que, demain, sous la pression de milliers d’autres semblables, soit revue et corrigée la relation officielle des événements depuis 1958.

J’avoue avoir perdu beaucoup des illusions qui me conduisirent de Norvège à l’Algérie par l’Indochine et d’autres propriétés de Papa. Je crains d’avoir fait une des dernières retraites de l’homme libre. Sans doute, les générations futures, caporalisées, collectivisées, “nationalisées”, acquerront une seconde nature qu’elles subiront jusqu’à ce qu’une troisième habitude leur soit à son tour imposée par les circonstances.

Mais je n’aurai pas voulu, pas plus que laissé faire cela. Toujours choqué par le drame algérien, j’accuse ceux qui acceptèrent avoir tourné la page, d’en avoir refusé la lecture, ou d’analphabétisme. Sur cette page, il y a la menace vieille comme le monde : “malheur au vaincu !” C’est la loi de la nature.

Un des deux mille Français entièrement à part (suivant l’expression consacrée) depuis vingt-quatre mois ; au nom du Peuple, je ne saurai oublier que dix-sept millions de bulletins lâchement soulagés, en avril 1962, ont fait de nous des parias, ainsi que des millions des nôtres, des exilés, des déportés, des asservis.

Bien que parmi les vainqueurs des vainqueurs, je suis prisonnier des vaincus parce que condamné à 5 ans d’emprisonnement pour avoir commandé un maquis en Algérie, plus précisément dans la région de Bouira, en Kabylie. Par la suite, ayant refusé de supporter toute atteinte à la dignité humaine, de prison en prison, par punition, je suis arrivé à Valence.

Dans ces lignes, je n’ai pas la prétention de faire tout l’historique du problème Algérien, ni le procès de ceux qui me tiennent dans leurs fers. De tous ces événements, je ne connais actuellement qu’une partie. Celle que j’ai mesurée à la fatigue, à la soif de mes hommes, à la longueur des pistes, parmi les rocs, les chênes, les oliviers, les cèdres de Kabylie, au cours des nuits de marche ou d’embuscade, des aubes d’attaque, des soirs de deuil.

Je veux exprimer la détresse qui m’étreint lorsque je me retourne sur une fraction de ma vie passée au milieu d’hommes, mes frères, que, pour raison d’état, le pouvoir m’a fait assassiner par complicité. De plus, il n’est pas de jour que des injures nous soient adressées par certains qui se veulent grands et généreux.

Quand les Français intelligents comprendront-ils que l’O.A.S. ne fut qu’un mythe ? Quand voudront voir les plus partiaux d’entre eux, en ce sigle, le dernier espoir d’un million des nôtres acculé, par le régime, au cercueil ou à la valise Quand aura-t-on fini de juger coupables ceux qui ne furent que vaincus ?

Cette histoire est aussi celle de centaines de capitaines. Rentré d’Indochine en 1954 et affecté au 22ème Bataillon de Chasseurs Alpins, à la tête de la 2ème compagnie, je suis reparti vers l’A.F.N. en septembre 1955. Depuis cette date, d’abord au Maroc Oriental, puis en Kabylie jusqu’à ce que je sois fait prisonnier le 10 mai 1962, j’ai combattu pour que l’Algérie demeurât française.

Au journal de marche de mon commando : 24 morts, plus de 60 blessés, 5 Médailles Militaires, plus de 150 citations, des centaines de H.L.L. mis hors de combat, illustrèrent plus de six ans de campagne. Mon commando, fin 1961, composé pour moitié de Chasseurs du contingent, était complété avec des Harkis recrutés sur place. Dès 1957, réalisant que priver l’organisation rebelle de son ravitaillement, du renseignement, était le premier objectif à atteindre, je regroupai à Tikjda tous les habitants des hameaux épars dans la montagne. Tikjda, station de sports d’hiver et estivale en plein Djurjura, à 30 km de Bouira, et située sur le territoire des douars Haizer et Tighrempt, fut ainsi occupé, pavillons et hôtels appartenant aux Européens, par les familles de ceux chez qui je recrutai mes premiers Harkis. Par parenthèse, je signale que ce regroupement prit spontanément le nom d’Ouled Gaston, ce qui signifie “les Enfants de Gaston”.

Lorsque, le 1er août 1958, mon unité devint entièrement opérationnelle, relevée de toute servitude territoriale, et que je changeai de cantonnement pour m’installer dans une ferme en ruines à 3 km au nord de Bouira, certains me suivirent et je les intégrai aux nouvelles harkas que je créai à partir d’éléments du Douar Errich.

Inlassablement, au cours de mes missions, je recherchai, sur ordre, les anciens militaires de l’Armée d’Afrique, d’Indochine, les montagnards solides, afin que les Chasseurs voient à leurs côtés lutter leurs compatriotes Kabyles. Alors que mes Chasseurs du contingent métropolitain ne restaient que 18 mois au plus avec moi, ces hommes du Djurjura devinrent rapidement, du fait de leur stabilité, de leur connaissance du terrain et de l’ennemi, de leur courage, la principale force de mon commando. Certains, comme le Sergent Fedjki, le Caporal Meliani, vieux soldats dont la retraite assurait les modestes besoins, m’opposèrent bien longtemps leur peu d’exigence, leur aspiration au repos après bien des années à courir l’Italie, la France, l’Allemagne, l’Indochine.

Manquant de cadres pour mes harkas, j’insistai, fort des promesses dont on nous abreuvait alors et dont le rappel serait d’une ironie trop amère. Bref, j’étalai les avantages de la Paix Française après ce dernier coup de collier. Tous les arguments furent bons pour les arracher à leurs mechtas et les rejeter dans la tourmente. Ils servirent d’exemple aux plus hésitants. J’eus l’embarras du chois à partir de mai 1958. Il ne fut pas rare de voir succéder dans mon commando le fils au père, le cadet à l’aîné, afin que reste dans la famille la place gardée, gagne-pain peut-être, mais aussi et surtout, fierté de servir comme Français dans une unité d’origine métropolitaine.

Confiants en mes paroles et en mes actes, reflets des ordres reçus, ils me suivirent dans toutes les opérations. Plus de 180.000 Harkis et Moghaznis, dans toute l’Algérie, furent ainsi de toutes les peines et de peu de joies. Ils étaient devenus irréversiblement Français à part entière par le sang versé, qu’il fut le leur ou celui de l’ennemi. Aucun décret, ordre ou référendum ne pouvait infirmer cette vérité fondamentale née d’une lutte à mort entre deux conceptions de l’homme. Rejetés, ils devaient mourir.

Après six ans de mensonge, de duplicité, de faux-fuyants, en décembre 1961, il devint flagrant que le pouvoir repoussait l’Algérie avec plus de force encore que l’ennemi n’en employait à nous l’arracher. J’eus mes premiers soupçons dès I959.

Fin août, le Président de la République passa, je ne sus jamais trop pourquoi, de popote en popote. Car il ne voulut rien entendre comme il ne voulut rien dire. Je fus invité à sa table, lors de son passage à Tizi-Ouzou, par le Général Faure. Je compris, au cours de la conversation, par la façon brutale, même grossière avec laquelle il interrompit le plaidoyer pour l’Algérie Française du Général Faure, qu’il avait une arrière-pensée inavouable encore.

Ma qualité d’ancien délégué à la propagande du R.P.F. dans les Basses-Alpes, m’aida beaucoup dans l’interprétation de cette attitude. Ce ne furent pas les professions de foi de Mr Delouvrier, après que le général se fût retiré pour la nuit, qui me firent oublier la mine grave, le regard triste des Généraux Challe,  Massu,  Faure,  entre autres. Déjà, le malaise avait rongé la confiance. Au soulèvement du 22 avril 1961 contre l’abandon, j’étais en permission en Métropole.

En juillet 1961, au cours d‘une opération sur les crêtes du Djurjura, j’interceptai un groupe de H.L.L. se rendant en Tunisie. Parmi les ennemis hors de combat, mortellement atteint, se trouvait Si Salah, ancien commandant de la Willaya IV, qui devait décéder une heure après sa récupération sur le terrain. Les quelques mots qu’il put prononcer sur la duplicité de De Gaulle, et l’amertume avec laquelle il le rendit responsable de sa mort, grandirent encore en moi la certitude que notre sort était confié à un criminel. Je ne parlai jamais de ces révélations.

Le Général Simon, alors commandant de la Z.E.A., m’ayant paru très agité par la mort de Si Salah sur son territoire. Il me dit, m’ayant convoqué au P.C. de la Division, qu’il craignait que l’opinion publique y voit un assassinat déguisé en opération, par le fait qu’il participa aux pourparlers de Lugrin en 1960... et que nous étions en pleine période d’arrêt unilatéral des opérations offensives. J’avoue qu’à l’époque, je ne compris rien aux réactions du Général Simon, mais depuis, depuis, j’ai rencontré, en concentration à Fresnes lui aussi, le lieutenant musulman qui fut le guide et l’interprète de Si Salah au cours des prises de contact puis de son voyage incognito à Paris, venant offrir la reddition de deux Willayas.

Toujours est-il que, pour montrer sa bonne foi, le Général Simon monta une opération héliportée, quarante-huit heures plus tard, afin que je récupère le corps de Si Salah. Après l’avoir fait mettre dans un cercueil (!) il le fit enterrer à Bouira au cimetière du Fort Turc.

Les semaines passant, la suspicion s’installa en maîtresse au sein de l’Armée. Les réunions de Corps devinrent silencieuses, chacun n’osant exprimer sa pensée par crainte qu’elle ne fût mal interprétée. Sur le terrain, mes commandos, avec une sorte de frénésie, multipliaient sorties, embuscades, raids, obtenant des résultats magnifiques malgré la raréfaction de l’ennemi. Je couvris de mines et d’actions offensives une surface de plus en plus grande du secteur, à la recherche d’un ennemi pratiquement détruit, dont les rares survivants se terraient aux abois.

Mes Harkis m’interrogeaient sans relâche, étonnés des bruits qui couraient d’accord avec le F.L.N. Que pouvais-je leur répondre ? Je souffrais déjà physiquement de cette trahison, recherchant la consolation précaire dans la pensée, après chaque combat, que tout fellagha tué était un interlocuteur valable en moins.

Un jour de décembre 1961, je reçus l’ordre de renvoyer chez eux, par fractions, ces éléments de mon commando. J’ai vu pleurer des soldats qui, en Tunisie, en Italie, en Indochine, et avec moi en Kabylie, certains depuis six ans, cités, blessés, héroïquement avaient combattu pour l’honneur de nos armes et pour rester mes enfants. Et j’ai pleuré aussi, car pour beaucoup d’entre eux, j’avais usé de mots ronflants, de grands gestes, de toute mon influence pour les amener à reprendre les armes encore une fois pour la même cause, celle de la plus grande France. Alors ma décision fut prise.

Je savais qu’il ne nous restait plus une chance sur mille de sauver l’Algérie. Je décidais de rester parmi eux, vivant leur vie, partageant leur sort, acceptant de mourir, tant j’étais dégoûté et las de mon pays et pour ne pas être parjure. Pressentant que je n’accepterais pas la politique d’abandon, le commandement civil gaulliste de Bouira (Sous-préfet Salmon et Administrateur Ossola) monta alors un complot de toutes pièces en accord avec mon Chef de Corps le Commandant Bley (sortant tout droit du cabinet de Mesmer). Le Général Simon, trompé ou non, je n’en sais rien encore, m’ordonna de choisir le 22 Février 1962 entre les arrêts de forteresse et le “rapatriement” immédiat sur ma demande.

Après une première et courte période au cours de laquelle je connus un demi-échec, par manque d’organisation, ayant été pris de court par mon nouvel ennemi, je reformai mon maquis sur de nouvelles bases. Durant deux mois, mes anciens Harkis me cachèrent, me ravitaillèrent et me renseignèrent. Eux attendaient de moi un miracle que j’attendais de Dieu. Mais, comme dit “l’autre”, l’heureuse issue du drame algérien m’enchaîna et précipita leurs souffrances.

Aux dernières nouvelles, trente et un d’entre eux ont été éventrés, égorgés, fusillés, bouillis ou brûlés entre le 1er juin et le 1er août 1962. (La liste de ces martyrs n’est certainement pas close, hélas.) Comment pourrais-je pardonner pareils crimes, fussent-ils perpétrés pour la raison d’état ? Comment pourrais-je retrouver la paix, arracher de ma mémoire les mille souvenirs qui me lient à ceux que j’ai abandonnés ?

Comment regarderais-je l’avenir, bien que légalement innocent du crime de génocide dont l’Histoire me fera porter le poids comme officier français ? En prenant le maquis le 25 février I962, j’ai dénoncé ce crime monstrueux dont une nation prenait, par omission, la responsabilité. L’information dirigée m’a traitée d’officier félon (ô ironie), de bandit, d’assassin, de fasciste, moi, résistant et maquisard de 1943. Je n’ai de sang français sur les mains que le mien et celui de mes hommes, versé sous bien des cieux du monde sans autre esprit que de le bien faire payer à l’ennemi. La liberté ne me rendra pas l’Algérie.

L’amnistie ne me rendra pas mes morts, mes blessés, certains atrocement. Inlassablement, mon esprit erre à travers la Kabylie. Par lui, je vais de croix en croix, où ils sont tombés, suivant un terrible chemin d’amertume, de doute et de regret.

La grâce présidentielle ne me rendra pas l’honneur de la France, pas l’oubli, pas le sourire, en moi, de ceux qui torturés après le 1er juin par les Fels, dans leur dernier hurlement m’ont maudit. Car j’étais la France pour eux, non pas du fait du prince dont se sert certain, mais par leur foi en un capitaine de l’Armée Française, leur chef durant tant d’années, parmi eux pour le meilleur et pour le pire.

Caché, à partir du 1er avril, j’ai vu les autorités civiles et militaires dans le secteur de Bouira, imposer le F.L.N. aux populations déroutées. J’ai mesuré le temps qui me restait avant d’être pris par la pénétration ennemie dans un secteur où ne survivaient pas 50 H.L.L. en armes sur plus de trois mille, avant que la peur ne changea de camp.

J’ai vu effectuer le désarmement des autodéfenses pour assurer plus facilement cette pénétration dans les zones réfractaires. J’ai écouté des discours du sous-préfet de Bouira menaçant ceux qui ne pavoisaient pas aux couleurs blanches et vertes avant le 1er mai.

J’ai assisté, clandestin, au regroupement des forces françaises abandonnant aux tueurs revenant de Tunisie, en une demi-journée, des douars entiers. J’ai soigné un partisan M.N.A. (Mouvement Nationaliste Algérien tendance nationaliste modérée), ayant réussi à s’échapper d’un ancien poste au nord d’El Adjiba, transféré intact aux rebelles. Ce partisan me dit que ce fut devant un gradé de gendarmerie qu’il fut torturé (4 dents et un doigt brisés) pour lui faire avouer la position de mon refuge.

Pourchassé de cache en cache, vivant comme ceux que j’avais tant poursuivis, traqué par les forces régulières et fellagha réunies, j’ai contemplé, désespéré, l’écroulement de six ans de pacification et le déchaînement en haines, en vengeances, en instincts grégaires d’une minorité, qui, par le couteau, trancha 130 ans de civilisation. Parce que cohéritier de cette civilisation, j’ai défendu la France de 1955 au 1O mai 1962 avec la même passion, pour les mêmes raisons que de 1939 au 8 mai 1945.

A vingt ans, je me suis battu, j’ai pris le maquis pour libérer le sol national, libérer l’Alsace Lorraine qu’on voulait nous voler.

A quarante ans, j’ai lutté pour libérer l’Algérie de la peur, du racisme, du panarabisme et de leurs collaborateurs blancs et autres, et garder 15 départements qu’on voulait nous voler. Sans famille et sans biens là-bas, j’ai défendu l’intégrité du territoire, l’honneur de la Patrie et le mien.

Qu’un jour, les couteaux définitivement oubliés au vestiaire, aurait dû être mise en place une autonomie partielle puis complète, possible. Que cette autonomie aurait débouché sur une totale indépendance en garantissant effectivement les droits de toutes les minorités, qu’elles fussent raciales ou confessionnelles, si l’intégration ne pouvait être effectuée, possible encore ? Pour ma part, j’ai cru, je crois, je croirai toujours que l’Algérie Française pouvait vivre. Mais pas ça !

Par ce que les générations à venir, des deux côtés de la Méditerranée nous reprocheront lorsque les égoïsmes, les lâches soulagements, les appétits du pouvoir, auront été oblitérés par le temps.

Pas de ces Pâques sanglantes souillant une armée passive, une nation démissionnaire, après une capitulation déshonorante.

Pas cette prime à la violence, justification du terrorisme le plus atroce, le plus bestial, le plus fort parce que le plus primitif.

Pas ce racisme fanatique arabe dédouané par le racisme gaullien.

Pas ces tribunaux d’exception, créé par le même décret d’élargissement des tortionnaires et égorgeurs fellaghas, afin que certains d’entre eux y siègent, déshonorant la justice.

Pas ces cimetières désertés qu’aucun Pied-Noir n’approchera plus jamais, qu’aucune main blanche jamais plus n’entretiendra.

Pas ces prisons où les hurlements de nos disparus sont étouffés par la surdité du régime.

Et plus tard, en métropole, pas de ces geôles politiques où De Gaulle cherche à arracher leur personnalité à ceux qui y sont jetés par quatre, voire six, même sept, 23 heures sur 24, dans des taudis, véritables basses-fosses de 3,60 sur 3,10 sans table ni siège.

Pas des réponses désabusées ou ironiques de la Croix- Rouge, Ligue des Droits de l’Homme, et autres organismes aux appels à la conscience humaine.

On a appelé à la raison d’état, au bon plaisir, au fait du prince, au racisme nationaliste, aux révisions déchirantes, au bon sens, à l’intérêt financier, au crépuscule d’un peuple pour motiver cet abandon. Mille masques pour une seule honte.

On a détruit en moi ce qu’il y avait de plus beau dans l’esprit d’un soldat, le respect à la parole donnée, sa foi en son combat de toujours pour repousser l’horizon autour de son pavillon, et le refus d’amener ce pavillon, si ce n’est pour en faire un linceul.

Il peut être fait usage de ces lignes. Elles peuvent être divulguées en témoignage, comme jetées à l’oubli. Je les ai vécues avant de les écrire, je n’ai pas plus peur de l’avenir que honte de mon passé.

Je me regarde toujours en face, sans rougir, ce que ne peuvent faire tous les officiers ayant encore leur nom dans l’annuaire.

Il faut avoir, au front, commencé sa carrière et pleuré chaque pas d’abandon de rizière, de djebel ; il faut avoir souffert dans sa propre chair la mort de chacun de ses soldats ; il faut avoir, de faux dieux, tenté de tenir les serments, avoir donné son cœur, sans le monnayer, pour comprendre pourquoi nous avons essayé ce qu’un peuple vaincu nous enviera demain.

Jusqu’à ma mort et, joint à d’autres combats semblables que l’avenir nous réserve, à l’aube desquels nos prisons s’ouvriront, je garderai indéfectiblement unis le sens de la guerre victorieuse d’avant-hier et celui de la bataille perdue d’hier. S’il plaît à Dieu que cette bataille perdue soit une guerre morte, les youyou d’Alger sont le glas de la France. Oui, je sais.

C’est de la littérature sentimentale pour midinette, avec des mots de quatre sous, comme me l’a dit mon juge, le 4 janvier I963.

Mais, c’est avec des mots comme ceux là que l’on m’a recruté pour défendre la France, comme en 1914, en 1870, en 1789, le furent nos ancêtres.

C’est avec des mots comme ceux-là que j’ai, durant vingt ans, recruté des cœurs, des tripes et des bras pour servir la France.

C’est avec des mots comme ceux-là que j’ai tué mes Chasseurs et assassiné mes Harkis.

Valence, le 30 avril 1964

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Suite et fin du témoignage de l'Adjudant-Chef Jean-Marie Buquet

I 9 6 2
L’année 1961 s’est terminée, pour les anciens du Bataillon, ceux qui ont connu le Douar Haïzer depuis I956, par une satisfaction personnelle : la mise hors de combat de "l’insaisissable" Demmouche.
Mais une arrière pensée amère vient ternir ce succès.
À quoi cela va-t’il servir ? Et à quoi aura servi le sacrifice de ceux qui sont morts pour que, ainsi que l’affirmaient bien fort les chefs civils et militaires, l’Algérie reste française ?
Mais à quoi bon s’appesantir là-dessus !
Sauf quelques gradés subalternes, les cadres du bataillon ont été renouvelés au cours des derniers mois de I961. Le Capitaine René Bluteau a pris le commandement de la C.C.A.S., car le Capitaine Nodot, l’homme qui avait la confiance de la population indigène, vient d’être affecté à la subdivision de Médéa, pour y remplir les; fonctions de conseiller militaire auprès du "Colonel" Si Chérif, qui commande les F.A.F.M.
Le 22ème B.C.A. continue la lutte.
À vrai dire, il maintient surtout le contact pacifique et fraternel avec les populations des Douars Haïzer et Innesmane, à travers les harkis et les autodéfenses, par le biais de la délégation municipale et de la S.A.S. d’Irhorat, par la présence des écoles dans chaque village, par la visite des A.S.S.R.A., auprès des femmes, et par l’assistance médicale.
Quant à l’adversaire, il reste en ce début d’année dans le mi-Quartier Haïzer, en tout et pour tout, une demi-douzaine de mousseblines, regroupés par "Si Hamou", cet adjoint de Demmouche, qui avait réussi à s’échapper le 23 décembre 1961. Ils possèdent un ou deux fusils de chasse, un ou deux revolvers et quelques grenades. Il y a aussi, épisodiquement, le passage du Commando Régional, fort de six hommes, qui possèdent un pistolet-mitrailleur et cinq fusils de guerre. Les fusils-mitrailleurs sont depuis longtemps enterrés dans des caches, faute de munitions.
La présence rebelle est plus forte dans le mi-Quartier de Maillot, où la pacification était moins avancée, du fait surtout de la position des villages dans des zones d’accès difficile : une trentaine d’irréguliers, à l’armement disparate.

Janvier
L’année commence dans la routine des patrouilles et embuscades autour des villages, tandis que le commando Partisan 4 grenouille dans l’Oued Sebkha et l’Oued Oumellil, à la recherche de traces problématiques, pour ne rentrer que le 3 janvier.
Le Capitaine Verborg est promu chef de bataillon, en date du premier janvier. Le même jour, une embuscade de la C.C.A.S. dans l’Oued Berd intercepte et abat le Sergent-Chef Bou Aourha et récupère son pistolet-mitrailleur.
Une patrouille de la 3ème Compagnie découvre, le 5, dans le ravin de l’Acif Boudra, une cache qui contient un fusil de chasse et cinquante cartouches.

Le 6, une embuscade de la Harka d’Aïn Allouane abat, à proximité du village en ruines d’Anatra, le nommé Agache Saïd, moussebel originaire de Tifticine. Il était armé d’un fusil de chasse et d’une grenade offensive.
La S.E.M. est détachée à la garde du dépôt de munitions du Fort Turk du 3 au 7 janvier.
Le commando est mis en alerte le IO, à la suite de l’assassinat d’un civil F.S.N.A. dans Bouïra. Le 11, il inspecte le champ de mines de la Forêt des Azerou.
Les stagiaires du I9ème P.I.S.T quittent Tikjda le I2 janvier et sont remplacés le jour même par ceux de la 20ème session.
Le I5, une patrouille de la 1ère Compagnie découvre, entre les cotes 1018 et 954, au Sud de Merkalla, une cache contenant 7 paires d’espadrilles, 70 paquets de tabac, 2 paquets de bougies et 4 paquets de café. Trois suspects, Bouguerrine Kaci, Bouguerrine Rabah et Bouguerrine Makhlouf, sont arrêtés.
Le champ de mines de la Forêt d’El Haïzer est neutralisé par Partisan 4, le I8 janvier.
Le même jour, une opération de quartier, conduite par le Commandant Bley, se déroule dans la région Sud de Beni Hammad, région particulièrement tourmentée et recouverte d’un maquis épais.
La 4ème Compagnie et les éléments des poste de Raffour et Aïssaoui, de la C.C.A.S. fournissent le bouclage Ouest et Sud. Deux pelotons portés du I/I9ème R.C.C. et le peloton à cheval du G.M.S. 77 assurent le bouclage Est.
Deux groupements de fouille, l’un aux ordres du Lieutenant Galmiche, l’autre sous le commandement du Lieutenant Pelliet Cuit, doivent réaliser le ratissage. Le premier se compose d’éléments des 1ère et 3ème Compagnie s, et des harkas du Mizer. Le second comprend des éléments de la C.C.A.S., la Harka de Maillot, le peloton à pied du G.M.S. 77 et les maghzen des S.A.S. de Cheurfa, Saharidj et Takerboust.
Ils quittent Maillot à 7 heures I5, heure à laquelle le bouclage Ouest Est en place, et sont en position sur leur base de départ à 7 H 40. Le P.C. prend position sur la cote 800. Un piper d’observation survole la zone.
Le ratissage débute à 8 heures 30, direction Sud. Presque aussitôt, une cache contenant des vivres frais et quelques documents est trouvée à proximité immédiate du P.C.
Vers 9 H 30, le Lieutenant Galmiche relève des traces récentes se dirigeant vers le Sud, puis, vingt minutes plus tard, les restes d’un bivouac de la nuit précédente.
À IO H 25, les unités de fouille sont alignées sur le P.C., qui occupe la cote 649.
Le P.C. arrive sur 557 à 11 H 30.
Les compagnies procèdent à un réalignement avant de procéder au ratissage particulièrement délicat du confluent des deux ravins qui délimitent le mouvement de terrain à l'Est et à l'Ouest. D’autant plus que le Lieutenant Pelliet Cuit vient de signaler des empreintes fraîches de pataugas, direction Sud.
La fouille reprend, très lente, sur ces pentes abruptes recouvertes de petits chênes verts et d’épineux très touffus.
Un coup de fusil accueille les éclaireurs, et les manque.
Le tireur, aperçu entre les branches, est abattu. Une cache est alors découverte, qui livre six prisonniers, des armes, des munitions, de la pharmacie, des vêtements et du ravitaillement.
Le mort est le sergent-chef BESSAï Si Tayeb, du Secteur 323/I, son garde du corps, Fertas Mohamed, figure parmi les prisonniers, ainsi que le commissaire politique de la fraction I, Fechtas Oulaïd. Les autres sont Zermak Ali, Slimami Mohamed, et les chefs locaux de Beni Hammad, Habet Mouloud, et de Beni Ouilbane, Agou Mohand.
Un hélicoptère est demandé, pour permettre une exploitation éventuelle de l’interrogatoire des prisonniers.
La progression reprend à I4 heures 30.
Un prisonnier signale l’existence d’une cache déjà connue, qui est cependant vérifiée Le bouclage Sud ouvre le feu sur trois rebelles qui arrivent à le franchir.
Retour à Maillot pour I6 H I5.
Armes récupérées: un mousqueton, un fusil de chasse, un revolver, et 117 cartouches.
Au cours de l’opération de neutralisation du champ de mines de la Forêt d’El Haïzer, l’Adjudant Jacques Fleury et le Sergent Georges Nielsen, de la 2ème Compagnie, sont blessés par l’explosion d’un détonateur de grenade à fusil, et évacués. Le lendemain, Partisan 4 procède à la destruction du champ de mines de la Forêt des Azerou, travail qu’il continue le 2I.
Le 22, c’est le tour des champs de mines de Semmach et de Tala Rana.
Le 27, la 3ème Compagnie, en embuscade à la Grotte aux Pigeons, ouvre le feu, sans résultat, sur un suspect qui disparaît. Partisan 4 intercepte deux rebelles, au cours d’un ratissage de l’Oued Oumelberit. L’un d’eux, Habbi Mohamed, est abattu. Il était armé de deux grenades.

Février
Le 7 février, une opération de quartier, commandée par le Chef de Bataillon Verborg, met en ligne la C.C.A.S., la Harka de Maillot, les maghzen des S.A.S. de Cheurfa, Takerboust et Saharidj, le I/I9ème R.C.C., Partisan 4, les harkas de Merkalla et de Sidi Salah, et le G.M.S. 77. Il s’agit de fouiller le terrain compris entre la R.N. 26 et la voie ferrée, de l’Oued Chakrane jusqu’à la verticale de Cheurfa.
R.A.S..
D’abondantes chutes de neige en montagne nécessitent l’intervention du chasse-neige des Travaux Publics, le I6 février, pour ouvrir à la circulation la route, entre Aïn Allouane et Tikjda. La 3ème Compagnie. ouvre son école de ski au Chalet du C.A.F..
Le I9, la C.C.A.S. replie sur Takerboust son poste de Raffour.
Au cours d’une opération conjointe avec le I9ème R.C.C. dans la région de Tiliouat, le 20 février, une section de Partisan 4 ouvre le feu sur un H.L.M. qui s’enfuyait. Au cours de la poursuite, un cavalier du I9ème est blessé par balle, alors qu’il avait endossé le burnous abandonné par le fuyard. Le 2I, le commando établit un nouveau champ de mines dans la Forêt des Azerou, entre le Chabet Timergas et le Chabet Ouisakan.
L’Officier de Renseignements du régiment d’artillerie cantonné à La Baraque, sur la route d’Aumale, remet, le 22 février, au chef du 2ème Bureau du Secteur de Bouïra, un jeune prisonnier, originaire d’Alger, récemment arrivé au maquis.
Ce jeune garçon a déclaré avoir profité d’une filière passant par la ville de Bouïra et le Douar Haïzer. Il indique le nom de la personne qui l’a reçu à la descente du car, et propose de conduire au refuge où il a séjourné.
Le temps est froid et maussade.
Il tombe une pluie fine mélangée de brouillard. L’O.R. du Mi-Quartier Haïzer se joint à l’équipe du 2ème Bureau. Le prisonnier conduit le petit convoi - trois Jeeps - sur le plateau étroit qui couvre la falaise Sud de l’Oued Ed Douss, au Nord de la R.N. 5, entre la Ferme Bel AIR et le village d’El Esnam.
Le peloton du I9ème R.C.C., qui tient le poste de Karrouba, alerté par téléphone, est prêt, accompagné du chef du village de regroupement, que le prisonnier a désigné comme étant le gardien de la cache.
À cinq cents mètres à l'Ouest de Karrouba, à proximité de la Ferme Tour, au milieu des champs, se dresse un clapier, fait de toutes les pierres ramassées au cours des années, lors des labours. Le chef du village s’avance, déplace quelques pierres plates, un trou apparaît.
Il appelle. Une tête se montre, qui rentre aussitôt, à la vue des soldats qui entourent les lieux.
La discussion commence, menée par le Sous-Lieutenant musulman qui commande le poste de Karrouba. Une grenade jaillit de l’orifice et explose, alors que chacun s’est jeté à terre. Plusieurs grenades défensives sont balancées dans la cache. Un homme en sort en rampant, les jambes broyées par l’explosion, puis deux autres, gravement touchés, eux aussi.
Ils ne survivront pas à leurs blessures, car ils ont déjà perdu trop de sang. Parmi eux, il y a "Si Hamou", L’adjoint De Demmouche, qui avait livré son chef, le 22 décembre, et avait réussi à s’enfuir quelques jours plus tard.
Après quelques minutes d’attente, un sous-officier pénètre dans l’abri, pour en ressortir aussi vite. Il y a un quatrième homme, qui apparaît enfin, abruti par les explosions, mais indemne, protégé qu’il était par les corps des trois autres.
Il s’agit d’une vieille connaissance de L’O.R. du 22. Capturé en I957, il s’était évadé de la gendarmerie de Bouïra, où il était enfermé.
Il se déclare immédiatement prêt à conduire la troupe à une seconde cache, mal connue du premier prisonnier, située vers 534, un kilomètre plus au Sud, de l’autre coté de la route.
Là aussi, la cache est camouflée par un clapier. Ouverte et traitée à la grenade lacrymogène, il en jaillit un homme, armé d’un P.M., qui ouvre le feu. Il est immédiatement abattu par la riposte, ainsi que les cinq, qui, l’arme au poing, en débouchent après lui, les six derniers survivants du Commando Régional, commandés par le Caporal Bellout Mohamed Ben Saïd, déserteur de la 4ème Compagnie en juillet I957.
Un P.M., cinq fusils de guerre et des grenades, sont récupérés. Le commando régional est anéanti, l’O.P.A. du Secteur 322/4 et du Secteur autonome de Bouïra complètement détruites.
Il ne reste plus un seul rebelle en armes dans le Mi-Quartier Haïzer.
Le 24, le Commandant Bley dirige une opération de quartier dans la région Sud du village de Tixeridene, zone refuge présumée des mousseblines de la fraction 2 du Secteur 322/I.
Y prennent part Partisan 4, les harkas du Mizer, de Maillot, le maghzen de Takerboust, deux pelotons d’automitrailleuses du I/I9ème R.C.C. et le G.M.S. 77.
Par Cheurfa, les unités de ratissage et le P.C. rejoignent Tixeridene et s’engagent vers le Sud. Le P.C. prend position sur 672. Dés l’arrivée du piper, à 8 H 25, la fouille commence. Deux caches anciennes, vides, sont visitées.
Fin d’opération à 11 H 55.
Le 25, dans la soirée, le commando Partisan 4, sous les ordres du Lieutenant Ville, part s’implanter en embuscades sur l’Irzer N’chakrane, de Takerboust à la R.N.26.
À son retour à Dra El Khemis, le 26 à 9 heures, le lieutenant constate, qu’au cours de la nuit, le Capitaine Gaston, le Sous- Lieutenant Mondoloni, le Sergent Agnelly, deux caporaux et quatorze harkis, ont quitté le cantonnement, sans indiquer les raisons, ni le but de leur départ.
Une rapide enquête révèle que ce départ est lié au contexte politique.
Le Capitaine Gaston, qui était en permission en métropole à l’époque du putsch des généraux, n’avait pas, à son retour, caché son regret de l’échec du mouvement.
Déjà profondément marqué par l’abandon de l’Indochine, où il avait fait une campagne remarquable - Chevalier de la Légion d’Honneur pour titres exceptionnels - il s’était donné à fond, dès le début de son séjour, pour conserver l’Algérie à la France.
Le premier mort du bataillon, au Maroc, avait été un chasseur de la 2ème Compagnie. Sous ses ordre, celle-ci, devenue le commando de chasse Partisan 4, avait accumulé les résultats, apportant au bataillon le meilleur de ses succès, le dernier en date étant la destruction du groupe Demmouche.
Sensibilisé à l’extrême par la présence d’une importante harka dans les rangs du commando de chasse et par la situation dans le Douar Haïzer, où il était présent depuis l’arrivée du bataillon, l’orientation prise par la politique gouvernementale vers un abandon de l’Algérie Française, lui apparaissait comme contraire à l’honneur, parce qu’elle l’obligeait à renier les promesses faites, sur ordre du précédent gouvernement, à la population de l’Algérie.
Cette politique d’abandon était le sujet d’un conflit permanent avec le chef de corps et les autorités civiles locales.
La tenue, le 11 février, de la réunion d’Évian, n’avait pas été pour calmer son angoisse. À la suite d’un échange de propos assez vifs, tenus lors de la réception offerte par le Commandant Billottet, chef de la S.A.S. de Bezzit, en présence du sous-préfet de Bouïra, celui-ci en avait rendu compte au préfet de Tizi Ouzou, qui était intervenu auprès du général commandant la Z.E.A..
Une arrestation, ou, tout au moins, une mise aux arrêts de rigueur, du Capitaine Gaston, avait été décidée. Il semble bien qu’il en ait été informé et que cela l’ait amené à brusquer sa décision.
Immédiatement, le Commandant Bley, accompagné du Commandant Verborg, fait le tour des compagnies, où il réunit les cadres, officiers et sous-officiers, pour leur annoncer la désertion du capitaine et de ses deux compagnons, et exiger d’eux la promesse de respecter strictement les règles de la discipline militaire.
La 4ème Compagnie replie ses postes de Semmach et d’Aïssaoui sur Saharidj. Le lendemain, le P.C. de la compagnie déménage pour aller s’installer à El Adjiba.

Mars
Le 3 mars, une patrouille de la Harka de Takerboust accroche, sans résultat un petit groupe de hors la loi, à proximité du village de Selloum.
La 3ème Compagnie continue régulièrement ses séances d’entraînement à la montagne : ski et escalade, en même temps que ses patrouilles en altitude (le 4 mars au Ras Tigounatine). Cependant que la 4 fait connaissance avec son nouveau sous-quartier.
Le 6 mars, ont lieu à Tikjda, les examens de fin de la 20ème session du P.I.S.T..
La 2ème Compagnie participe à une opération sur Beni Hamdoune, le 7 mars. tandis que parvient l’annonce de l’ouverture de la conférence d’ÉVIAN.
La 4ème Compagnie élargit sa zone d’action, et patrouille, le 14, en Forêt de Beni Mansour. Le feu est ouvert, de loin, sur deux individus qui circulent en zone interdite.
Commencent les opérations de désarmement des groupes d’autodéfense éloignés des postes : cinq fusils de chasse sont repris aux habitants de Guendour.
Les jours suivants, patrouilles et embuscades se multiplient, pour parer aux réactions que pourraient provoquer les pourparlers d’Évian. Le I9, les compagnies sont mises sur pied d’alerte, dès l’annonce du "Cessez le feu."
Un petit groupe rassemble quelques officiers et sous-officiers de la 3ème Compagnie, le chef de la harka et quelques uns de ses hommes autour du poste de radio du foyer de Tikjda, qui vient d’annoncer la conclusion des accords d’Evian. On se regarde, sans rien dire. Puis le chef de la harka, ancien sous-officier de tirailleurs, tristement, dit au lieutenant :
- Alors, mon lieutenant, on n’est plus Français ! de Gaulle y veut pas".
Partisan 4 neutralise le champ de mines d’El Adjiba et découvre que l’une d’entre elles a fonctionné; des traces de sang sont relevées alentour. Le 2I, une section du commando découvre le cadavre d’un fellagha, aux abords d’une cache piégée, sur le versant Ouest du Chapeau de Gendarme. La mort remonte à une quinzaine de jours.

La tension monte dans les villages, que ne visitent plus nos patrouilles, au cours des jours suivants, entretenue par les agitateurs du F.L.N. qui viennent y développer leur propagande.
Près de Guendour, des inscriptions barrent la route : "Vive le F.L.N. - Vive Ben Khedda"; à El Adjiba, la population défile derrière des drapeaux F.L.N.. À Beni Hamdoune, le Harki Adjaout Tahar déserte en emportant son arme. Au cours de la nuit du 2I au 22, un groupe de fellaghas oblige les membres de l’autodéfense de Tixeridene à lui remettre leurs armes de chasse.
À Selloum, le 23, un groupe de hors la loi distribue des petits drapeaux F.L.N..
Le 24, à Tarzout, alors que la 1ère Compagnie procède au ramassage des armes de l’autodéfense, manifestation de deux à trois cents personnes. Les membres de l’autodéfense tirent en l’air toutes leurs munitions avant de rendre leurs armes.
Aux Ouled Bouali, près d’El Adjiba, se déroule une manifestation d’un millier de personnes, avec drapeaux. Une patrouille du G.M.S. 77 met en fuite un groupe de 20 fellaghas armés, entre Beni Hamdoune et Cheurfa.
Il s’avère que le F.L.N. met à profit l’inertie de l’Armée Française, qui applique strictement les clauses des accords d’Évian, pour s’infiltrer dans toute une région dont la pacification l’avait exclu. Le 25, à Taourirt, des rebelles en uniforme et armés participent à un défilé d’un millier de personnes. Il faudra l’intervention de deux sections de la 4ème Compagnie pour disperser la foule. La Harka de Maillot et un scout-car de la C.C.A.S. doivent de même intervenir à Ouled Brahim et Raffour.
L’O.R. du Mizer, accompagné d’une escorte de Partisan 4, se rend à la cache du Chapeau de Gendarme, où quelques jours plus tôt le commando a découvert le cadavre d’un rebelle tué sur mine, et parvient à l’identifier : Slimani Belkacem Ou Chouch, originaire du Douar Tighrempt.
Devant la multiplication des manifestations - mais que peut’on demander aux populations que l’on abandonne, sinon de faire allégeance à ses nouveaux maîtres - le commandement décide de désarmer tous ceux à qui la France avait confié des armes pour se défendre, à nos côtés, contre la rébellion.
C’est ainsi que le 26, les 1ère et 3ème Compagnies procèdent à la récupération des armes des autodéfenses de Merkalla, Tassala, Aït Krerouf, Aïn Allouane, Aougni, Tazmout, et Taougnit. Trente-deux fusils de chasse et huit fusils U.S.I7 sont ramassés.
Dans l’ensemble du quartier du bataillon, de Bouïra à Maillot, de nombreuses manifestations continuent à se dérouler. La C.C.A.S. récupère six drapeaux F.L.N. aux portes de Maillot.
La Harka de Merkalla est désarmée le 27, par Partisan 4, ainsi que celle d’Irhorat et celle d’Aïn Allouane. Deux harkis du Village De Tixara ont déserté au cours de la nuit, emportant un fusil semi-automatique et deux P.M. Mat 49.
À I7 heures, un défilé qui regroupe quinze cents personnes, marche en direction de la S.A.S. d’Irhorat, hurlant des slogans anti-français. Deux sections de la 1ère Compagnie doivent intervenir, soutenues par un peloton d’A.M. du I9ème R.C.C., et tirer par dessus les têtes pour stopper la marche.
Dans Maillot même, une tentative de manifestation est stoppée par une section de Partisan 4 et les scout-cars de la C.C.A.S.
Les lignes téléphoniques sont sabotées au cours de la nuit du 27 au 28.
Le 28, la Harka de Maillot est désarmée.
Le village de Selloum accueille trois hommes en armes. Une bande de douze parcourt le village de Beni Hamdoune, en invitant la population à faire déserter les engagés et les appelés algériens.
Une importante manifestation, partie de Merkalla et grossissant au fur et à mesure qu’elle traverse les villages de la plaine, se dirige, drapeau F.L.N. en tête, vers Guendour. Le service d’ordre de la 1ère Compagnie tente vainement de les disperser, et doit faire usage de ses armes. Quatre manifestants sont blessés. L’un d’eux mourra des suites de ses blessures .
Le 3I, la 1ère Compagnie désarme l’autodéfense de Tarzout. Un P.M. Mat 49 et neuf fusils sont repris aux harkis de Sidi Salah..
La 3ème Compagnie , sur son piton, est à l’écart de cette effervescence et poursuit son entraînement montagne. Ce jour là, huit cordées sillonnent le Massif du Reynier.
Au Sud de Saharidj, la 4 assiste à un défilé d’un millier de personnes. Contact est pris, au Nord-Ouest de Maillot, par une patrouille de la C.C.A.S. avec un groupe de quatorze hommes de l’A.L.N., dont deux sergents-chefs, armés d’un fusil-mitrailleur et d’armes de guerre. Le chef du détachement indique que celui-ci est basé à Beni Ikhlef, et qu’il se rendait a Takerboust.
Après palabre, le groupe retourne à sa base. Il a été décidé d’un rendez-vous pour le lendemain matin, afin de mettre au point un modus vivendi.
Le Chef de Bataillon Bley et le Commandant Verborg vont le lendemain au rendez-vous, qui ne donne aucun résultat positif, les directives de l’A.L.N. différant totalement des nôtres, principalement en ce qui concerne les déserteurs. Le seul renseignement obtenu est que cette troupe appartient au Secteur 323/I.
Au cours des derniers jours de mars, le Capitaine Gaillard, commandant la 4ème Compagnie, suspecté par le chef de corps de sentiments favorables à l’O.A.S., a été arrêté et dirigé sur Paris. Il est remplacé, à la tête de la 4, par le Lieutenant Bridey.
Le Capitaine Faure, muté au I4ème B.C.A., est remplacé au commandement du Mi-Secteur Haïzer, par le Capitaine Charles Angelini.
En quinze jours à peine, six années de combats et de travaux, de fraternité d’arme avec les harkis, d’aide et de compréhension amicale avec les populations locales, ont été effacés. Le seul témoignage qui en reste est la longue liste des noms gravés dans la pierre du Monument aux Morts du Bataillon, dans la cour de la Ferme Porcher.

Avril
Le 2 avril, quinze cordées de la 3ème Compagnie sillonnent le Reynier et le Ras Timedouine.
Un peu partout, on commence à démonter les réseaux de barbelés des petits postes et leurs lignes téléphoniques.
Le 6, le Chasseur Laborderie, de la C.C.A.S., accidentellement blessé par arme à feu, est évacué par hélicoptère sur l’hôpital de Tizi Ouzou.
Le 7, l’élément de la 1ère Compagnie, qui était demeuré à Merkalla, quitte le poste, après démontage de l’infrastructure. Des hommes du F.L.N., en armes, sont signalés dans le Douar Haïzer, entre Merkalla et Irhorat, où se déroule une manifestation.
Quelques désertions se produisent parmi les appelés F.S.N.A.
Le 8, le Caporal Boudjaoui, de la C.C.A.S, disparaît avec un P.M. Mat 49.
Le 9, à la 1ère Compagnie, Telli Ben Ali emporte un P.M. et un fusil U.S. Garand.
La 2ème Compagnie abandonne la maison cantonnière de Dra El Khemis, pour s’aller cantonner à El Adjiba.
Le 11, c’est au tour de la 4ème Compagnie de quitter El Adjiba pour s’installer à Dra El Khemis. Le même jour, le poste de Tirilt M’tilguit est replié sur la Ferme Porcher.
Au cours des jours suivants la 4 reçoit un important contingent d’appelés F.S.N.A.
Le I5, elle prend l’appellation de 452ème U.F.L. (Unité de la Force Locale), dont le Capitaine Angelini prend le commandement.
La force Locale regroupe un certain nombre d’unités du même type, essentiellement composées d’appelés musulmans, qui, dans l’esprit du commandement, sont destinées à être intégrées dans la future armée algérienne.

Les deux premiers jours sont marquées par la désertion de Ben Tayeb le I6 et de Laoudj Benameur, le I7, et la disparition de leurs armes.
Les 20, 2I, 22 et 23, arrivent de nouveaux détachements, en provenance des 77ème et 80ème C.R.D. et du 61ème R.A.A., ainsi qu’un sous-lieutenant français-musulman, Derriche Mustapha.
Une manifestation, avec grève de la faim, vient en troubler le bon ordre le 25 avril. Le calme revient, dans la soirée, après intervention du Commandant Bley.
Et, le 28, la 452ème U.F.L. est présentée au colonel commandant le secteur, accompagné du sous-préfet de Bouïra.
L’activité du bataillon prend une orientation nouvelle. Patrouilles de présence, instruction montagne, garde au dépôt de munitions, tirs, démontage des baraquements des petits postes isolés, reversement des matériels et de l’armement superflus.
Le 25 avril, le Chef de Bataillon Bley rassemble le bataillon en entier - quatre cents hommes- au sommet du Lalla Khedidja - 2308 mètres - encore enneigé, après une marche convergente des unités sur trois itinéraires.
Les compagnies du mi-Quartier de Maillot rejoignent Saharidj sur véhicules. De là, la C.C.A.S. emprunte la piste qui, par Aïn Taliouine, rejoint le village d’irzer, pour se trouver devant 1a paroi Sud du Djurjura, haute de 950 mètres, dont elle atteint le sommet à la cote 1915. puis, par les crêtes, I856, 2078 et 2I40, elle arrive au sommet.
La 2ème Compagnie reprend la trace de son combat du 2 octobre 1959 par Tala Rana, Tala Roumrourene et 2058.
La 1ère Compagnie , débarquée à Tikjda, prend la file derrière la 3, sur la route du Tizi N’kouilal, par le Col de l’Akouker et le Tizi Boussouil. Toutes deux rejoignent le sommet par 20I8 et 2I40. Le regroupement est terminé pour 10 h 45.
Après une pause qui permet à chacun de mesurer l’effort accompli, les compagnies redescendent vers le Tizi N’kouilal, où se déroule une prise d’armes, avec remise de décorations et d’Étoiles d’Éclaireurs.

Les groupes du F.L.N. semblent éviter au maximum les rencontres avec les patrouilles du bataillon. Le 28, une patrouille du G.M.S. 77, à Beni Ouilbane, y trouve un certain nombre d’individus, en tenue de combat, armés de P.M. et de fusils de guerre, mélangés à la population. Ils indiquent être commandés par "le capitaine"... et s’esquivent.
Un camion Renault, immatriculé 810 N 9 L est aperçu à proximité de la gare de Maillot. Il transporte une vingtaine d’hommes en treillis, coiffés de casquettes brun-vert, quelques uns de casquettes "Bigeard". Ils cantonnent à la maison forestière de Tixerat, à six kilomètres au Sud-Est d’El Adjiba.
Un groupe armé, en tenue de combat, est aperçu, le 30 avril, au Sud de Takerboust, qui reflue vers le Nord à la vue de notre patrouille.

Mai
Le 1er mai, six hommes de l’U.F.L., désertent, en emportant cinq fusils Mas 36 et deux P.M. Mat 49. (Hacini Mohamed - Bouchareb Ahmed - Khalef Allaoua - Houamed Ali - Lezreg Mostapha et Khaled Abdelhamid). Deux d’entre eux, armés de Mas 36, reviennent le 2 mai. Les quatre autres se constituent prisonniers, le 3, à la sous-préfecture de Bouïra.
Une Compagnie de Marche est mise sur pied, avec des sections prélevées dans chaque compagnie, et maintenue en alerte, du 4 au 6 mai.
Le 6 mai, la 2ème Section de l’U.F.L. est mise à la disposition du sous-préfet de Bouïra, qui la dirige sur Mergueb El Ogab, où un groupe armé non identifié a été signalé par la population, Cette surveillance se prolonge jusqu’au IO et se termine par l’intervention de deux sections, aux côtés d’unités de la gendarmerie mobile, pour encercler la Ferme Bastos, qui est fouillée par les gendarmes.
L’armistice du 8 mai I940 est célébré par une prise d’armes, à Maillot et à Bouïra.
Deux sections de l’U.F.L. assurent la garde de la S.A.S. de Zeboudja.
Le 11, deux autres sections accompagnent les gendarmes qui procèdent au ramassage des armes détenues par les auto-défenses du Douar Errich.
Le Général Le Ray, commandant la 27ème D.I.A. et la Z.E.A., accompagné du colonel commandant le secteur et du commandant du bataillon, inspecte la 3ème Compagnie , à Tikjda.
L’Aïd El Kébir est fêté, le I4 mai, à la 452ème U.F.L.. Des désertions se produisent, tant au bataillon qu’à l’U.F.L.. Le I7 mai, le Caporal Alkema Mustapha, qui avait été mis en route sur Dellys, afin d’y suivre le peloton d’élèves sous-officiers, est signalé : "N’ayant pas rejoint". Outre son paquetage, il détenait un fusil U.S. Garand et 96 cartouches.
Les éléments de la C.C.A.S., qui avaient remplacé la 4ème Compagnie à Saharidj, sont relevés par une section de l’U.F.L. et regagne Maillot le 20 mai.
Le 20 également, débute à Tikjda le 1er stage de montagne de la 27ème D.I.A.. Les stagiaires, trois officiers, sept sous-officiers et cinquante - trois chasseurs, appartiennent aux 7ème, I5ème et 27ème B.C.A. Dés le lendemain, ils sont à l’oeuvre dans le Massif du Reynier.
Un début d’incendie de forêt, allumé par des projectiles traceurs au cours d’un tir à la mitrailleuse, au Sud du Moulin d’Afoud, est rapidement éteint par les gens de la 1ère Compagnie qui effectuaient ce tir.
Le 24, la 4ème Section de l’U.F.L. est mise en alerte et dirigée vers Mergueb El Ogab, où un accrochage s’est produit entre des éléments armés de L’A.L.N. et du M.N.A.. Un civil et deux hommes de l’A.L.N. ont été tués. Une seconde section la rejoint sur le terrain où elles passent la nuit.
La 452ème U.F.L. est inspectée, le 25, par le colonel commandant la Force Locale en Kabylie, et reçoit un renfort de quinze hommes.
Elle reçoit un nouveau renfort, le 26; trente-huit hommes en provenance du 45ème R.I.T.. Une cinquième section est formée, sous les ordres du Sous Lieutenant Deriche Mustapha.
La 3ème Compagnie bivouaque le 27 dans le Massif du Reynier. où elle effectue un tir de nuit.
Le 29, la 2 est héliportée au Lac Goulmine, d’où elle rejoint Tikjda par les crêtes, le Tizi N’cennad, le Ras El Maa et le Tigounatine.
Une section de l’U.F.L,, en cours de marche manoeuvre, rencontre un détachement de l’A.L.N., de la force de deux sections, tenues camouflées, armement de guerre, commandé par l’Aspirant Si Belaïd. Celui-ci fait aligner sa troupe et présenter les armes au passage de l’U.F.L.. Il indique au sous-lieutenant qui la conduit que ses hommes et lui se rendent à un enterrement.
L’après-midi, se déroulent au Marabout de Sidi Ali Ben Toumi, à 1 kilomètre 500 à l'Ouest de Maillot, les funérailles de l’Aspirant Si Ahcene Moussi, originaire des Ouled Brahim, commissaire politique qui avait en charge le Douar Haïzer depuis le "Cessez le feu". Il s’était installé à la S.A.S. d’Ihrorat et avait fait main basse sur 12 Jeep du délégué municipal du douar, Monsieur Taïl. À la suite d’une perte de contrôle, le véhicule s’était retourné. Il était mort des suites de ses blessures.
Plus de trois mille personnes assistent aux obsèques, dont les délégués municipaux de toutes les communes voisines - Monsieur TAïL pour le Douar Haïzer. Le service d’ordre est assuré par l’A.L.N. et l’on retrouve l’Aspirant Si Belaïd et ses deux sections Deux parcs ont été aménagés pour recevoir les cent cinquante véhicules qui ont amené les participants.
Les funérailles se déroulent dans le calme

Juin
Le deuxième stage débute le 3 juin, avec les S.E.M. des 27ème B.C.A et 11/93ème R.A.M..
Fin du stage le I2.
Quelques désertions sont signalées le 6.
Le Caporal Rassou, non rentré de permission, à la 3ème Compagnie , le Caporal Azougagh et le 1ère Classe Boulassel Mammar à U.F.L., sans emport d’armes;
Une première évacuation de familles de harkis du mi-Quartier de Maillot a lieu le 7.
Une seconde, le I3.
Les familles sont regroupées à Tefeschoun, en vue de leur transport en métropole.
Le 8, la Compagnie de marche est dirigée sur Alger, où elle prend cantonnement dans l’école de le Rampe Vallée. Elle rejoindra le bataillon le 2I juin, après avoir été mise, par section, a la disposition de différents escadrons de gendarmerie mobile, pour les renforcer.
Le I6, arrivent les S.E.M. du 6ème B.C.A. et du I59ème B.I.A. pour le troisième stage. Arrivent en même temps les S.E.M. des 7ème, I5ème et 27ème B.C.A. et du II/93ème R.A.M., qui viennent participer à la Journée Alpine du I7 au Boussouil.
En démonstrations: l’escalade de l’Azerou Gougane et le sauvetage et l’évacuation d’un blessé.
La journée se termine par une prise d’armes, autour du mât hissé au sommet de l’Azerou Gougane, sur lequel flottent les trois couleurs.
Le I8, le Lieutenant Jacquier, O.R. du Mizer, conduit à Alger son interprète, le Sergent-Chef Harki Terrak Ahmed, dont la vie est menacée par le F.L.N., et sa famille, pour qu’il soit dirigé sur le C.I. 22 à Nice, où on lui a fait contracter un engagement.
Il était temps d’ailleurs de procéder à ce sauvetage. Un peu partout, les auxiliaires de l’Armée Française sont victimes de représailles et de vengeances.
À El Esnam, le Sergent Harki Zerrouki a été massacré sur les marches de la gendarmerie, où il tentait de se réfugier. À Bouïra, Sarri Mohamed, dit "Mohand Halouani", terroriste devenu indicateur de police, est assassiné. Dans le Douar Haïzer, Ouchene Rabah, le chef de village d’El Massar, est traîné, nu, au bout d’une corde, derrière une Jeep, au travers des villages de la plaine, sa Croix de la Valeur Militaire épinglée à même la peau, couvert d’injures, de crachats et de coups. Toumi Tahar, l’Aspirant rebelle, devenu l’interprète du poste de Tirilt M’tilguit, et son fils, le sergent de tirailleurs, cité et décoré, sont enfermés au camp de Tizi Ouzou.
Le 2I juin, à Maillot, l’ex-Harki Daou Meziane, qui devait être rapatrié en France, est enlevé par le F.L.N..
La 3ème Compagnie est héliportée au Col de Tirourda, le 23 juin, et regagne Tikjda par la ligne des crêtes.
La 1ère Compagnie bivouaque le 26 à Aïd Haouari, et le 27 sur le Ras Tigounatine. Deux permissionnaires de l’U.F.L. sont portés déserteurs : Djemouai Yaïche et Benloucif. Le Chasseur Bianchi, de la 2ème Compagnie, accidenté au cours d’un exercice, est évacué sur l’hôpital de Maillot.
Le Lieutenant Belkhir, affecté à la 452ème U.F.L. prend le commandement de l’unité le 29 juin. Au 1er juillet, celle-ci quitte le giron du bataillon, dont on ne pourrait d’ailleurs pas dire qu’elle faisait réellement partie.

   1962  Juillet dans Algérie Algérienne
Ce 1er juillet, le Chef de Bataillon Jacques Bley est promu lieutenant-colonel, et le Lieutenant Galmiche est nommé capitaine.
Du 1er au 6, les troupes sont consignées dans leurs cantonnements, pour éviter tout incident avec la population, en raison du référendum et des manifestations que son résultat pouvait provoquer.
Les travaux de cantonnement, l’instruction du tir a toutes les armes, l’école d’escalade, plus spécialement pour la 3ème Compagnie, et les raids en montagne, deviennent l’activité quotidienne des compagnies.
Un détachement des 1ère et 2ème Compagnies participe à la prise d’armes du I4 juillet à La Réghaïa, P.C. des Forces Françaises en Algérie. Une prise d’armes a lieu à Maillot, avec remise de décorations.
Grande journée d’escalade le I5 : deux cordées à la petite Aiguille de la Main du Juif, deux autres à la Voie Molbert.
Le I6, une section de la 3 bivouaque au sommet du Lalla Khedidja. Une patrouille au Chalet du C.A.F. constate que celui-ci, tout comme son voisin, a été récemment pillé.
Le I9, trois sous-officiers musulmans de l’U.F.L. de Saharidj, se réfugient au P.C. du bataillon.
La 2ème Compagnie effectue, le 20, une reconnaissance de la ligne des crêtes, au Sud de la R.N.33, entre le Tizi N’kouilal et la Grotte aux singes.
Le 22, deux cordées de la 3 escaladent la Voie Guillotot et l’Arête des Chasseurs dans le Massif du Reynier.
Une Compagnie d’honneur, composée de sections de la 1ère, de la 2ème Compagnies et de la C.C.A.S., prend part à la prise d’armes de Tizi Ouzou, le 24.
Le 26, la famille d’un harki de Tazmalt est récupérée et remise au II/I9ème R.C.C. pour évacuation sur la France.
Le 28, cinq cordées escaladent le Reynier, trois par la "Directe", et deux par le "Z" tandis que cinq autres cordées gravissent la Main uu Juif.
Quatre cordées dans la Main du Juif le 29.

Août
Un détachement du 27ème B.C.A., en nomadisation, passe à Tikjda le 2 août, et en profite pour escalader le Reynier et l’Akouker les jours suivants.
Le 4, le Général Le Ray, commandant la Z.E.A., visite la 3ème Compagnie à Tikjda, où il demeure quelques jours.
Il assiste, le 6, à une démonstration d’escalade par la 3ème Compagnie.
Une section de marche, mise sur pied par la C.C.A.S., est dirigée, le 7, sur Tikjda, afin de suivre l’entraînement en montagne jusqu’au I3 août.
À tour de rôle, dans chaque compagnie, les sections passent une semaine "de vacances", sur la plage, à Tigzirt Sur Mer.
Le I2, le Service-auto intervient pour dépanner une voiture du corps diplomatique tunisien, immobilisée prés d’El Adjiba.
Le I5, six cordées de la 3 opèrent à la Main du Juif et au Reynier. Les compagnies reçoivent, à tour de rôle, la visite d’un père Blanc, qui vient y célébrer la Messe.
Assez souvent, depuis le début de juillet, les fils téléphoniques sont coupés entre Aïn Allouane et Tikjda.
Le I9, c’est l’eau qui manque, détournée par les paysans du village.
L’examen du C.A. I se déroule à Tikjda les 24 et 25 août.
Le 26, six cordées se retrouvent à la Main du Juif.
Un détachement de l’A.L.N.. fait son apparition au village de Tikjda le 28, et cantonne au Chalet des Cèdres jusqu’au 1er septembre.
Fils téléphoniques et eau coupés à nouveau le 3I.
       Septembre 1962

     (((  Sur site Harkis  <<< Meziane Daou, 63 ans, ancien harki, garde champêtre d'Ouled Brahim, arrêté, relâché, puis repris, a été exécuté, en août, à coups de bâtons, dans la cave de l'ancien Dar el Askri (maison des anciens combattants) à dix mètres du 22 ème BCA, après "jugement".>>> <<- Zaïdi, sergent, ancien combattant d'Italie de France et d'Allemagne, muté dans la force locale a subi le même sort.>>>)- Merouane Amar, père de famille nombreuse a été torturé; il a été ramené chez lui pour qu'il indique où il cachait son argent. Sa maison à Maillot était à cent mètres du P.C. du 22 éme B.C.A. Il a été abattu ensuite à Chelirfa.)))

Les libérables sont dirigés sur Alger les 3 et 5 septembre, en vue de leur retour en métropole.
La 1ère Compagnie est héliportée au Lac Goulmine le 7, et redescend par Merkalla.
Le 8, vers 4 heures du matin, une section de la 2ème Compagnie croise, à la sortie de Bouïra, un convoi de huit camions, (Berliet et Mercèdès), transportant une unité de L’A.L.N., que l’on peut évaluer à deux cent cinquante hommes. Deux voitures légères transportant les officiers les précèdent.
Une section de la 1ere Compagnie commence, le 1O, à Tikjda, le stage d’instruction montagne. La liaison est prise avec une compagnie du I5ème B.C.A., en nomadisation jusqu’au I4 dans la région de Tikjda.
Un renfort de personnel provenant du 94ème R.I. arrive le I5. Il est réparti le lendemain entre les compagnies.
La 3 assure la protection d’une D.Z. au Boussouil, pour la visite de l’Intendant Général, venu d’Alger.
Le Lieutenant Monange, commandant la 3ème Compagnie, et directeur de l’Instruction Montagne, qui effectuait devant des stagiaires une démonstration d’escalade, le I8 septembre, fait une chute de 4 ou 5 mètres. Souffrant de contusions multiples et d’une luxation de l’épaule, il est évacué sur l’hôpital de Tizi Ouzou pour en revenir immédiatement après plâtrage de l’épaule.
Le I9, arrivée de quatre-vingt-deux recrues du C.I. 22 de Nice, aussitôt ventilées entre les Compagnies.
Les cérémonies anniversaires du combat de Sidi Brahim se déroulent au Tizi Boussouil, le 22 septembre, en présence du Général Le Ray, commandant la 27ème D.I.A..
Le Lieutenant - Colonel Bley et la C.C.A.S. arrivent à pied, depuis le Col de Tirourda. où le convoi les a déposés. La 2ème Compagnie escalade le Lalla Khedidja, dans le brouillard, pour rejoindre le Tizi N’kouilal. La 3, partie de Tikjda, se fraie une piste par le Ras Timedouine et l’Aboucher. Les 1ère et 4ème Compagnies gravissent successivement le Reynier et l’Akouker pour arriver au terme.
L’une après l’autre, les compagnies se retrouvent dans la cuvette du Boussouil. À 11 heures, toutes sont arrivées.
Le bataillon se forme en carré pour la prise d’armes. Présentation au Général Le Ray. Honneurs au Fanion. Minute de silence à la mémoire de nos Morts.
Puis, le Lieutenant - Colonel Bley remet des Étoiles d’Éclaireur Skieur. Et tout d’abord au Général Le Ray, fervent montagnard et hôte assidu du Centre de Tikjda, qui est venu, envers et contre tous... les éléments, qui lui interdisaient d’arriver en hélicoptère.
Pot du 22 et repas de corps.
Le lendemain, 23, repos bien mérité pour tous.

Un élément de la 3ème Compagnie ratisse vainement le ravin du Tacift Irzer Agga, au droit du terre-plein du poste de Tikjda, pour retrouver un message lesté lancé d’un piper.
Les uns après les autres, les cadres officiers et sous-officiers de chacune des compagnies passent par Tikjda pour y apprendre, les uns, les rudiments de l’escalade, les autres, les techniques plus élaborées qui feront d’eux de véritables "araignées de roche".
Il en est de même pour les sections.
La 2ème Compagnie est devenue Compagnie d’Instruction et d’Encadrement des Pelotons d’Elèves-gradés.
La 1ère Compagnie, en cette fin de mois, travaille d’arrache-pied aàl’aménagement du Fort Turc, qui va devenir son P.C..
Les stages d’école de montagne continuent en novembre, Stages de cadres des unités de la division, stages de sections pour les compagnies du 22.

Octobre
Le 4 octobre, le P.C. et la C.C.A.S. abandonnent Maillot pour réintégrer la Ferme Porcher. La 1ère Compagnie prend possession du Fort Turc, et la 4ème Compagnie quitte Dra El Khemis pour s’installer à l’école coranique, à proximité de la gare de Bouïra.
Le IO, le médecin-colonel directeur du Service de Santé de la 27ème D.I.A. inspecte le bataillon.
Dans le cadre de la vie du bataillon s’inscrivent maintenant chaque semaine des activités sportives: rencontres de football et de volley-ball.
Au cours de la nuit du 11 au I2 octobre, le Chasseur Vexenat William emprunte la V.L. du chef de corps pour s’aller promener ! À la suite d’une fausse manoeuvre la voiture quitte la route; le conducteur est blessé.
Une présentation de matériel, chars et automitrailleuses du I9ème R.C.C. se déroule à la S.A.S. de Zeboudja du I5 au I9 octobre.
Le I9, à la suite d’une faute de conduite, un véhicule percute le parapet d’un pont, les Chasseurs Elie Di Russo et Roger Derrien, atteints de fractures diverses, sont évacués sur l’hôpital de Tizi Ouzou.
Le général commandant la 27ème D.I.A. visite le centre de Tikjda et assiste aux démonstrations d’escalade de la Main du Juif par deux cordées, et de l’Azerou Gougane par six cordées.
Le 22, se déroule sur le terrain d’aviation de la Ferme Bel Air la prise d’armes d’adieu du I9ème R.C.C. qui rentre en France.
Un renfort, en provenance du C.I.22 est réparti entre les compagnies le 23. La fanfare du I5ème B.C.A. donne un concert à Bouïra, avant de rejoindre Tikjda, où elle demeure jusqu’au 31 octobre.
Le démontage de la piste métallique du terrain d’aviation de Bel Air commence le 25.
Le 26, une patrouille sur la piste du Tizi Boussouil croise une unité de l’A.L.N., venant d’Aït Abd El Ali, au Nord du Djurjura, et se dirigeant vers Maillot.
Cette troupe escorte deux prisonniers.
Le même jour, arrivent au corps trois sous-officiers et quarante sept chasseurs, qui sont ventilés entre les compagnies.
La ligne téléphonique de Tikjda à Aïn Allouane est démontée. Un incendie de forêt, sur le versant Est du Tigounatine, est maîtrisé au cours de la matinée du 28.
Trente-huit personnes, réfugiées à la S.A.S. de Zeboudja, sont conduites en véhicule à Bel Air, d’où elles sont évacuées par hélicoptère vers un centre de regroupement, en vue de leur transfert en métropole.
Le général commandant la Z.E.A. inspecte les compagnies le 28. Une forte tempête sévit sur la région les 29, 30 et 3I octobre. L’antenne, du poste de Tikjda est arrachée ainsi que la ligne téléphonique de la Ferme Bel Air, où une section du bataillon relève l’élément du I9ème R.C.C. qui en assurait la garde.

Novembre
Une manifestation F.L.N. se déroule le 1er novembre à Bouïra, où sont stationnées deux fortes sections de l’A.L.N., tandis que, dans chaque compagnie, une section est sur pied d’alerte.
Le 3, les libérables de la classe 60/2B déposent une gerbe devant le Monument aux Morts du Bataillon, avant leur départ pour la France. Arrive le même jour un renfort de cinquante et un hommes, en provenance du III/2ème R.I., suivi, le 5, d’un groupe de neuf hommes du 29ème R.I. et de cinq sous-lieutenants et aspirants nouvellement affectés.
Le démontage de la clôture du parc à munitions et du hangar de la 77ème C.R.D. commence le 6 novembre.
Le 7ème stage d’instruction montagne débute, ce jour-là, au Chalet du C.A.F.. Le 8, vers 9 H 30, un convoi de V.L. traverse Bouïra, transportant Ben Bella, Boumedienne et leur escorte.
L’Armistice du 11 novembre est célébré, dans la cour de Porcher par une prise d’armes. Une Compagnie d'Honneur a été constituée d’une section de chaque compagnie. Minute de silence, dépôt de gerbe, en présence du consul de France à Bouïra et de quelques civils européens.
Une section est détachée, le I4, en gare d’Aomar, pour assurer la garde d’un convoi de munitions, qu’elle escorte le lendemain jusqu’à Tizi Ouzou.
Le 24, la 2ème Compagnie quitte El Adjiba, où elle a été passée en revue, la veille, par le chef de corps, pour aller s’installer à Dra El Mizan, où la brigade de gendarmerie a été dissoute le I8.
Deux sections destinées à la garde du Corps d’Armée d’Alger sont présentées au général le I8.
Elles rejoignent Bouïra le 20.
Une section de la 3ème Compagnie renforce la 2 à Dra El Mizan. La gendarmerie de Bouïra déménage le 26 et est remplacée par un poste de prévôté militaire.

Décembre
Le général commandant la 27ème D.I.A. passe l’inspection du bataillon le 3 décembre
Le 4, le Lieutenant - Colonel Bley assiste à la prise d’armes de départ du I/6Ième R.A.A..
Escortes et convois de matériels et de munitions se succèdent, de même que les inspections des services techniques : Intendance et Matériel.
Le chef de corps et deux compagnies prennent part, le 12, à la prise d’armes d’adieu du Général Le Ray à Tizi Ouzou.
Les libérables de la classe 1961/2B quittent Bouïra, après la traditionnelle cérémonie au Monument aux Morts du Bataillon.
La 3ème Compagnie quitte Tikjda le 29 décembre, pour s’installer à Rouiba, à l'Est d’Alger; les sections sont réparties entre le poste de Djebel Dira, Clos du Parc, Fort d’Estrées et la Ferme Dira.


Année  I 9 6 3

Le 22ème B.C.A. fait maintenant partie de la 31ème Brigade, que commande le Colonel Fournier, et de la 20ème Division d’Infanterie, dont le chef est
le Général Le Masson.
Janvier
Le chef de corps assiste, le 1er janvier à une réception donnée par le Consul de France à Bouïra.
Deux sections sont détachées à Aumale, que quittent les unités du secteur, pour revenir aussitôt ; l’Armée Nationale Populaire prend à son compte le cantonnement que vient de libérer le I53ème R.I.M..
Le début du mois est marqué par les inspections des nouvelles autorités dans les divers postes, et le repérage de nouveaux cantonnements de repli. Un P.C. avancé est mis en place, le 13 janvier à Rocher Noir, et une garde à l’E.M. Sirocco.
Le 16, la 2ème Compagnie commence le démontage de la ligne téléphonique et des réseaux de barbelés du poste de Dra El Mizan.
La 1ère Compagnie envoie, le I8, un élément précurseur à Belle Fontaine. Du 20 au 24 le P.C. et la C.C.A.S. emménagent à Courbet Marine, où le P.C. avancé de Rocher Noir les rejoint le 25.
Le Bordj de Dra El Mizan, qui a été évacué le 2I, est remis aux autorités algériennes.
L’essentiel des activités du bataillon, en dehors de l’instruction et de l’entraînement montagne, va maintenant être d’assurer la garde de l’État-Major Interarmées de La Réghaïa, de l’E.M. de Rocher Noir et de quelques points sensibles : Belle Fontaine, Djebel Dira.
La neige, pendant plusieurs jours, permet aux écoles de ski de fonctionner à Djebel Dira.
Le 30 janvier, à Courbet Marine, a lieu la cérémonie de passation de commandement du Bataillon, en présence du Général Le Masson et du Colonel Fournier. Le Chef de Bataillon Jean Marchal succède au Lieutenant - Colonel Jacques Bley, muté à l’École Supérieure de Guerre.
Ordre du Jour du Chef de Bataillon Jean Marchal, prenant le commandement du 22ème BATAILLON de CHASSEURS ALPINS.
Appelé à l’honneur de prendre le commandement du 22ème Bataillon de Chasseurs Alpins, je m’incline avec émotion devant son Fanion, dont les plis sont lourds des témoignages de l’héroïsme de ses Anciens.
C’est avec beaucoup de fierté et de joie que je prends la tête d’un bataillon que je connais déjà, pour avoir combattu à ses côtés dans le Djurjura, et dont le Lieutenant - Colonel Bley, grâce à l’allant, au dynamisme, aux qualités d’officier, de chasseur et d’alpin qui sont les siennes, a fait un outil sûr, précis, bien en mains, efficace dans la guerre comme dans la paix.
Nous avons maintenant quitté cette Kabylie si pleine de nos souvenirs. La mission nouvelle qui nous attend est certes moins glorieuse que celles que vous venez de remplir ces dernières années, mais c’est aussi une mission de Français et de Soldats décidés à servir leur Patrie.
Nous devons travailler dans tous les domaines, nous instruire dans le cadre de l’Armée qui se forme, pour y gagner la première place : celle d’un Bataillon de Chasseurs Alpins disciplinés, solides au physique comme au moral, loyal envers ses chefs, fier et digne de ses traditions.
La tâche sera rude, ingrate parfois, souvent austère. Je compte sur vous pour, en équipes, en cordées homogènes, m’aider à la mener à bien.
Le Chef de Bataillon Marchal.
Commandant le 22ème B.C.A.
Février
Le 5 février, un détachement rend les honneurs, sur le terrain d’aviation de La Réghaïa, au Général De Brébisson, général commandant en chef en Algérie, et à l’Amiral Ortoli.
Escorte de convoi entre Bouïra et Courbet Marine, escorte de convoi à Marengo, le 6 février.
Un exercice interarmes à tirs réels met en oeuvre, le 8, la 1ère Compagnie, le Peloton d’Elèves Gradés, deux pelotons du 29ème Régiment de Dragons, un Broussard et deux avions de chasse.
Le poste de Djebel Dira est évacué le I4 février. La S.E.M., qui l’occupait, rejoint le P.C. de la 3ème Compagnie à la Ferme Solbetz.
Le 22, inspection du général commandant la 20ème D.I. et du colonel commandant la 31ème Brigade.
Une section rend les honneurs au vice-amiral commandant la Base de Mers El Kébir, le 22, à La Réghaïa.
Le 26, un renfort de quatre-vingt-six hommes, venant de France, et un détachement en provenance du I8ème Régiment de Dragons, rejoignent le corps.
Le 27, la S.E.M., sous le commandement du Lieutenant Monange, est héliportée au Col de Tizi N’kouilal, en présence du Colonel Fournier, du Chef de Bataillon Marchal et du Commandant Verborg. Il s’agit pour elle de réaliser un raid de trente-six heures en montagne enneigée. Le raid est effectué dans des conditions très difficiles : neige, brouillard et verglas. Retour au cours de la journée du 1er mars.

Mars
Le 7 mars, deux sections effectuent une randonnée au Bou Zegza, à l'Ouest-Nord-Ouest de Palestro.
Raid de deux sections dans la région de Tikjda, le I2. La S.E.M. est héliportée au Tizi N’kouilal, d’où elle revient par la R.N.33 jusqu’à l’Agouni Guerbi, où elle bivouaque.
Le I5, le chef de Bataillon Marchal assiste, au Camp Bonvallot, à la prise d’armes de dissolution du 9ème R.I.M.A.. Une section est détachés à Hydra, pour y effectuer le démontage des baraquements.
Le Chasseur Rouan, de la 1ère Compagnie, est blessé accidentellement par balle et évacué sur l’hôpital militaire d’Alger.
Le 26 mars, la 3ème Compagnie signale la désertion du Chasseur Bernard Berthet, avec emport de son arme, un P.M. Mat 49.
Le 29, la municipalité de Courbet signale sa présence aux abords de Corso. Il est intercepté par une patrouille du 22, accompagnée de gendarmes de la prévôté militaire, et dirigé le 2 avril sur la prison régimentaire du 29ème Régiment de Dragons au Camp Bonvallot.
Du 25 au 3I mars, l’Ecole d’Escalade s’implante au Bou Zegza, où elle reçoit, le 3I, la visite du général adjoint au commandant de la 20ème D.I., accompagné du Colonel Fournier et du Chef de Bataillon Marchal.
Deux sections sont dirigées, le 30, sur le port d’Alger, pour y assurer un service de garde.

Avril
Les exercices de combat, le tir à toutes armes et l’entraînement montagne, en particulier à Tikjda, vont être, en dehors des gardes et servitudes obligatoires, poussés, au cours du mois d’avril, à un niveau rarement atteint.
L’Ecole d’Escalade du Bou Zegza fonctionne à plein.

Le 8 avril a lieu l’examen des candidats au C.P.1 et au C.A.1. Le 9, le Général du Temple de Rougemont, nouveau commandant de la 20ème D.I., inspecte l’Ecole d’Escalade, en compagnie du Colonel Fournier.
Le IO, le Chef de Bataillon Marchal, le Fanion du Bataillon et la 3ème Compagnie, rendent les honneurs au général, chef d’État-major des Armées, au P.C. de La Réghaïa.
Quatre-vingt-deux recrues en provenance du C.I.22 arrivent à Courbet Marine le I9 avril. Une famille musulmane - une femme et deux enfants - se réfugie au P.C. et demande la protection de l’Armée Française.
Raid de dix-huit kilomètres, par équipes, le 24. Reconnaissance de D.Z. au Lac Goulmine et à la Dent du Lion le 25.
L’officier de renseignements se rend, le 29, à Bouïra et à Maillot, pour organiser la protection et le repli de familles de harkis.

Mai
Le 4 mai, le Chasseur Caboter, de la 1ère Compagnie, grièvement blessé à la suite d’une chute accidentelle, est évacué sur l’hôpital Maillot, à Alger.
Le 5, un musulman se réfugie à La Réghaïa, et demande protection. Il est conduit, le 7, au centre de rassemblement de Zéralda.
Le 5, le bataillon en entier dispute le Challenge du Nombre, qui est remporté par la 2ème Compagnie.
Le 8 mai, la cérémonie aux Couleurs, prend, à Courbet Marine, une importance inhabituelle. Elle est suivie d’une prise d’armes, au cours de laquelle le Chef de Bataillon Marchal procède à une remise d’Étoiles d’Éclaireurs
Le peloton d’élèves sous-officiers est inspecté, le 11 mai par le Colonel Fournier, commandant la 31ème Brigade.
Le I2, exercice de combat au Djebel Bou Arous, entre Courbet Marine et Ménerville, avec la participation de la 1ère Compagnie, des pelotons BA1 et BA2, d’un peloton d’A.M. du 29ème Dragons et d’un avion d’observation, en présence du colonel commandant la brigade.
Stages A.L.A.T. pour les officiers, les I3, I4 et I5 mai.
Le Commandant Verborg, commandant en second, affecté à l’E.M. de la Subdivision de Savoie, à Chambéry, quitte le bataillon le I6.
Les honneurs lui sont rendus par deux sections de la 4ème Compagnie. Il est remplacé dans ses fonctions par le Capitaine Roger Vuillerot. venant de l’E.H.M..
Une femme musulmane et ses enfants se réfugient à Courbet Marine et sont dirigés sur le centre de Zéralda.
Le I9, le chef de corps et cent-dix gradés et chasseurs effectuent une sortie touristique dans la région de Tipasa, où se trouve le célèbre "Tombeau de la Chrétienne" ; sortie renouvelée, le 2I, par un second contingent de visiteurs.
Le 22, au cours de l’entraînement au pentathlon, sur le stade de Maison Carrée, le Chasseur Sandon fait une mauvaise chute et se fracture la jambe droite. Il est évacué sur l’hôpital Maillot.
Inspection du général commandant la division, accompagné du commandant de la Brigade, le 27.
La Coupe du Challenge du Nombre, est solennellement remise par le chef de corps à la 2ème Compagnie, au cours d’une visite du colonel adjoint au commandant de la 31ème Brigade, le 27 mai.

Juin
Le 1er juin, une femme musulmane et ses trois enfants se réfugient à Courbet Marine, et trois musulmans à Rocher Noir. Ces derniers sont dirigés pour hébergement sur Courbet Marine, en attendant leur transfert à Zéralda. Un musulman se réfugie à Courbet Marine le 5, un autre le 6. Ils rejoindront Zéralda le 6.
Exercice de combat pour la 1ère Compagnie, les pelotons BA1 et BA2, e 6, en présence du chef de corps.
Un homme, une femme et cinq enfants demandent protection, le 9 ; une femme et deux enfants, le IO ; un homme (qui s’était présenté à La Réghaïa), le I2.
Le I3, la 1ère Compagnie commence à faire mouvement, de Ménerville sur Rocher Noir, où elle est définitivement installée le I9.
Le I6, un camp montagne s’organise autour du Chalet du C.A.F. dans la forêt de cèdres au dessus de Tikjda. Les premiers occupants en sont la S.E.M. et la 3ème Compagnie, commandées par le Lieutenant Monange. Elles sont inspectées, le I8, par le chef d’E.M. de la Brigade
Le 20, accueil d’une famille musulmane, puis de deux familles.
Le 23 juin, deux enfants musulmans sont tués par l’explosion d’un engin, au Sud-Ouest de Courbet Marine.
La 4ème Compagnie part pour quarante-huit heures de nomadisation dans le Djebel Bou Arous.
Une panne de la station de pompage de Courbet Marine prive le camp d’eau pendant deux jours.
Le Colonel Fournier, commandant la 3Ième Brigade inspecte le camp de montagne du C.A.F. le 27.
Depuis l’explosion du 23, la hantise des engins explosifs se développe parmi la population de la région.
Le 29, le chef de brigade de gendarmerie algérienne de Ménerville signale une mine sur la plage du Figuier. L’équipe de déminage, avec beaucoup de précautions, met à jour un vieil aérosol "Fly Tox" vide.

Juillet
Le 1er juillet, le Commandant Marchal inspecte le camp de montagne, où vient d’arriver un détachement du I59ème B.I.A.. Le Capitaine Vuillerot est promu chef de bataillon.
Le 5, le chef de corps préside une prise d’armes à la Ferme Solbetz, pour la prise de commandement du Capitaine Grammont, qui succède au Capitaine Monange (promu le 1er juillet) à la tête de la 3ème Compagnie. Le Capitaine Monange est muté à l’E.H.M.. de Chamonix.
De nouveaux musulmans viennent demander protection : Un homme à Courbet Marine le 7, trois autres à la Ferme Solbetz.
Tous sont dirigés sur Zéralda.
Un détachement d’un officier et douze chasseurs est transporté, le 8, par hélicoptère, sur les lieux d’un accident d’avion, dans la région de BATNA, afin d’assurer la garde de l’appareil.
Le Capitaine André Montagne prend le commandement de la 1ère Compagnie en remplacement du Capitaine Angelini, affecté à l’E.M. de la 3ème Demi-Brigade Alpine.

Le 11 juillet, un élément de stagiaires du centre de montagne effectue une reconnaissance à la cote 1919, à un kilomètre au Nord de la Dent du Lion, et bivouaque entre la Dent du Lion et le Lac Goulmine.
Reconnaissance de la Dent du Lion le I2.
Le I4 juillet, le Chef de Bataillon Marchal, le Fanion et deux compagnies, participent à la prise d’armes au P.C. de La Réghaïa.
Le Capitaine Pelardy, commandant la 4ème Compagnie, muté à la Section Technique de l’Armée, est remplacé, le I6, par le Capitaine Jean Yves Marchand.
Une section de l’Armée Nationale Populaire cantonne à Courbet Terre le I6. Une autre section s’installe sous la tente, le I9, à l'Est du Figuier.
Deux familles européennes (quatre personnes) quittent le village de Rocher Noir le I9. Un ancien harki se réfugie, le 20, à Courbet Marine.
Les stagiaires du camp de montagne effectuent, le 23, une reconnaissance à l’Azerou N’chria.
Des unités de l’A N P, de l’importance d’une section, viennent s’intercaler de plus en plus fréquemment entre nos postes. Le 2I, une patrouille en armes s’est promenée dans le village de Courbet Marine. Le 24, une section installe un bivouac sous la tente près de la Ferme Solbetz. De nombreux mouvements de patrouilles et véhicules s’effectuent entre Le Figuier et Courbet, au cours des jours suivants.
Une compagnie effectue un raid de nuit de vingt-cinq kilomètres dans la région de l’Oued Isser, avec traversée a gué de l’oued.
Au cours de la nuit du 26 au 27, le Chasseur Peitavi Daniel, de garde à l’intérieur du camp de Courbet Marine, abandonne son poste en emportant son arme, un fusil Mas 36/5I et dix cartouches. L’arme sera rapportée le 11 octobre par la prévôté.
Le 29 juillet, vers I8 heures, une Jeep, dans laquelle avait pris place l’Adjudant Sabaïni Marcel, se retourne après avoir dérapé sur le sol mouillé. Atteint d’une luxation du coude droit, l’Adjudant Sabaïni est évacué sur l’hôpital militaire.
Le général commandant le 20ème Division et le colonel commandant la 31ème Brigade inspectent le camp de montagne de Tikjda le 3I, en présence du chef de bataillon Marchal.

Août
Deux familles de Bouïra (neuf personnes) sont évacuées le 1er août sur Zéralda. Le même jour arrive à Courbet Marine un renfort de quinze hommes de troupe.
La 1ère Compagnie, qui cantonnait à Rocher Noir, relève, à la Ferme Solbetz, la 3ème Compagnie, qui vient la remplacer a Rocher Noir, le 5 aout.
Le 9 août, vers 7 heures, le Caporal J.P. Schuster, qui fait partie d’une cordée d’escalade au Ras Timedouine, est heurté à la tête par une pierre détachée de la paroi par l’homme qui le précède. Déséquilibré, il bascule et fait une chute d’environ cinq mètres. Il est rapidement évacué par hélicoptère sur l’hôpital militaire d’Alger.
Le Chef de Bataillon Marchal se rend, le IO au camp de montagne et au Boussouil.
Le I2, quatre anciens harkis, viennent demander asile a Courbet Marine.
Sortie en montagne pour les stagiaires, le I3 : Dent du Lion, Lac Goulmine.
Le I4, une patrouille surprend, vers 9 heures, deux musulmans qui escaladent les barbelés d’enceinte du camp de Rocher Noir, à proximité de la porte Sud, les capture et les remet à la prévôté.
Le I5, une patrouille découvre, vers I7 heures, à un kilomètre à l'Est de Rocher Noir, le cadavre d’un européen tué par balle, gisant auprès d’un véhicule Ford Taunus, et alerte la gendarmerie algérienne et la prévôté.
Un renfort de cent neuf hommes arrive le I6 août. Deux officiers de l’A.N.P., accompagnés de l’officier de liaison de la 3Ième Brigade, viennent en visite au camp de Courbet Marine.
Le 19 a lieu au Boussouil une démonstration d’escalade et de combat en montagne, en présence d’officiers de l’E.M. de la 31ème Brigade.
À 2I heures, une femme musulmane, épouse d’un harki, se présente avec ses deux enfants à la Ferme Solbetz, et demande à rejoindre son mari, déjà replié en France.
Le 23, une compagnie de l’Armée Nationale Populaire bivouaque entre le Lac Goulmine et I750 (1 Km Est de Goulmine). Deux véhicules, genre 6x6 blindés, stationnent au village de Tikjda.
Une patrouille de l’A.N.P. circule dans l’agglomération de Courbet Marine, où se trouvent de nombreux permissionnaires. Une compagnie de l’A.N.P., en exercice de combat dans le Djebel Bou Arous, interdit le passage à une section du bataillon, elle-même en manoeuvre. L’incident nécessite une chikaia entre l’officier de liaison du 22 et celui de P.C. de l’A.N.P. de Ménerviile.
À Courbet Marine, le 25, des enfants musulmans font des gestes hostiles vis à vis d’officiers du bataillon.
Le 27, un chasseur est la cible de jets de pierres.
Le 29, des jeunes gens profèrent des menaces à l’encontre de chasseurs.
L’A.N.P. interdit la circulation des stagiaires du camp de montagne dans certaines zones où se trouvent des unités de son obédience.
La 4ème Compagnie effectue une sortie de trente-six heures, le 28 août. Le même jour un ex-harki se présente au camp de Courbet Marine.
Une section de l’A.N.P. en tenue et paquetage de combat manoeuvre à l'Est de Courbet Marine.
À Tikjda, les équipes du camp de montagne procèdent au dégagement par explosifs d’une masse rocheuse d’environ vingt mètres cubes, qui obstrue la R.N.33, à hauteur de I638. L’opération dure plusieurs jours et se déroule en présence des représentants des Travaux Publics, des responsables des villages voisins et de la gendarmerie algérienne.
La route est rendue praticable à tout véhicule de tourisme, entre Tikjda et le Tizi N’kouilal a compter du 4 septembre.
Le 28 août, le Général de Camas, qui succède au Général de Brébisson au poste de Commandant Supérieur des Troupes Françaises en Algérie, passe l’inspection des 2ème et 3ème Compagnies à Courbet Marine .
La Gendarmerie Algérienne et les T.P. adressent leurs remerciements au commandant de la 3ème Compagnie.

Septembre
Le 8 septembre, l’explosion d’un engin fait trois morts et huit blessés graves parmi les enfants musulmans de la colonie de vacances des C.F.A. de Tikjda, ancien cantonnement de la 2ème Compagnie. Le camp de montagne porte immédiatement secours aux blessés et les évacue sur Bouïra. Il s’agit vraisemblablement de l’explosion d’un projectile de L.R.A.C., tiré au cours des stages du P.I.S.T. les années précédentes.
Une femme musulmane et un enfant se réfugient à Courbet Marine le 8, un homme le 10.
Le commissaire de police de Bouïra, en visite au camp de montagne, confirme au commandant de la 3ème Compagnie que les autorités algériennes ont l’intention de récupérer la chalet du C.A.F. pour y installer un centre de sports d’hiver.
Le I3, se déroule un exercice avec participation de chars, d’un D.L.O. et de l’A.L.A.T., dans la vallée de l’Oued Isser.
Cet exercice est recommencé le I5. Il doit être interrompu a la demande du sous-préfet de Maison Banche.
Un exercice de technique d’héliportage a lieu le même jour, avec la participation de cent cinquante hommes, chasseurs et cavaliers du 1er R.C.A..
Le colonel commandant la 31ème Brigade inspecte le camp de montagne le I6. Un accident de Jeep fait un blessé à Tikjda.
Le I8 septembre, pour la célébration du 118ème anniversaire du combat de Sidi Brahim, deux prises d’armes se déroulent, l’une au Lac Goulmine pour les stagiaires du camp de montagne, l’autre à Courbet Marine.
Un renfort de quarante-six hommes provenant du I46ème B.I. rejoint le corps le 20 septembre. Les stagiaires du camp de montagne effectuent une sortie de trente-six heures, avec bivouac de nuit.
La section d’éclaireurs du I59ème B.I.A. quitte le camp de Tikjda le 25.
Le 28, le Lieutenant Louis Binant prend le commandement de la 2ème Compagnie, en remplacement du Capitaine Ollé Laprune, qui rejoint l’E.M. du secteur français de Berlin.

Octobre
Le 1er octobre, le Chef de Bataillon Marchal est promu lieutenant colonel.
La 3ème Compagnie procède au déménagement du chalet du C.A.F. La 1ère Compagnie est désignée pour assurer la garde et la sécurité de la Base d’Aviation de La Réghaïa - B.A. I46-. L’aménagement des cantonnements commence le 11 octobre, et l’installation de la compagnie le 23.
La 3 a trouvé, en bord de mer, un site propice à l’escalade, à proximité du Figuier, et y prend ses habitudes dés le I6 octobre.
L’équipe de cross du bataillon participe aux championnats de la 3Ième Brigade le I8 octobre. Deux musulmans sont venus demander asile le I6.
Une section rend les honneurs au Général de Camas, commandant supérieur des F.A.F.A., lors du concours hippique de La Réghaïa, le 20 octobre.
Prise d’armes à Sirocco, le 24, avec participation du chef de corps et d’une Compagnie d'Honneur.
La Ferme Solbetz, précédemment occupée par la 1ère Compagnie, est remise à la Gendarmerie Algérienne.
Inspection du colonel adjoint au général commandant la 20ème D.I. le 30. La compagnie d’instruction et une section de la 2ème Compagnie effectuent une sortie de vingt-quatre heures avec bivouac gardé et patrouille de nuit.
Une section de la 4ème Compagnie est détachée en renfort de la 1ère Compagnie à la garde de la base aérienne

Novembre
Prise d’armes de deux compagnies, en présence du chef de corps, le 4 novembre, à l’occasion de la prise de commandement du Capitaine Eugène Cacheux, qui remplace, à la tête de la C.C.A.S., le Capitaine René Bluteau, affecté à la 40ème Compagnie de Camp, à Rivesaltes.
Fin de peloton d’élèves gradés au Camp Bonvallot et remise des galons, en présence du chef de corps.
Une réfugiée musulmane le 8.
Prise d’armes à l’E.M.I de La Réghaïa, le 11, à laquelle participent le chef de corps, le Fanion et deux compagnies. Une autre compagnie prend part à la prise d’armes de Sirocco. Prises d’armes également à Rocher Noir et Courbet Marine.
Le I2, à Aïn Taya, les honneurs sont rendus au Général de Camas par le chef de corps, le Fanion et une compagnie, Section d’Honneur, le I3 novembre, pour la visite de l’Amiral Laisne à l’E.M.I..
Six chasseurs sont mis en route sur le stage de maître-chien à Blida. Du 20 au 22, l’école à feu aux armes lourdes - mortiers de 60 et de 8I, canon sans recul de 75 - se déroule à Boghar, avec la participation de cinquante-huit gradés et chasseurs.
Nouvelle école à feu le 26 novembre.
Le 28, un enfant musulman, qui traverse brusquement la route entre deux véhicules d’un convoi, est happé par le second et malheureusement tué.

Décembre
Un ouragan provoque, au cours de l’après-midi du 2 et au cours de la nuit du 2 au 3 décembre, de sérieux dégâts au camp de Courbet Marine.
Sur le port, le 4, la sentinelle de garde à la clôture Sud ouvre le feu sur un civil qui s’est introduit à l’intérieur du périmètre militaire et qui réussit à s’enfuir.
Dans le cours de l’après-midi du 6, un civil est arrêté au dépôt d’ordures de la Base et remis à la prévôté.
Le 7, à 2 heures du matin, deux individus sont interceptés à l’intérieur de la Base et remis à la prévôté.
Inspection à l’Ecole d’Escalade du Bou Zegza, le 6, par le général commandant la 3Ième Brigade.
Le 8, après-midi, une sentinelle signale que deux militaires de l’A.L.A.T. ont transmis du matériel, par dessus la clôture, à des civils algériens.
Le I3, vers IO H 30, deux chasseurs, sans armes, qui effectuent une liaison à l’intérieur de la base, surprennent deux musulmans qui volent du grillage et s’enfuient à leur arrivée en les menaçant d’un poignard.
Le I4, dans le cours de l’après-midi, une patrouille intercepte trois Algériens à l’intérieur de la base et les remet à la prévôté.
Le détachement précurseur du I59ème B.I.A., qui doit relever le 22ème B.C.A., dont le retour en France est imminent, se présente à La Réghaïa le I7 décembre.
Une section est détachée, le 23, à proximité d’Aït Aïssi, pour assurer la garde d’un hélicoptère accidenté.
Le Lieutenant Colonel Marchal assiste, le 30, à une prise d’armes au Camp Labat, et, le 3I, au Camp Bonvallot.

I 9 6 4

Le 1er janvier, le Lieutenant - Colonel Marchal effectue la tournée des compagnies.
Le bataillon, qui doit rejoindre la France le 3I janvier, et être remplacé à la garde de la Base de La Réghaïa par le I59ème B.I.A. commence sa réorganisation.

Le 9 janvier I964, en présence du Général de Camas, commandant en chef des Forces Françaises en Algérie et du Général du Temple de Rougemont, commandant la 20ème Division d’Infanterie, se déroule, sur la place d’armes de Courbet Marine, la prise d’armes d’adieu du 22ème Bataillon de Chasseurs alpins.
Ordre du Bataillon N° 568.
Officiers, sous-officiers,
Caporaux-chefs, Caporaux, Clairons et Chasseurs
du 22ème Bataillon de Chasseurs Alpins.
Pour la dernière fois, venant des garnisons de La Réghaia, de Rocher-Noir, de Rocher-Noir-Plage, nous voici rassemblés sur la place d’Armes de Courbet - Marine au complet, sous les plis chargés de gloire du Fanion du Bataillon et des Fanions des cinq compagnies.
Pour la dernière fois aussi, nous allons défiler sur cette terre d’Afrique, que nous quitterons bientôt, le coeur lourd de tant de souvenirs.
Arrivé au Maroc en septembre I955, cent ans après sa création, puis en Algérie au début de I956, le 22ème aura, dans ses secteurs successifs de Oujda, Berkane, Michelet, Bouïra, Maillot, Dra El Mizan, Courbet - Marine, Rocher - Noir, La Réghaia, combattu, pacifié, travaillé pendant huit ans et cinq mois.
Cinq Officiers, huit sous-officiers, trente-neuf Chasseurs et Harkis sont tombés au combat. Tout à l’heure, nous honorerons leur mémoire en présence des plus hautes autorités militaires des Forces Françaises en Algérie.
Nous ne les oublierons pas. Nous n’oublions pas non plus le fruit de leurs sacrifices : 720 adversaires hors de combat, 3I écoles ouvertes et deux mille enfants scolarisés, neuf mille consultations médicales mensuelles assurées en I96I-I962 aux populations pacifiées.
Tout au long de cette période le bataillon n’a pas failli à ses Traditions. Il est resté digne du passé.
Puis, il y a un an, prenant votre tête au moment de notre reconversion, je vous ai beaucoup demandé. Vous avez pleinement répondu à mon appel, et, par un travail incessant dans tous les domaines, au milieu des plus grandes difficultés, vous vous êtes classés parmi les meilleurs.
Par sa tenue brillante sous les armes, son allant sur le terrain, ses qualités techniques dans le Djurjura et sur les rochers du Bou Zegza, le 22ème, dernier Bataillon de Chasseurs Alpins en Algérie, est bien demeuré dans la grande lignée des Chasseurs et des Troupes de Montagne.
Vous m’avez ainsi donné les plus belles satisfactions qu’un Officier puisse connaître. Je vous en remercie.
Ainsi, c’est bien tristement que je verrai sous peu se disperser la cordée homogène que nous avions formée tous ensemble. À chacun d’entre vous vont tous mes voeux affectueux pour vos activités futures.
Comme nos Anciens, gardons dans nos coeurs le souvenir de notre magnifique Bataillon, qui, depuis I855, dans la Guerre comme dans la Paix, a toujours répondu "présent" à l’appel de ses Chefs.
Bientôt cependant il va disparaître.
Puisse-t’il un jour reprendre sa place au premier rang des serviteurs de la patrie, et que, dans cette garnison de Nice qui nous est chère retentisse encore notre fière devise :
"N U L N E C R A I N S."
Vive le 22ème Bataillon de Chasseurs Alpins !
À S.P. 86.485, le 9 janvier I964.
Le Lieutenant - Colonel Marchal
Commandant le 22ème B.C.A
Janvier
Ventilation des cadres et chasseurs, reversement de l’armement et du matériel, sont les principales préoccupations. Une section du Génie arrive le IO à Courbet Marine, pour procéder au démontage des baraquements. Onze véhicules sont reversés à Blida. Des conteneurs sont mis à la disposition des compagnies pour l’emballage du matériel qui doit être rapatrié.
Une compagnie du I59ème B.I.A. arrive à La Réghaïa le I7 et relève la 1ère Compagnie , dont une section est mutée au I59. Cinquante-quatre gradés et chasseurs sont dirigés sur le 45ème B.T., la 8I4 C.E.T. le 5/42 B.T., la I06ème C.M.T., le I8 janvier.
Le I9, soixante-quatre gradés et chasseurs sont réparti entre la 70ème Compagnie du Génie et le I9ème Bataillon du Génie.
Le matériel et les véhicules qui rentrent en France sont amenés à quai dans le port d’Alger. Les consignes se passent. Le P.C. et la C.C.A.S. du I59ème arrivent à Rocher Noir les 22 et 23 janvier.
Les lignes électriques qui alimentent les soutes à munitions de La Réghaïa sont sabotées en plusieurs endroits le 23. Un important vol avec effraction est commis par des Algériens au préjudice de deux sous-officiers du bataillon.
Le matériel à quai et les véhicules sont chargés sur le cargo "Aulne", par un détachement aux ordres du Capitaine Paroldi.
Une dernière prise d’armes sur le quai du port d’Alger, en présence du Général de Camas, "Génésuper F.A.F. A.", et du Général du Temple de Rougemont, commandant la 20ème Division d’Infanterie, et le bataillon embarque sur le "Sidi Mabrouk", le 30 janvier.
Le Lieutenant - Colonel Marchal, le dernier, franchit la passerelle qui relie le bateau à la terre d’Algérie, sur laquelle sont tombés cinq Officiers, huit Sous-officiers et trente neuf Chasseurs et Harkis du 22ème Bataillon de chasseurs Alpins.
Sur le quai, le Général de Camas et le Général du Temple de Rougemont saluent le bateau qui s’en va.

Le 3I janvier et le 1er février se passent en mer. Traversée mouvementée, avec escale à Mers El Kébir.

Février
Le bataillon débarque le 1er, à Marseille, où l’attendent les membres de la Sidi Brahim des Bouches du Rhône et quelques anciens venus de Nice sous la conduite d’Aubry, le "Pape des Chasseurs".
Deux heures plus tard le convoi qui l’emmène au Camp de Sissonne quitte la gare de Marseille Blancarde.
À Sissonne, le message N°I633/EMT/1/OS est remis au Lieutenant - Colonel Marchal :

PLAN MOUETTE - 22ème B.C.A. rapatrié d’A.F.N. est dissous à compter du I5 février I964 à 24 heures.
Le 7 février, le chef de corps, le commandant en second, le fanion du bataillon, porté par l’Adjudant Patrone, et les commandants des compagnies et leurs fanions, se rendent a Nice, au Quartier Saint Jean d’Angely, où, au cours d’une prise d’armes présidée par le Commandant de la Subdivision Militaire des Alpes-Maritimes, les fanions sont solennellement transmis à la garde du C.I. 22.

 

Merci pour la visite de mon site   Yvon Priou

Commentaires (1)

1. Un internaude 07/12/2013

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Au nom de mes frères les harkis

jeudi 3 février 2011, par Roger GASTON

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Date de dernière mise à jour : 14/02/2017

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