La 514 UFO de Camille Renaud avec le support du 2ème RCA

Témoignages d'un Militaire du contingent FSE de la Force Locale

Témoignages d'un Militaire du contingent du  2ème RCA, FSE muté dans la Force Locale Algérienne 514, publiés dans Historia Magazine  de Yves Courrieres en 1973 dans les pages intérieures du Magazine et qui avait tombés volontairement dans l'oubli

Nos lecteurs nous ecrivent

( voir fin de page extrait  de notes du journal de marche du 2ème RCA)

Et  des commentaires  dans  " Grands Reporters.com"    Algérie la "Force locale"

Il y a eu tant de situations pour les appelés en Algérie, que la nôtre est passée inaperçue. Il est vrai qu’il y a eu des drames qui se sont conclus par la mort de 28 000 de nos camarades. Cependant, avec un ami de Poitiers de la 434 UFO, qui est un chercheur infatigable, nous avons eu à connaître plusieurs cas où nos camarades ont été « oubliés » dans leur Force Locale après l’indépendance de Juillet 62. Plusieurs ont été tués, plusieurs ont disparus corps et biens et leurs familles n’ont jamais rien su de leur sort. Ils ont simplement été déclarés « Morts pour la France »quelques années plus tard et c’est tout. Mais nous savons qu’ils avaient été, comme moi et d’autres, « mutés » dans la Force Locale et sans que l’on leur demande leur avis.

 C’est pour que la France reconnaisse de quoi nous avons été victimes et surtout, pour ces camarades morts, oubliés de la Patrie, dans un coin du djebel, que j’ai lancé un appel, dans le journal de la Fédération CATM, après celui de 1973 et celui de 2003. Nous étions entre 1500 et 2000 hommes du rang et appelés d’après mes estimations. Beaucoup sont morts. Beaucoup ont effacé de leur mémoire cet épisode inconnu de la majorité de nos frères d’armes.

 Camille Renaud

Ce que j’écrivais en 1973 :

J’avais été incorporé directement en Algérie, le 5 janvier 1961. Le Lido, un camp d’instruction de la cavalerie, situé à Fort-de-l’Eau, près d’Alger, abritait cinq à six milles soldats fraîchement incorporés. Après la période des « classes », j’avais fait un peu de maintien d’ordre à Alger. Nous avions suivi le putsch des généraux sur nos transistors, les paquetages alignés dans la cour. Le colonel commandant le camp avait jugé préférable de barrer les trois entrées du camp avec de vieux chars en panne. Muté début mai, au 2ème régiment de chasseurs d’Afrique, j’avais été versé au 2e escadron, à Sebdou, près de la frontière marocaine, au sud de Tlemcen. Je conduisais un G.M.C. et transportais une vingtaine de soldats du commando 127. Nous attendions les rebelles franchissant le barrage électrifié. Au mois d’avril 1962, je partis en permission en France. Aucun rebelle n’avait franchi le barrage depuis huit mois et les derniers « fells » accrochés dans la région, l’avaient été trois mois auparavant. Après trois semaines passées en France, je regagnais Sebdou. Mes premiers camarades me saluèrent avec une visible compassion. J’appris ainsi, par bribes, ma mutation à la « force locale ». Je découvrais ce terme : j’allais découvrir ce qu’il signifiait. Je me présentai aux bureaux de la force locale, qui étaient installés dans le casernement de mon ancien escadron. Nous avions le même capitaine, le même bureau, les mêmes cuisines et les mêmes radios. Je fus affecté au 2e peloton et fis mon entrée dans la chambrée. J’avais, à cette époque, 16 mois de service militaire, dont 12 à Sebdou. Je n’étais donc pas un « bleu ». Pourtant, j’eus l’impression de rentrer dans une chambrée de bagne. La chambrée, baraque préfabriquée en fibrociment de 15 m sur 5, contenait auparavant vingt personnes. Quarante lits superposés s’y entassaient à présent. Partout des soldats musulmans, aucun visage français. Des dizaines de transistors clamaient de la musique arabe. Des drapeaux de papier vert et blanc étaient épinglés sur tous les murs et partout des visages arabes qui me scrutaient. Et soudain, une frénésie sembla s’emparer d’eux. Les transistors hurlèrent à plein régime, un chant que j’entendis souvent ensuite : l’hymne F.L.N. chanté par « Farid-el-Atrach ». Les Arabes tapaient dans leurs mains, riaient, exultaient, au comble de l’excitation. J’étais pétrifié. Je rentrais dans un autre pays, salué par son hymne. Un visage connu s’avança. L’un de mes camarades du commando, un Charentais, me salua et je revins sur terre. Il était là depuis quinze jours. J’avais été muté durant ma permission. Le commandement avait choisi des éléments peu hostiles aux Arabes. J’étais chauffeur, je n’avais jamais eu l’occasion de manifester de l’hostilité aux Arabes. Nous étions dans la force locale pour apporter notre exemple et notre soutien moral à nos frères musulmans. Cette force locale, fruit des accords d’Evian, avait été formée avec les musulmans servant dans l’armée française. L’encadrement était mixte et chaque peloton avait un ou deux 2e classe. Notre escadron avait 3 pelotons de 90 hommes et cinq Français dans ces 3 pelotons. Je fus atterré. Le repas du soir m’apporta un peu de réconfort. Nos camarades des cuisines confectionnaient une gamelle pour les cinq Français avec parfois du cochon et toujours du vin. Je fis connaissance avec mes quatre camarades, ou plutôt, je les retrouvais, car ils étaient tous issus du commando 127. La faveur de nous réunir pour les repas nous fut retirée deux jours plus tard. Les musulmans s’étaient plaints de nos réunions de « comploteurs ». L’adjudant de quartier, arabe également, vint nous prévenir que nous déjeunerions dorénavant dans nos chambrées, avec les autres. Cela nous supprimait nos réunions, le cochon, le vin. Nous étions complètement isolés. Ce fut le désespoir dans notre petit groupe. Le lendemain soir, ce fut l’explosion. Nous avions décidé de solliciter du capitaine, la faveur de nous réunir entre Français, afin de partager les colis envoyés par nos familles. Le seul gradé du groupe, un caporal, se chargea de la démarche. Nous avions profité de la promenade du soir que les principaux officiers et sous-officiers faisaient ensemble dans la cour, pour présenter notre requête. Très vite, nous avons compris qu’elle n’éveillait qu’un mince intérêt. Au comble de l’énervement, je me suis précipité vers le groupe. Je m’adressai au capitaine qui me connaissait :

 - Je n’ai pas demandé cette affectation ! Je ne les considère pas comme mes frères ! Je n’en ai rien à faire de la force locale ! Dès les premiers mots, le capitaine m’arrêta :

 - Puisque vous le prenez sur ce ton, Renaud, je refuse de vous écouter. Il me tourna le dos. Fou de rage, je continuai à lui crier mon désespoir. Le lieutenant Ghazzi, un Arabe, militaire de carrière, me prit le bras et m’entraîna à l’écart :

- Qu’est-ce qu’il y a, Renaud ? Qu’est-ce qui ne ca pas ? J’étais incapable de parler, les larmes me brouillaient les yeux. Et je me dégageai sans douceur. Notre désarroi était total. Nous étions livrés aux ordres d’une armée arabe, commandés par des Arabes que nous venions de combattre un mois auparavant. Certes, les gradés étaient de bons militaires français. Mais tous étaient arabes. Ils étaient contents de leur indépendance et nous le faisaient sentir. Au milieu de tout cela, un Français pour porter le poste radio et un autre pour le fusil mitrailleur. Ces deux postes sont mal tenus par des musulmans. Nous partions en patrouille, 2 Français parmi 80 Arabes. Notre angoisse était telle que nous étions prêts à frapper, un officier de préférence, afin d’aller en prison. Le lendemain, un camion G.M.C. et une Jeep furent affectés au peloton. Je repris le volant et changeai de chambre. Huit jours plus tard, le peloton déménagea pour un poste situé 30 kilomètres plus haut : Bou-Hallou. Nous gardions une centrale électrique. Notre capitaine était resté en route et le lieutenant Ghazzi commandait le peloton. L’échéance fatidique approchait : le 1er juillet 1962, l’indépendance fut officielle. Nous sentions qu’il allait se passer quelque chose. Les bruits les plus alarmants circulaient : 3 « gus » avaient été égorgés par leur peloton à El- Arricha ou ailleurs. Nous étions une quinzaine de Français, y compris les gradés, perdus en plein djebel. Ce qui nous rassurait, c’est que les gradés étaient à la même enseigne que nous. Effectivement, le 30 juin au soir, un camion du régiment vint nous chercher. Le paquetage fut vite bouclé. Le soupir de soulagement qui souleva nos poitrines à la sortie du camp reste, dix ans plus tard, présent à ma mémoire. L’aventure « force locale » était terminée. Dans la nuit, le drapeau F.L.N. remplaça le tricolore. L’épuration commença aussitôt. Tel sergent assomma un autre sergent farouchement francophile, lui. Depuis dix ans, ils mangeaient au mess l’un en face de l’autre. Notre lieutenant- colonel responsable de l’intendance du régiment voulut récupérer le matériel : camion, Jeep, radio, chambre froide, etc... On lui barra l’entrée, baïonnette sur l’estomac. Cette période reste pour moi le plus mauvais souvenir des deux années passées là-bas. Nous avons été livrés à une force locale préfigurant la nouvelle armée algérienne. Pour nous, elle l’était déjà. Nous venions de combattre le F.L.N., depuis seize mois pour ma part. Du jour au lendemain, nous devions le servir. Nous avions la nette impression d’avoir été livrés aux vaincus comme prisonniers de guerre. Nous n’étions pas volontaires. Pour respecter je ne sais quelle clause d’armistice, nous devions servir cette armée au drapeau incertain.

M.C.R...

 Quelques compléments d’explications de texte :

 - Les indications sur l’absence de faits de guerre depuis plusieurs mois sont là pour montrer que le F.L.N. était vaincu dans la région de Sebdou. C’est bien l’impression que nous avions alors. Les cinq derniers « fells » accrochés trois mois auparavant étaient, paraît-il, au bout du rouleau, avec un vieux revolver pour cinq.

 - La compassion des premiers camarades rencontrés à mon retour de permission : je l’avais ressentie tout de suite mais sans en comprendre la cause. J’ignorais tout de la force locale mais eux savaient déjà que c’était un guêpier.

 - J’insiste, de nouveau, sur le choc de retrouver, dans des locaux qui m’étaient familiers depuis un an, une structure inconnue. Le Charentais qui m’a accueilli, n’avait pas quitté sa chambrée et sa " baraque Maroc ". Le choix des Français mutés dans cette force locale :

 - J’ai longtemps pensé mon explication exposée ici, juste. Mon ami charentais, par exemple, est un garçon d’une placidité à toute épreuve. Je ne l’ai jamais vu, ni alors, ni depuis, élever la voix et à fortiori, se mettre en colère. Notre caporal, lui, était le type même du petit garçon bien respectueux. Cependant, depuis une conversation avec le capitaine, en 2000, je me demande si un choix quelconque a été effectué et si oui par qui. Le refus de responsabilité de ce capitaine, son absence de souvenir, sa façon de se poser en victime me font penser que ses décisions, du moins celles qu’il osait prendre avaient moins d’importance que les plis du dos de sa chemise. Le sort des soldats qu’il avait versé dans ce merdier équivalait au zéro du bas de l’addition de toutes ses qualités de capitaine. Il m’a indiqué qu’il n’était pas resté longtemps à la force locale et que le colonel l’avait appelé auprès de lui. Mais il était bien là, dans la cour, à faire les cent pas, ce soir-là ! Selon lui, le colonel lui aurait dit : - Dites, votre commando 127, on n’en a plus besoin maintenant. On va transformer ça en force locale.

Le capitaine : « - Après, il arrivait des musulmans de partout. On les mettait là. Puis après mon départ, je ne m’en suis pas occupé ! Je n’avais jamais entendu parler des conditions de vie que vous aviez » Forcément, il avait refusé de m’écouter et m’avait tourné le dos ! L’épisode du lieutenant-colonel allant réclamer son matériel : « - Laperche ne m’avait pas dit ça ! » Je ne suis pas sûr que Laperche était lieutenant-colonel, peut-être n’était-il que commandant. Mais il avait un bon bedon et prenait un malin plaisir à faire mettre la « boule à z’ » aux soldats punis. J’y ai échappé de justesse ! Maintenant, il serait bien embarrassé pour me l’ordonner ; il lui faudrait chercher mes cheveux ! Le capitaine poursuit : « - On ne savait pas comment les occuper. Je leur avais fourni des ballons pour qu’ils jouent au foot. » Magnifique ! Quel hiatus entre ses souvenirs et les miens ! Avions-nous attendus son bon vouloir pour jouer au foot  ? Ou au volley, ou à toute autre occupation du bon bidasse. Par contre, j’ai fait du saut en hauteur. En short réglementaire, nous avons passé un après-midi à jouer au saut en hauteur. Les musulmans ne savaient pas sauter ; moi j’avais appris à sauter, à l’école, en ciseaux. A la fin des éliminations, nous n’étions plus que deux : le chef du peloton et moi. L’élastique qui remplaçait la barre en hauteur devait culminer à 1,15 m. Comme j’en avais marre de ces conneries, je suis parti pisser. Au retour, le chef de peloton m’a interpellé. Il était sergent chef de carrière. C’était un arabe un peu voûté : « - Mettez vous au garde à vous quand je vous parle » Le premier juillet, il a eu une promotion immédiate dans l’A.L.N. : il est devenu lieutenant immédiatement, selon différentes sources. Sa loyauté vis à vis du F.L.N. devait être sans tache. Le lieutenant Ghazzi, lui, un arabe du sud, un peu basané, militaire depuis des années, bon français, qu’est-il devenu ? Cherchez donc son sort dans le journal de marche du 2ème RCA et s’il n’a pas été massacré, venez me le dire ! Par contre, nous avons fait du ratissage autour de Sebdou. Un jour nous sommes partis, le peloton ou le demipeloton à la sortie de Sebdou, dans la plaine nue et plate comme ma main. On nous a déployés en ligne et on nous a fait avancer. Moi, on m’avait mis le poste 300 sur le dos et je devais suivre cet individu. Pendant ce temps, l’autre français portait le F.M. Edifiant ! Le passage sur les arabes qui ne peuvent tenir les deux postes : le fusil mitrailleur et le radio.

 - On nous expliquait que les arabes ne parlaient pas bien le français. Ils leur étaient donc difficile de répondre alors que les ordres étaient toujours en français. Quant au fusil mitrailleur, je n’ai jamais vu un arabe tenir ce poste. Je n’ai jamais vu un arabe avoir de bons résultats au tir, d’ailleurs ! Notre " mission " de français dans la force locale :

 - Dès le début, mes camarades m’ont fait part de la formule de notre ordre du jour : « Apporter notre exemple et notre soutien moral à nos frères musulmans » Etant en permission, je n’ai pas entendu cet ordre du jour. Je n’avais jamais entendu jusqu’alors le terme : « Force Locale » . Néanmoins, je comprenais que le nouvel état indépendant ait besoin d’une armée. Je comprenais que tous les arabes appelés qui faisaient leur service militaire dans l’armée française n’aient plus raison d’être dans cette armée devenue étrangère. Mais je ne comprenais pas pourquoi on m’avait livré à l’ennemi. Cinq français dont un caporal parmi 250 à 280 arabes ! Si on avait voulu donner en exemple quelques français à ces arabes, on avait qu’à demander des volontaires ! Je n’ai pas connaissance que dans aucune armée du monde, on ait livré en otages, des membres de cette armée à l’ennemi. C’est pourtant ce qu’on m’a fait ! La Force Locale, fruit des accords d’Evian :

 - Je ne me souviens pas avec certitude si on nous l’avait présentée ainsi. Je pense que oui. Cependant, et très rapidement, personne n’en a parlé. Depuis lors, je n’ai trouvé aucune étude sur ce sujet. J’en étais arrivé à la conclusion que j’avais rêvé une situation extrême, que mon attitude n’était pas rationnelle. Cet épisode était un épiphénomène sans importance dans la guerre d’Algérie qui en a connu bien d’autres. En France, personne ne m’a jamais dit avoir eu connaissance de ce fait. Après mon courrier dans la revue Historia, je n’ai eu aucune réaction. La manière dont la création a été relatée officiellement est différente suivant les deux sources : française et algérienne. L’épisode de l’interdiction de manger ensemble pour les cinq français :

 - C’est quand même paradoxal que ce soit 250 ou 280 arabes qui se soient plaints que 5 français " complotaient " ! Qu’aurions-nous pu faire pour saboter l’unité ? Nous vivions, deux français dans chaque peloton, parmi eux, dans la promiscuité que l’on peut imaginer ; l’un de nous était, lui, seul ! Pour ma part, je n’aurais pas supporté cette situation plus longtemps. J’ai donc lâchement abandonné mes camarades dès que j’ai reçu le volant du G.M.C. Cependant, j’ai toujours accompagné mes quatre camarades et surtout celui qui est venu avec le peloton à Bou-Hallou. Mais je n’étais plus directement dans le chaudron et sous les ordres de ce sergent chef voûté qui me demandait de me mettre au garde-à-vous pour lui parler et que je dominais, alors, de toute une tête. Le camion venu nous chercher au soir du 30 juin 1962 :

 - La psychose du massacre des français était énorme parmi nous, à mesure que le 1er juillet approchait. Comme je l’indique, nous pensions quand même que le régiment ne nous laisserait pas tomber ; essentiellement à cause des gradés qui étaient parmi nous. Dans mes souvenirs, parmi la quinzaine de français qui ont fuit, ce soir-là, le poste où flottait toujours le drapeau français, il y avait : un sous-lieutenant appelé, un sergent-major engagé qui s’occupait de l’intendance. Je n’ai pas souvenir d’autre gradé parmi les secrétaires, radios, cuisiniers ou autres services. Nous laissions, le lieutenant Ghazzi, ( un bon soldat, issu de l’Indochine, mais limité dans ses aptitudes de commandement, dixit le capitaine, en 2000) des sergents arabes, dont le mien. Il avait avec lui, également, un sergent arabe, une tête brûlée, avec peut-être quinze ou vingt ans de service. Je l’ai revu, à Sidi-bel-Abbès, après son évasion d’un camp F.L.N. où il avait été interné pendant l’été. Il avait la marque des fers aux poignets, des marques anciennes persistantes et pas factices. Il avait l’emplacement du mors de cheval dans les mâchoires : on met une barre de fer, en travers de la bouche et les dents sautent. Çà, je l’ai vu ! Encore maintenant, j’ai dans la tête le souvenir de ce soupir en passant la porte de ce poste. Et je n’ai pas rêvé, il n’y a pas que moi qui l’ai poussé. Je nous revois encore à l’endroit précis et je revoie les têtes de mes camarades. C’est bien la preuve que nous savions nous échapper d’un mortel péril !

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Yvon priou pour site

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Une page du livre de Georges Fleury « La Guerre en Algérie» écrite en 1993 dont  le témoignage de notre camarade Camille Renaud, est évoqué

   << Alger se réveille un peu plus abattue en apprenant la nouvelle. Les appelés, eux, espèrent que la mise hors de combat de Salan leur permettra enfin d'attendre le rapatriement en paix.

En attendant la consultation d'autodétermination, une force locale, armée et payée par la France est mise sur pied. Forte de quarante mille hommes, elle n'empêche pas les vainqueurs de l'ALN de se livrer à de sanglantes exactions contre les harkis. Partout le sang coule. Les appelés qui occupent encore les postes du djebel sont parfois obligés de se boucher les oreilles pour ne pas entendre les cris de leurs anciens compagnons de combat torturés à mort. Les ordres d'Alger et de Paris sont formels : l'armée ne doit pas intervenir. La force locale, en grande majorité composée de Musulmans de l'ALN, se conduit un peu partout en terrain conquis. Chaque fois qu'un convoi uniquement composé d'appelés se présente à ses barrages, ses gradés musulmans fouillent et refouillent les véhi­cules. Malgré la présence de quelques gradés européens, les anciens djoundi insultent copieusement les isolés qu'ils contrôlent. Us les menacent parfois et les retiennent toujours le plus longtemps possible.  Quelques éléments du 2e régiment de chasseurs d'Afrique, volontaires d'office pour rejoindre une unité de la force locale, se retrouvent isolés à Sebdou, sur le flanc sud des monts de Tlemcen. Ils avaient auparavant servi dans le même secteur mais ce qu'ils découvrent dès leur incorporation les effare. Les baraquements qu'ils occupaient naguère à vingt abritent maintenant le double d'hommes. Décidés à accepter le changement tant bien que mal, ils s'aper­çoivent que le transistor est pour les anciens rebelles de la force locale un élément aussi important que pour le soldat français. Les baraquements résonnent nuit et jour de musique arabe. C'est du délire lorsque passe une version de l'hymne de l'ALN enregistrée par Farid el Atrache. Les soldats musulmans dansent en tapant dans les mains. Les cinq malheureux français affectés à chaque peloton de quatre-vingt-dix Musulmans ont vite assez de cette débauche de musique si différente des valses musettes et du rock'n' roll. Passe encore pour la musique, mais quand il s'agit d'aller à table, les choses se gâtent. Les anciens du 2e RCA n'ont plus droit à la viande de porc, ni au vin rouge, pas même à la bière. Ils sont obligés de s'isoler entre eux pour boire tranquillement ou se faire griller une côtelette de porc. Les gradés de la Force locale leur retirent même ce petit plaisir sous le prétexte fallacieux qu'ils profitent de leurs apartés pour comploter. Pour faire bonne mesure, les officiers affectés à l'état-major mixte de Sebdou, se refusent à écouter leurs doléances, pour ne pas froisser leurs homologues de l'ALN. Les quelques appelés de Sebdou finissent par se considérer comme des parias. Ils souffrent de devoir obéir à des hommes qu'ils ont combattus dans le djebel. Ils respirent un peu lorsqu'on les envoie garder une centrale électrique au poste de Bou-Hallou. Un peu plus libres de leurs mouvements, ils ne vivent plus que dans l'attente de la déclaration d'indépendance de l'Algérie, une sorte de quille dans la quille.

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Ina

INSTALLATION DE LA FORCE LOCALE A SEBDOU

INSTALLATION DE LA FORCE LOCALE A SEBDOU - Vidéo ...

www.ina.fr/video/CAF94073325

Installation de troupes de la Force locale à SEBDOU, près de la frontière avec le MAROC. - Panneau SEBDOU - Près de la frontière marocaine, on passe en 

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 Extraits de notes du Journal de marche du 2ème Régiment de Chasseurs d’Afrique.

 Notes et relevés au SHAT, les 29 et 30 avril 2004 par  Camille RENAUD

 Mars 1962

 Cessez-le-feu le 19 à midi

 L’activité au cours du mois de mars est marquée par l’imminence puis la mise en vigueur du cessez-le-feu le 19 mars à midi.

 Brutalement la mission des escadrons change. Arrêt des opérations offensives, les unités continuent à patrouiller pour montrer une présence et faire rendre les armes aux « anciens » (sic) rebelles non autorisés à sortir armés (sic) de leur zone refuge. L’intégrité du barrage doit être maintenue. Le 3ème escadron poursuit donc sa mission de surveillance mais sous forme de herse par des groupes de véhicules.

 Les harkas doivent disparaître. L’attribution de diverses primes facilite leur départ. Une cinquantaine souscrivent un contrat de « contractuel civil » valable six mois. Trois s’engagent dans l’armée. L’un d’eux désertera deux jours après. Nouveau témoignage du profond désarroi dans lequel se trouvent les FNSA. Soumis à des pressions, se sentant abandonnés, ils cherchent à se « dédouaner » (sic) à l’égard du FLN, le maître de demain.

 Notes suivantes :

 1er mars- 2ème escadron :

 A la suite d’une désertion sur le barrage de MEFROUCH, deux pelotons commandos sont mis à disposition du 6ème RT pour suivre les traces et capturer le déserteur. Les traces d’un déserteur sont suivies sur 5km puis perdues.

 Affectations 29 recrues venant du LIDO

 7 mars : Aïd el Seghir ; méchoui

 8 mars : 2ème escadron . Opération région TISSIDELT-KARAOUI

 9 mars : Libération 41 gradés et chasseurs de la 59/2/C

 2ème escadron : opération TAFFESSERA suite à la désertion d’un caporal et d’un tirailleur du 8ème RIMA avec armes. Sans résultat.

 17 mars : La fin des pourparlers d’EVIAN et le cessez-le-feu imminent créent chez les militaires musulmans une vive inquiétude. A 20 heures, un Maréchal des Logis  et 3 harkis désertent emportant 7 armes de guerre. Aussitôt, l’alerte est donnée. Le commando avec les chiens pisteurs suit les traces des déserteurs. Les traces contournent la Redoute et sont perdues sur la route d’El ARICHA à environ 2km de SEBDOU. Il semblerait que ces déserteurs étaient attendus par les rebelles avec une voiture.

 18 mars : Au lever du jour, la recherche des déserteurs est reprise avec l’ensemble du commando renforcé par un Piper et un hélicoptère. L’opération de pistage ne donne aucun résultat.

 21 mars : Vers 2 heures du matin, désertion au poste de MIZAB d’un harki, commando  avec un PM Mat 49 et 9 chargeurs. Ce harki était parmi les meilleurs pisteurs du commando. Il avait contribué au succès de nombreuse opérations. Sa désertion est un témoignage du désarroi de FSNA. D’après des renseignements de bonne source, le harki aurait été abattu par les rebelles. Pistage effectué par deux pelotons commando sans résultat.

 De concert 12 permissionnaires, sont rentré de permission de départ AFN avec plus de 7 heures de retard :

 2ème  escadron : A la suite d’une désertion au GMS-109, avec emport d’armes, un peloton commando se lance vainement à la suite, avec un chien pisteur.

 26 mars : Poursuite d’un déserteur des tirailleurs par un peloton commando à l’ouest de BENI BADHEL.

 30 mars : 2ème  escadron :

 10 harkis, travailleurs du génie, travaillant sur des pistes dans la région de SIDI LARBI, désertent dans la nuit, emportant chacun une carabine et des cartouches. Poursuite des déserteurs par un peloton commando qui est héliporté dans la région de SIDI LARBI.

 Avril 1962

 Le premier mois d’application du cessez-le-feu se passera sans heurt, ni provocation grave de l’ALN.

 Toutefois la surveillance des douars et des regroupements, la protection du village de SEBDOU et le contrôle du réseau frontière Algéro-Marocain continueront d’être au centre de l’activité des escadrons.

 Si l’application du cessez-le-feu ne pose pas de problème local, elle entraînera, par voie de conséquence, le regroupement de chaque unité ; les pelotons de chars du 3ème escadron, implantés à TISKERT et  MECHAMICHE seront regroupés à MAZER. Le poste de MOKFI sera officiellement remis aux autorités civiles. Dans le cadre des permutations des unités, le 1er escadron prendra la place du 4ème. La deuxième conséquence du cessez-le-feu sera la transformation du 2ème escadron en Unité de FORCE LOCALE à compter du 16 avril. La majorité des cadres FNSA du régiment constituera l’ossature de cette unité formée à base d’appelés FSNA venant des différents escadrons. Cette compagnie prendra la dénomination d’UFL 514. Parallèlement à cette transformation, un commando de 40 hommes sera créé et rattaché à l’ECS.

 4 avril : Au cours de la nuit du 3 au 4 avril, désertion du chasseur BEN MAMAR au cours de faction avec emport d’un PM et de 8 chargeurs. Escadron en recherches de traces.

10 avril : 2ème escadron ; Un chasseur  déserte en cours de faction avec emport d’un fusil MAUSER et de 10 cartouches. Recherches sans résultat.

 16 avril : le 2ème escadron devient UFL 514

 25 avril : 4ème escadron ; début d’incendie sur AM. 2 dépanneurs blessés par brûlures ; évacués sur l’hôpital de Tlemcen

 MAI 1962

 20 mai : Le capitaine d’ARCIER quitte à compter de ce jour le commandement de l’UFL 514. Le lieutenant BOUGUETAÏB GHAZI en prend le commandement, il était chef du peloton pionniers.

 25 mai : le Sous-lieutenant de réserve BAPST François est admis à servir en situation d’activité pour une durée de 6 mois.

 Juin 1962

 Troisième mois après le cessez-le-feu. La période considérée s’est déroulée dans le calme le plus absolu malgré l’approche de la Proclamation officielle de l’Indépendance. La présence d’éléments de l’ALN signalée dans les douars et regroupements ne donna lieu à aucun incident malgré l’activité de nos patrouilles sur toute l’étendue du Secteur.

Dans le cadre du regroupement des unités, le 1er escadron abandonne le poste de DJILLALI sui est remis au maire de la commune. Cet escadron fait mouvement sur LAMORICIERE le 7 juin 62. Le poste de MIZAB occupé par un peloton du 4ème escadron est également évacué.

 La compagnie 514 (ex 2ème escadron) reçoit la mission de protéger les installations de BOU-HALLOU en remplacement d’une autre unité de Force Locale quittant la zone.

 Le mardi 26 juin, la totalité des cadres détachés du 2ème RCA à l’UFL 514, sur décision du chef de corps, soit 4 jours avant la date envisagée par le commandement, en sont retirés ; ils se trouvent d’ailleurs sensiblement compensés numériquement par de nouvelles affectations de FNSA.

 9 juin : les musulmans travaillent dans le calme et la bonne humeur ; accueil cordial réservé aux militaires.

 10 juin : escortes de familles de rapatriées sur SIDI-BEL-ABBES

 17 juin : Réunion amicale Européens-Militaires = excellente ambiance

 18 juin : Détente marquée à LAMORICIERE où les musulmans annoncent eux-mêmes aux Européens, les contacts ayant lieu entre l’Exécutif Provisoire et l’OAS.

 23 juin : Pelotons portés en bouclage des abords du poste de la TAFNA en vue de démolition.

 27 juin : La totalité du personnel FSE de l’UFO 514 est retiré de cette unité et ventilé dans les escadrons, soit 1 lieutenant, 1 aspirant, 1 MDL chef, 6 MDL, et 17 hommes de troupe.

 30 juin : à LAMORICIERE, réunion des Européens et Musulmans organisée par le responsable FLN Local.

 Thème : « Amitié » (sic !!!) Les Européens seront protégés et peuvent avoir confiance. La France restera notre amie.

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Commentaires Camille RENAUD.

 La mention datée du 27 juin, concernant le retrait du personnel FSE de la Force Locale, ne peut s’appliquer qu’à la partie de l’UFO 514 qui était restée à SEBDOU. Pour nous, qui étions à BOU-HALLOU, nous avons fuit le 30 juin dans l’après-midi. Dans le camion GMC, il y avait : celui que je pensais sous-lieutenant appelé, mais qui n’était peut-être qu’aspirant, le MDL Chef (que je pensais major) qui était au bureau ; y avait-t-il 1 ou 2 MDL ? je n’en n’ai aucun souvenir, mais en tous les cas, certainement pas 6. Pour les hommes de troupe, nous n’étions certainement pas plus d’une douzaine, y compris armurier, bureau, cuistots.

 La mention appuyée sur les réunions Européens-Musulmans, sur les belles assurances, est pathétique. 

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Du nouveau ? officiellement ......mais rien de complémentaire pour ce que nous savions dèjà.

"On peut simplement comprendre, que le Capitaine Marie Faivre d'Acier, qui devait commandé cette unité de la force locale, et qui avait intégrés des militaires français de métropole dans cette unité, ne savait pas ce qu'il avait a faire". ( IL devait être toujours Algérie Française ? )  "C'est pourquoi le 20 mai,  "il  a quitte à compter de ce jour le commandement de l’UFL 514 "  en abandonnant  les  militaires de métropoles  (FSE) qu'il avait sous ses ordres  

Réponse de Madame la Conservateur chef du département de la Colecte, concernant la 514 UFO  au courrier de Camille Renaud 

Pour y 007

 

514

 J'avais demandé au SHAT  de compléter mes états de service qui ne  mentionnaient pas ma mutation, sans mon avis, dans les Forces de l'Ordre  algériennes, vulgairement appelées Forces Locales    Dans sa réponse, madame le  conservateur, chef du département de la collecte, me confirme que mon escadron a  bien été transformé en UFO 514, qu'il a bien été envoyé protéger les  installations de Bou Hallou, mais qu'il est impossible de confirmer que moi, ou  mes 17 camarades FSE, y ont été mutés. Ce qu'il apparaît dans le journal de  marche du 2ème RCA, c'est que le commando 127, le 2ème escadron, a été  simplement, transformé en  unité de la Force Locale. Ce serait donc une  simple  transformation administrative qui ne tire pas à conséquence. Le  commando 127 et tous ses membres, n'auraient eu aucune modification d'effectifs,  de commandement, de missions. Donc Force Locale ou pas, c'est pareil. Je vais  donc renseigner madame la Chef du département recherche, afin qu'elle sache au  moins ce qu'était la Force Locale.

 

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 Document de reconnaissance du 13 ème R A  aux anciens FSE de la Force locale  446

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Juillet 1962

Après le vote sur l’Autodétermination, les escadrons sont repliés du barrage sur LAMORICIERE (1er escadron) SEBDOU (3ème escadron). La vie des escadrons se passe en escortes, installations de cantonnements, entretien du matériel et reprise de l’instruction. Les Européens ont quitté SEBDOU. Le régiment s’attend à faire mouvement sur SIDI BEL ABBES.

 2 juillet : (sic) nominations entre autres : Personnel FSNA au titre de l’UFO 514 ( Un MDL,2 Brigadiers, un Brigadier-Chef et 11 Chasseurs Brigadiers

 8 juillet : le sous-lieutenant BEL HACHEMI el MORTADA est affecté à l’UFO 514 à compter du 1 juin  1962.

 Une ferme de la périphérie de LAMORICIERE appartenant à un Européen est saccagée par des membres de l’ALN.

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 Commentaires Camille RENAUD :

 La nomination à un grade supérieur des « personnels FSNA » de l’UFO 514, à la date du 2 juillet 1962 est quand même risible. A cette date, le drapeau FLN flottait sur toutes les unités de Force Locale de toute l’Algérie. Celle de BOU-HALLOU ne faisait pas exception. Les noms des promus ne me disent rien. Quant au sous-lieutenant BEL HACHEMI, je ne l’ai jamais vu !

 Une semaine après l’indépendance, les fermes des Européens étaient saccagées et les belles résolutions du 30 juin étaient loin.

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 Aout 1962

 3 août : Incident avec l’ALN. La jeep vaguemestre se dirigeant sur SEBDOU se fait tirer une rafale de PM par une voiture occupée par des membres de l’ALN.

 - Quelques Européens reviennent à LAMORICIERE.

 - Travaux d’aménagement de l’ex UFO 514 (sic)

 8 août : Existence d’un camp d’internés, gardés par l’ALN à MERBAH.

 16 août : Pendant l’absence du capitaine LIGNON, le commandement de l’escadron sera assuré par le sous-lieutenant BAPST

 30 août : Le commandant LAPERCHE est muté au 30ème Dragons

 BOUGUE TAÏB GHAZI est admis à faire valoir ses droits à la retraite

BAPST est maintenu en activité pour 2 ans

- à 20 h 50, un FSNA s’est présenté au poste de police pour se rallier et demander protection.

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Commentaires Camille RENAUD :

 Ce harki s’est présenté alors que j’étais de garde à l’ancienne prison, au château d’eau, à Sebdou. Mais ce n’étais pas le soir mais à l’aube, au tout début du lever du jour. Je le connaissais de vue et lui aussi. C’est pourquoi il s’est présenté à moi. Je lui ai demandé ce qu’il voulait mais il ne pouvait pas parler. Il a baissé le chèche qu’il avait autour du cou : il avait une plaie de 5 cm assez profonde. Elle ressemblait à celle du cochon qui est tué à la ferme. On peut dire que ce harki était passé plus que près de la mort. Je l’ai fait entré et conduit au poste de police.

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Septembre 1962

 Nouvelle implantation à SIDI BEL ABBES et ses environs

 - PC : ferme THIEDEY

 - ECS et Services techniques BEL ABBES – Grand Terrain 1er escadron : ferme DELORME

 - 2ème ferme GONTHIER

 - 3ème  Camp du MACONNAIS (ancien foyer de la Légion)

 - 4ème ferme CONDET

 10 septembre : une prise d’armes a lieu à 9 h en présence du Général Commandant la 12ème  Division d’Infanterie, à l’occasion du départ du régiment de SEBDOU.

 12 septembre : mouvement de l’ensemble du 3ème escadron de Sebdou sur SIDI BEL ABBES et implantation au camp du MACONNAIS. Départ SEBDOU 6 H arrivée 14 h 30 . RAS.

 19 septembre : départ du colonel MARTIN-SIGFRIED . Prise de commandement du Lieutenant-Colonel FRESSON, né le 23 avril 1912.

 27 septembre : le 2ème  escadron est recréé à compter du 28 septembre.

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Quelques événements suivants :

 6-7 novembre 1962 : libération de Camille RENAUD – embarquement à MERS-El-KEBIR

 15 novembre 1962 : 1 peloton escorte des harkis sur MERS-El-KEBIR

 26 novembre 1962 : libération de la classe 61 1/B

 21 décembre 1962 : BAPST muté à l’EM de la 4ème DI à Oran.

Ordre du Général Commandant la 12ème  Division d’Infanterie

 13 septembre 1962

 Le 2ème Régiment de Chasseurs d’Afrique quitte à son tour la 12ème Division pour rejoindre Sidi-bel-Abbès où il tiendra garnison au titre de « Force d’Apaisement »

 La Division ressent particulièrement le départ d’un de ses Corps les plus anciens et les plus glorieux.

 Le 2ème RCA est depuis 130 ans le régiment de Cavalerie traditionnel de la province d’Oran. Déjà à Tlemcen depuis 1950, c’est en septembre 1956 qu’il s’implante à Sebdou où il sera durant six années, le corps support du secteur le plus vaste et le plus difficile de la zone prise en charge par la 12ème  DI.   Responsable de la défense de la frontière à travers les monts de Tlemcen et au seuil de l’immense plaine d’alfa, il a assuré l’étanchéité du barrage notamment au cours de l’année 1961 où il a participé brillamment avec ses chars et ses pelotons blindés et portés, à l’anéantissement des bandes ayant tenté le passage de l’obstacle. 

Dans le même temps, il a fait régner la sécurité dans la cuvette de Sebdou et ses rudes abords, où ses éléments, autant par ses raids typiques de cavalerie, que par une présence constante, ont su imposer la paix à une population particulièrement défavorisée et réticente.

 Sous les commandements successifs des colonels ou lieutenants colonels : NAUDPASSAJON (1954-1957) – LEMOND (1957-1959) – de la FERTE-SENECTRE (1959-1960) et MARTIN-SIGFRIED depuis le 25 octobre 1960, le 2ème chasseurs a vu ses efforts, ses faits d’armes et ses sacrifices reconnus par l’octroi de plus de 500 citations individuelles.

C’est dire combien, brillamment, il a rempli ses missions. La 12ème DI ne l’oubliera pas.

 Au nom de ses compagnons d’armes, de cette Division, je salue l’Etendard de ce glorieux régiment de la Cavalerie d’Algérie et j’adresse aux officiers, sous-officiers, brigadiers, trompettes et chasseurs du 2ème RCA les vœux les plus chaleureux. 

   LENNUYEUX

 Merci pour la visite de mon site   Yvon Priou

 

 

 

Commentaires (2)

1. Un ancien bidasse 06/09/2013

Effectivement, un choix a été fait par les responsables militaires français de l'époque, et a donc reçu l'aval des responsables de l'excécutif provisoire Algérien
Donc, des listes des personnels des forces locales ont éxistés, et, doivent se trouver dans des archives Françaises et Algériennes
Je ne vois pas pourquoi celles-ci ne peuvent pas être rendu publiques + de 50 ans aprés ?

2. Un internaude 22/08/2013

Moi aussi, j'aurais voulu savoir, comme le camarade C.R, si un choix quelconque a été effectué pour la mutation des militaires métropolitains dans les forces locales algériennes , et, si oui, par qui.

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Date de dernière mise à jour : 14/01/2017

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